The Antlers @ Le Botanique

« Voilà pourquoi je vais encore voir des concerts ». C’était, je crois, en gros ce que j’ai du dire à la sortie de l’Orangerie du Bota ce mardi soir. Franchement, ça fait du bien de voir des mecs littéralement interpréter leurs titres. Et pas se contenter de nous rebalancer un album qu’on aurait très bien pu écouter chez nous.

Pourtant, les chipotages-bidouillages électroniques psychédéliques de l’intro de Parentheses font peur. Mais une fois les boutons tournés dans le bon sens par l’ingé son, la purée se fait bien plus délicate. Et là, boum, d’un coup, c’est la voix de Peter Silberman qui domine. Cette voix si particulière mais Ô combien prenante: tantôt hyper haut perchée pendant de longues secondes, tantôt bien plus délicate, sa voix reste toujours juste. Et quand elle se mélange aux autres voix (tout aussi justes) de ses copains, ça en impose. Tout simplement.

Derrière ces voix, le reste est étrangement simple: une batterie percutée avec hargne et précision, des claviers-qui-font-aussi-des-bruits-bizarres mais qui structurent le tout et deux guitares (mais où est passée la basse, d’ailleurs ?). Mais ici encore, simplicité rime avec efficacité. Entre passages psychédéliques limite shoegaze et ballades entraînantes, la perfection est totale. Peut-être trop totale, aux oreilles de certains. L’Orangerie bourrée à craquer ferme les yeux et profite.

Bon, évidemment, on comprend vite le manège des Antlers. Et au fil des titres, on se rend compte de la structure récurrente des chansons: intro planante trip-hop, refrain avec la voix tout en hauteur, des wouwou-wooohwoooh en abondance et une fin en soupe rock bien barrée.

Mais le perfectionnisme de l’interprétation a, pour ma part, effacé ce manque d’aspérités. Et puis avouons-le, tant Burst Apart qu’Hospice renferment de splendides pépites qui n’ont pas été mises de côté (voir setlist ci-dessous): entre des délicats et sombres Kettering ou Corsicana, les ballades Every night my teeth are falling out, les accrocheurs I don’t want love ou les Sylvia et Epilogue en guise de dessert, il ne manquait que Two pour couronner le tout.

Non, décidément, on comprend pourquoi le site du Bota affichait un « complet » depuis de longues semaines à côté du nom « The Antlers ».

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=dXqXyb00Brs[/youtube]

Auteur: Adrien

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