Wu Lyf @ Le Botanique

Il faut bien avouer qu’on avait bien accroché avec l’album de Wu Lyf « Go Tell Fire To The Mountain ». Tant et si bien que l’album s’était retrouvé en très belle place de notre classement des meilleurs albums de 2011. Forcément, on attendait fermement leur passage au Botanique de mercredi dernier. Nous n’étions apparemment pas les seuls… A voir le monde dans l’Orangerie, on confirme: Wu Lyf, c’est bel et bien la hype. Une hype justifiée ? Ben… vraisemblablement pas en live, en fait. C’est le titre « L Y F » qui ouvre les festivités. Avec cet orgue caractéristique, cette batterie à la Vampire Weekend et surtout, -surtout !- cette voix rocailleuse. Ce n’est pas mauvais, loin de là, mais c’est bien loin de la claque à laquelle on s’attendait. On a l’impression d’écouter l’album, mais avec un son de moins bonne qualité. Les mecs nous balancent leurs morceaux, sans conviction, sans énergie (à part le batteur qui m’a bien impressionné). Rien à faire, la sauce ne prend pas. Je n’ai pas retrouvé l’ambiance « majestueuse » de l’album. Sur scène, le groupe semble s’emmerder. Le public se contente d’applaudir entre les titres trop proprement joués. Ce n’est que pendant les excellents « Such A Sad Puppy Dog » et « Spitting Blood » qu’on commence un peu à rentrer dedans. Mais pas assez. En fait, je crois que c’est le chanteur Ellery James Roberts qui me les brise menu en tournant constamment le dos au public et monopolisant l’audience (je ne me souviens pas avoir vu le guitariste et le bassiste). Et surtout, -surtout !- cette impression qu’avec sa voix, il en rajoute des tonnes. On a presque envie de lui fournir un flacon de sirop Codeine pour calmer tout ça. Et cette question: est-ce qu’il parle comme ça dans la vie de tous les jours ? Même si j’ai vu un concert fait de titres bien ficelés (« We Bros », « Concrete Gold » ou « Dirt », tout y est passé), ce n’est pas ce que j’étais venu voir. L’album m’avait tellement scotché que j’attendais un bazar… qui n’est jamais arrivé. Le potentiel est là, mais il manque quelque chose. Bref, Wu Lyf n’est apparemment pas un groupe « de scène ». Mais depuis mercredi, j’ai réécouté leur album. Et je reste convaincu: putain que c’est bon ! Spitting Blood :...

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WU LYF – Go Tell Fire To The Mountain

Ca fait semble-t-il un an que Wu Lyf maîtrise l’art du teasing pour faire parler d’eux : vidéos énigmatiques, silence radio dans la presse, démos lâchées sous divers pseudonymes, et probablement encore plein d’autres jouets pour occuper les braves. Une opération de com’ 2.0 pour laquelle j’ai tout de même l’impression que l’on en parle beaucoup plus après (maintenant quoi) que pendant. Opération esbroufe que le groupe semble gentiment renier après coup prétextant que ce n’est que les journaleux qui font beaucoup de foin de peu de choses. La vérité doit probablement se trouver quelque part entre les deux… Passionnant tout ça. Mais cet album me direz-vous ? Du lourd les enfants. De l’intense. Tout d’abord une structure classique guitare/basse/batterie auquel s’ajoute un synthé/orgue. Ensuite une voix énorme, lointaine, qui beugle des phrases totalement incompréhensibles. Le terme écorché n’a jamais été à ce point opportun. Aux premières écoutes, il faut se la farcir cette voix. Après, elle vous envoûte. L’enregistrement dans une église abandonnée peut faire penser à un plan marketing de plus mais c’est surtout bien vu à en juger de la dimension supplémentaire qui en découle. Leur son aérien et maîtrisé est une des meilleures claques que l’on s’est prise ces dernières années. Inclassable dans un style musical propre, paumé quelque part entre la pop psyché et le post-rock, et incomparable à un seul groupe, l’ensemble évoque cependant un tas de références. L’orgue, la voix, la noirceur et l’intensité rappellent Crystal Antlers. La structure des compositions empruntent pêle-mêle les lentes montées de Foals, les arrangements rock de Broken Social Scene et les larges voies post-rock d’Explosions In The Sky. On pense au son de Vampire Weekend et Fools’ Gold quand la guitare envoie d’improbables sonorités afro pop sautillantes allégeant l’atmosphère émouvante de l’album. Cette atmosphère qui nous renvoie souvent au Funeral d’Arcade Fire, rien de moins. La force de l’objet en question est que malgré ce tas de ficelles venues d’ailleurs, le tout possède une authenticité rare et une solide cohérence. Go Tell Fire To The Mountain est album hors-normes dont les qualités se méritent tant les premières écoutes peuvent s’avérer indigestes avec cette voix énervante sur tous ces morceaux qui se ressemblent. Mais une fois la clé trouvée, on lui trouvera comme seul défaut le fait de s’achever. La persévérance aura rarement été aussi payante. Que ceux qui s’en méfient de par les passions qu’il suscite sachent que passer à côté de cette perle serait une grossière erreur. Révélation de l’année, assurément. Cave Song : Cave Song by Wu Lyf on Grooveshark...

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