Girls n’a plus de chanteur
Juil02

Girls n’a plus de chanteur

Christopher Owens et Girls, c’est fini. Le chanteur l’a annoncé ce lundi sur Twitter, ici, là et là. « Dear all, This may come as a surprise to many & has been an issue of much thought for me. My decision was not easy to make. I am leaving Girls. My reasons at this time are personal. I need to do this in order to progress. I will continue to write & record music. More will be announced soon. I thank you all for everything. Sincerely–Christopher » La fin pour Girls ? On l’imagine, vu la place prépondérante du désormais ex-chanteur. Aucun signe de vie du côté de Chet JR White et des autres membres du groupe. Affaire à suivre, donc. En attendant de voir ce qu’Owens va faire de son côté, on va réécouter bien sagement leurs deux albums et leur EP....

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Girls & Stephen Malkmus @ Trix

Petite virée anversoise pour une bien sympathique petite soirée. Et c’est dans la « Zaal » qu’on l’a commencée, pour le concert de Stephen Malkmus & The Jicks. L’occasion pour le frontman de Pavement de présenter l’album « Mirror Traffic » au public. Un album relativement inégal mais agréable dans l’ensemble. C’est d’ailleurs ce sentiment d’inégalité agréable qui se dégage du concert. Des Pavement-like (Share the red) aux moins emballantes (Asking Price) en passant par des sonorités plus pop bien balancées et ultra percutantes (Senator ou Tigers). Les anciens titres ne sont pas oubliés, comme le très chouette Jenny & The Ess-Dog (la seule que je connaissais, je dois bien l’avouer…). Mais à voir la frimousse (jolie) de la bassiste ou la frimousse (ridicule) du batteur moustachu, ça ne doit pas être évident tous les jours de jouer avec Stephen Malkmus. Complètement plombé, l’homme de 45 ans marmonne beaucoup entre les chansons. Tantôt, il tente de se souvenir d’un précédent passage à Anvers: « OK, c’était le Crossing Borders… mais c’était pas mal pour un festival hollandais ». Tantôt, il s’essaie au français: « Vous êtes dactylo ? Dessinateur ? », lance-t-il. Et de poursuivre avec un simple: « Peugeot ! » avant de continuer à gifler son micro sous l’hilarité quasi générale d’un public relativement mûr. Quoi qu’il en soit, un concert de Stephen Malkmus reste un grand moment. Et j’étais bien content d’y être. Mais il a fallu s’enfuir juste avant les rappels, monter d’un étage vers le « Club » pour assister au show de Girls. Vous vous souvenez probablement de la critique fort positive que j’avais posté ici même du dernier album « Father, Son, Holy Ghost ». Ne nous emballons cependant pas de trop. Même si Christopher Owens, ce sosie de Kurt Cobain version bûcheron au regard de Pete Doherty reste extrêmement talentueux, le côté très glam-pop du dernier album prend le dessus et peut rapidement sembler fatiguant. C’est vrai, le set est relativement constant. Les Girls nous jouent leur affaire comme sur l’album, mais sans les choeurs. Des choeurs qui semblent parfois remplacés par l’orgue qui se fait davantage entendre qu’en version studio. C’est calme, plaisant et (très) maîtrisé. Mais il manque cruellement d’aspérités. Il faudra attendre Lust for life du premier album pour se réveiller un peu. Ou Laura, dans les rappels. Mais n’exagérons rien, on a pris beaucoup de plaisir sur les excellents morceaux du dernier album. Des titres comme My Ma’, Alex ou Vomit tiennent aussi bien la route en live que sur disque. La voix délicate de Chris Owens, le jeu ultra maîtrisé de Chet JR White… ça vous fout des frissons. Par contre, message au bassiste: désolé vieux, mais le bonnet de marin roulé sur ta...

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Girls – Father, Son, Holy Ghost

Non, Christopher Owens et ses petits amis n’ont rien inventé. Par contre, c’est avec une classe d’enfer qu’ils ont réussi à nous pondre un album proche de la perfection. Deux ans après la sortie de leur premier opus « Album », Girls nous revient avec cette sobriété qui leur colle à la peau. Adeptes du « less is more », ils arrivent tout de même à nous envoyer valser dans un mélange savant de genres musicaux, de rythmes et d’influences. En effet, ça balance dans tous les sens: « Father, Son, Holy Ghost » s’ouvre sur « Honey Bunny », une pop surf tout sautillante. On se calme tout de suite avec un « Alex » plus down-tempo qui fleure bon les eighties avec cette guitare clean et cette batterie propre et nette. Et d’un coup, sans crier gare, on se retrouve avec un « Die », sorte de mix entre le riff de « Paranoïd » de Black Sabbath et « Highway Star » de Deep Purple. A ce stade-là, on se dit qu’elle est bien loin, l’époque où Christopher Owens nous envoyait à la tronche ses états d’âmes de post-adolescent malheureux. Et pourtant, ça ne l’empêche pas de continuer dans un registre 100% émotionnel. Tantôt, il nous présente ses ex (après « Alex », on fait la connaissance de « Jamie Marie », ballade tout en arpèges en guise de dessert). Des chansons de rupture, paraît-il. Classe. Tantôt, il évoque sa maman (« Honey Bunny » et « My Ma », grand moment de cet album) avec qui les relations ne semblent pas toujours avoir été au top. Mais c’est surtout la chanson « Vomit » qui retient toute mon attention. Quelques arpèges, une voix tout en douceur, presque chuchotante. Des montées en puissance accompagnées de nappes d’orgues. Des choeurs à la « Great Gig in the Sky » de Pink Floyd. Tout était réuni pour virer au ridicule. Et en fait, en y réfléchissant au moins deux secondes, c’est le meilleur titre que j’ai eu l’occasion d’écouter cette année. Pas moins. Chair de poule, envie de chanter et bla-bla-bla. En clair, Girls nous revient là avec un album bien plus abouti que le premier. Ils n’ont strictement rien inventé, mais ce qu’ils font, ils le font parfaitement. Aller jouer dans un vrai studio avec un vrai ingénieur du son a probablement joué en leur faveur. Ca, plus les malheurs de Christopher Owens, son talent et cette philosophie de la sobriété, ça ressemble furieusement à un pack gagnant. Maintenant, y’a plus qu’à attendre leur passage au Trix, le 15 novembre prochain....

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