Girls & Stephen Malkmus @ Trix

Petite virée anversoise pour une bien sympathique petite soirée. Et c’est dans la « Zaal » qu’on l’a commencée, pour le concert de Stephen Malkmus & The Jicks. L’occasion pour le frontman de Pavement de présenter l’album « Mirror Traffic » au public. Un album relativement inégal mais agréable dans l’ensemble.

C’est d’ailleurs ce sentiment d’inégalité agréable qui se dégage du concert. Des Pavement-like (Share the red) aux moins emballantes (Asking Price) en passant par des sonorités plus pop bien balancées et ultra percutantes (Senator ou Tigers). Les anciens titres ne sont pas oubliés, comme le très chouette Jenny & The Ess-Dog (la seule que je connaissais, je dois bien l’avouer…).

Mais à voir la frimousse (jolie) de la bassiste ou la frimousse (ridicule) du batteur moustachu, ça ne doit pas être évident tous les jours de jouer avec Stephen Malkmus. Complètement plombé, l’homme de 45 ans marmonne beaucoup entre les chansons. Tantôt, il tente de se souvenir d’un précédent passage à Anvers: « OK, c’était le Crossing Borders… mais c’était pas mal pour un festival hollandais ». Tantôt, il s’essaie au français: « Vous êtes dactylo ? Dessinateur ? », lance-t-il. Et de poursuivre avec un simple: « Peugeot ! » avant de continuer à gifler son micro sous l’hilarité quasi générale d’un public relativement mûr.

Quoi qu’il en soit, un concert de Stephen Malkmus reste un grand moment. Et j’étais bien content d’y être.

Mais il a fallu s’enfuir juste avant les rappels, monter d’un étage vers le « Club » pour assister au show de Girls. Vous vous souvenez probablement de la critique fort positive que j’avais posté ici même du dernier album « Father, Son, Holy Ghost ». Ne nous emballons cependant pas de trop. Même si Christopher Owens, ce sosie de Kurt Cobain version bûcheron au regard de Pete Doherty reste extrêmement talentueux, le côté très glam-pop du dernier album prend le dessus et peut rapidement sembler fatiguant.

C’est vrai, le set est relativement constant. Les Girls nous jouent leur affaire comme sur l’album, mais sans les choeurs. Des choeurs qui semblent parfois remplacés par l’orgue qui se fait davantage entendre qu’en version studio. C’est calme, plaisant et (très) maîtrisé. Mais il manque cruellement d’aspérités. Il faudra attendre Lust for life du premier album pour se réveiller un peu. Ou Laura, dans les rappels.

Mais n’exagérons rien, on a pris beaucoup de plaisir sur les excellents morceaux du dernier album. Des titres comme My Ma’, Alex ou Vomit tiennent aussi bien la route en live que sur disque. La voix délicate de Chris Owens, le jeu ultra maîtrisé de Chet JR White… ça vous fout des frissons. Par contre, message au bassiste: désolé vieux, mais le bonnet de marin roulé sur ta tête, ça le fait pas trop.

Sans surprise, donc, j’ai bien aimé. Mais un peu plus d’énergie ou de folie n’aurait probablement pas fait de mal. Au contraire. Mais si c’était possible de jouer un peu plus tôt la prochaine fois… y’en a qui travaillent le lendemain !

Auteur: Adrien

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