Girls – Father, Son, Holy Ghost

Non, Christopher Owens et ses petits amis n’ont rien inventé. Par contre, c’est avec une classe d’enfer qu’ils ont réussi à nous pondre un album proche de la perfection. Deux ans après la sortie de leur premier opus « Album », Girls nous revient avec cette sobriété qui leur colle à la peau. Adeptes du « less is more », ils arrivent tout de même à nous envoyer valser dans un mélange savant de genres musicaux, de rythmes et d’influences.

En effet, ça balance dans tous les sens: « Father, Son, Holy Ghost » s’ouvre sur « Honey Bunny », une pop surf tout sautillante. On se calme tout de suite avec un « Alex » plus down-tempo qui fleure bon les eighties avec cette guitare clean et cette batterie propre et nette. Et d’un coup, sans crier gare, on se retrouve avec un « Die », sorte de mix entre le riff de « Paranoïd » de Black Sabbath et « Highway Star » de Deep Purple.

A ce stade-là, on se dit qu’elle est bien loin, l’époque où Christopher Owens nous envoyait à la tronche ses états d’âmes de post-adolescent malheureux. Et pourtant, ça ne l’empêche pas de continuer dans un registre 100% émotionnel. Tantôt, il nous présente ses ex (après « Alex », on fait la connaissance de « Jamie Marie », ballade tout en arpèges en guise de dessert). Des chansons de rupture, paraît-il. Classe. Tantôt, il évoque sa maman (« Honey Bunny » et « My Ma », grand moment de cet album) avec qui les relations ne semblent pas toujours avoir été au top.

Mais c’est surtout la chanson « Vomit » qui retient toute mon attention. Quelques arpèges, une voix tout en douceur, presque chuchotante. Des montées en puissance accompagnées de nappes d’orgues. Des choeurs à la « Great Gig in the Sky » de Pink Floyd. Tout était réuni pour virer au ridicule. Et en fait, en y réfléchissant au moins deux secondes, c’est le meilleur titre que j’ai eu l’occasion d’écouter cette année. Pas moins. Chair de poule, envie de chanter et bla-bla-bla.

En clair, Girls nous revient là avec un album bien plus abouti que le premier. Ils n’ont strictement rien inventé, mais ce qu’ils font, ils le font parfaitement. Aller jouer dans un vrai studio avec un vrai ingénieur du son a probablement joué en leur faveur. Ca, plus les malheurs de Christopher Owens, son talent et cette philosophie de la sobriété, ça ressemble furieusement à un pack gagnant.

Maintenant, y’a plus qu’à attendre leur passage au Trix, le 15 novembre prochain.

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Auteur: Adrien

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