Dour 2011

Dour, c’est plein de scènes, plein de groupes, mais surtout plein de jours. Il a donc bien fallu faire un choix. Finalement, le vendredi semblait incontournable pour les amateurs de guitares. Et le jeudi s’avérait utile pour se mettre en jambes pour le lendemain.

On passera sous silence l’organisation lamentable de l’arrivée en voiture. De la sortie de l’autoroute à l’entrée du parking, il nous aura fallu une bonne heure et demie.

Par contre on soulignera la réorganisation de la plaine du festival. Malgré un record d’affluence, il y avait de la place partout, tout le temps. Et surtout aux bars. C’est ce dernier élément qui jouera en notre défaveur: cette chronique ne ressemblera à rien, mais on vous avait prévenu. Dour, on n’y va pas que pour la musique.

Foals

Foals, c’est probablement le seul concert qu’on a vraiment regardé ce jour-là. Il faut bien l’admettre. Les Anglais ont littéralement mis le feu au Club Circuit Marquee. On les avait déjà vu quelques années auparavant sur la Last Arena. On les avait vu au Pukkelpop aussi. Et à chaque fois, c’est la même réaction: ils sont bien meilleurs en live que sur albums. Cette énergie débordante et ces rythmes soutenus ne peuvent m’empêcher de taper du pieds et bouger la tête. La journée est déjà bien avancée, le public averti adhère et saute comme un seul homme sur ce son clair et bien ficelé. Il n’aura fallu qu’un excellent « Spanish Sahara » pour mettre le public par terre. Ca commence par des frissons, ça termine en jumpant. C’est beau, c’est fort.

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Et c’est tout pour la journée du jeudi. Enfin, on a vu (du bar) plein d’autres choses. Channel Zero : je n’aime pas les gens fâchés, et il faut bien avouer que c’était relativement mauvais. La piètre qualité sonore y était peut-être pour beaucoup. Arsenal : on a préféré en rire. Cypress Hill : oui, on était là. Dans le fond. Près du bar. C’est tout ce dont je me souviens. Allez, non, j’avoue avoir réagi comme tout le monde sur « Insane in the brain ». I’m from Barcelona : déplacés à 1h du matin sur la Last Arena, on se demande toujours à quoi servent les 90% des gens présents sur scène. C’est pop. C’est gentil. Mais à vrai dire, ça ne laisse pas de souvenir impérissable. Après, on a été se terminer avec Laurent Garnier. Les gens aimaient. Nous on aimait les gens. Les gens nous aimaient et nous montraient des tas de choses rigolotes, comme un hélicoptère humain. Bref, le matin pointe le bout de son nez, il est temps de rentrer à la voiture pour en boire une dernière.

Dananananaykroyd

De grand matin, y’a pas à dire, ça réveille. Le son du Club Cirquit Marquee va fort. Très fort. Trop fort. Surtout quand une rangée d’enceintes se remet tout-à-coup à fonctionner quelques mètres seulement devant nos pauvres oreilles. Pour faire simple, Dananananaykroyd, c’est du grand n’importe quoi. Les deux chanteurs sont plus souvent dans le public que sur scène. Ils assurent le show. Musicalement, c’est impossible à classifier. Ca joue plutôt du côté rock hardcore. Mais en quand même un peu mélodieux. Aucune structure dans les titres. Bref, je n’aurais jamais dû aimer. Et pourtant, sans vraiment avoir entendu les albums en entier (j’avoue, je n’ai pas tenu), j’ai passé un excellent moment.

Mogwai

Depuis leur passage au Primavera, je m’étais promis d’aller les revoir. C’était donc la raison première de mon passage à Dour. Je dois bien avouer que la déception était au rendez-vous. Ce que j’avais aimé à Barcelone, c’est ce son fort, pur et parfait. Ici, c’était bien différent. Même si leurs titres restent plus qu’honnêtes et leur setlist respectable, je maintiens que les faire jouer sur la seule scène ouverte de Dour était une très, très mauvaise idée. Mais, selon Alex Stevens (programmateur de Dour), il s’agissait là d’une pure exigence de star: ils voulaient jouer avant Pulp, sur la même scène que Pulp. Dommage.

Pulp

A Barcelone justement, j’avais manqué la bande à Jarvis pour m’enfiler de la pizza et surtout reposer mes jambes. Grave erreur. Dès que les lasers se mettent en route, dès que les néons dessinant les lettres P U L P commencent à clignoter, on comprend qu’on va assister à quelque chose de gros. Ca commence fort avec un « Do you remember the first time ? » de derrière les fagots. Jarvis est là. Il saute partout. Il parle beaucoup entre les chansons. Taquine les rapeux. Et là où le concert de Mogwai décevait, celui de Pulp était tout simplement parfait. La voix était claire. Tout était audible. Comme quoi, en festival, c’est possible d’avoir du bon son. Il parait que les tourneurs de Radiohead étaient derrière les boutons. Coïncidence ? Sans un être un grand fan, Pulp a revisité tout ce que je connaissais d’eux: « Disco 2000 », « I Spy ». L’album « Different class » constitue la majorité de la setlist. Le public connaît. Le public chante et en reçoit plein la gueule. C’est jouissif. Un petit « Common People » pour terminer et les gens s’en vont, heureux.

 

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Vitalic

Un pita à l’ail à mille tickets et dix bières plus loin, c’était au tour de Vitalic de nous rassasier. Même si le dernier album de Vitalic est moins percutant que « OK Cowboy », en live, ça dépote sévère. Les basses prennent aux tripes. Et ça envoie du lourd, du très très lourd. On aura droit à plusieurs rappels dont l’incontournable « My friend Dario » qui reste toujours aussi entraînant. On s’agite, on perd les copains, on s’en fout. Un remix d’Amadou et Mariam version burnée nous fait sourire. Deux, quatre ou cinq rappels plus tard, on ne sait plus trop compter à cette heure-là, le Français semble s’arrêter en plein milieu d’un titre. On ne comprend pas très bien. Mais c’est fini. Et on a vraiment bien aimé. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Un débat a d’ailleurs été lancé cette nuit-là: les DJ’s sont-ils des artistes ? Ce à quoi on répondra que Vitalic n’est, de un, pas un DJ. Et de deux que si on apprécie, où le problème, bordel ?

Sinon, on a aussi passé un peu de temps devant Syd Matters en début de journée. Un peu de folk, un peu de calme, un peu de guitare, c’était parfait. Mais l’appel du bar et de ses filles aux chicons crus était beaucoup plus pressant. Et puis il y a des tas de choses qu’on aurait bien voulu voir mais que finalement on n’a pas vu. Toujours à cause des bars. Mais aussi à cause des horaires qui se chevauchent presque. Festival oblige.

Pour le samedi et le dimanche, il ne fallait plus compter sur moi. Deux jours à Dour, mon corps a mis une semaine à s’en remettre. De toute façon, il fallait partir avant que la plaine de la machine à feu devienne la piscine de la machine à feu. C’était un bon choix.

Auteur: Adrien

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