Primus @ Trix
Avr03

Primus @ Trix

Pour ceux d’entre-vous chez qui Primus évoque une bière brassée à Haecht ou l’adjectif en langue latine pour évoquer le ‘premier’, il est temps de se recentrer… Primus est un groupe originaire de San Francisco qui a connu son heure de gloire dans les années nonante… La musique de Primus tourne autour du jeu de basse de son charismatique chanteur, Les Claypool. Encore des anciens qui reviennent, pensez-vous ? Oui, mais contrairement à d’autres groupes de cette même époque, eux, ils nous reviennent avec un album sous le bras (Green Naugahyde, Novembre 2011) et proposent une tournée avec des shows de trois heures… Nous avons donc eu la chance de pouvoir assister à ce retour au Trix à Anvers, en prélude à leur passage à l’AB 5 jours plus tard seulement! Et nous n’avons pas été déçu… Primus a gardé toute sa verve de l’époque et le jeu de bass en slap fait toujours autant de merveilles. La première partie du set dure un peu plus d’une heure et se compose d’anciens morceaux. Le trio nous offre d’emblée des titres emblématiques comme Jerry Was A Race Car Driver, Tommy The Cat ou encore Nature Boy. Après un interlude d’une petite trentaine de minutes nous offrant sur écran géant trois épisodes de Popeye, le groupe revient pour une seconde partie de concert axée sur les titres du dernier album avec au menu le morceau dédié à Lee Van Cleef, acteur américain connu pour ses prestations dans des westerns. Dans les rappels, on notera la reprise du morceau La Villa Strangiato de Rush qui dépasse de loin la version originale....

Lire la suite

Veronica Falls @ AB

Pourquoi on a aimé Veronica Falls ? On a aimé Veronica Falls car ils jouaient ce lundi à l’AB Club à Bruxelles, salle minuscule et sympathique avec bar à portée de main. On a aimé Veronica Falls car avant que cela ne commence, la musique était sympa, variée, osée, intéressante, différente de toute les merdes qu’on nous balance à longueur de journée. On a aimé Veronica Falls car il y avait un gros monsieur qui dansait, chantait et faisait du air guitar sur ces musiques. Il était marrant. On a aimé Veronica Falls car ils n’ont pas fait une minute de silence avant de commencer. On a aimé Veronica Falls car ils ont joué sans en rajouter des tonnes comme le chanteur de Wu Lyf a si bien fait il y a une semaine. On a aimé Veronica Falls car ils ont balancé des tubes et de la bonne humeur. Ca joue juste et bien, la batterie est géniale, les voix féminines contrastent parfaitement avec celles masculines. Tout le monde chante, tout le monde se donne, c’est simple et bien foutu. Comme l’album, quoi. Ajoutez à ce tableau deux tubes indie des plus réussis (Found Love in a Graveyard et Come On Over). Outre tous les titres de l’album, Veronica Falls nous a présenté 2-3 nouveaux morceaux plus « musicaux », avec un jeu de guitares différent et des voix percutantes. Ce qui préfigure une suite bien appétissante et différente. Bref, Veronica Falls, on vous le conseille vivement. Et c’est d’ailleurs avec plaisir qu’on retournera les voir à Barcelone. Et comme je n’ai pas chopé de vidéo correcte sur l’interweb, je vous propose à la place une petite session live que j’aime fort bien:...

Lire la suite

Wu Lyf @ Le Botanique

Il faut bien avouer qu’on avait bien accroché avec l’album de Wu Lyf « Go Tell Fire To The Mountain ». Tant et si bien que l’album s’était retrouvé en très belle place de notre classement des meilleurs albums de 2011. Forcément, on attendait fermement leur passage au Botanique de mercredi dernier. Nous n’étions apparemment pas les seuls… A voir le monde dans l’Orangerie, on confirme: Wu Lyf, c’est bel et bien la hype. Une hype justifiée ? Ben… vraisemblablement pas en live, en fait. C’est le titre « L Y F » qui ouvre les festivités. Avec cet orgue caractéristique, cette batterie à la Vampire Weekend et surtout, -surtout !- cette voix rocailleuse. Ce n’est pas mauvais, loin de là, mais c’est bien loin de la claque à laquelle on s’attendait. On a l’impression d’écouter l’album, mais avec un son de moins bonne qualité. Les mecs nous balancent leurs morceaux, sans conviction, sans énergie (à part le batteur qui m’a bien impressionné). Rien à faire, la sauce ne prend pas. Je n’ai pas retrouvé l’ambiance « majestueuse » de l’album. Sur scène, le groupe semble s’emmerder. Le public se contente d’applaudir entre les titres trop proprement joués. Ce n’est que pendant les excellents « Such A Sad Puppy Dog » et « Spitting Blood » qu’on commence un peu à rentrer dedans. Mais pas assez. En fait, je crois que c’est le chanteur Ellery James Roberts qui me les brise menu en tournant constamment le dos au public et monopolisant l’audience (je ne me souviens pas avoir vu le guitariste et le bassiste). Et surtout, -surtout !- cette impression qu’avec sa voix, il en rajoute des tonnes. On a presque envie de lui fournir un flacon de sirop Codeine pour calmer tout ça. Et cette question: est-ce qu’il parle comme ça dans la vie de tous les jours ? Même si j’ai vu un concert fait de titres bien ficelés (« We Bros », « Concrete Gold » ou « Dirt », tout y est passé), ce n’est pas ce que j’étais venu voir. L’album m’avait tellement scotché que j’attendais un bazar… qui n’est jamais arrivé. Le potentiel est là, mais il manque quelque chose. Bref, Wu Lyf n’est apparemment pas un groupe « de scène ». Mais depuis mercredi, j’ai réécouté leur album. Et je reste convaincu: putain que c’est bon ! Spitting Blood :...

Lire la suite

[PIAS] Nites 2012

Quand on débarque le vendredi soir vers 20h30 à Tour & Taxi et qu’on trouve le parking à peu près vide, on se demande un peu si ce concept encore peu connu va en valoir le coup ou pas. Le cadre est sympa, difficile de faire du trop moche sur ce site bien aménagé. On est vraiment dans une version miniaturisée des festivals qu’on connait bien. On a prévu de démarrer sur Toxic Avenger mais comme on est en avance, on va jeter un coup d’oeil à Ravin George dans la «Fire Starter Room». Il n’y a quasi personne et c’est dommage parce qu’en plus d’être plutôt jolie, la demoiselle connaît son affaire. Des beats déchainés et des explosions alliant l’électro pure à des reflets de dub par ci par là. Bref, pas besoin d’être un fervent amateur d’électro pour apprécier ce concert d’ouverture qui laisse une agréable sensation derrière lui. C’est un bon début. On se déplace vers Toxic Avenger sur le Main Stage, premier concert «live» de la soirée. Selon moi, une guitare et une batterie ne suffisent pas à changer un dj set en live: on ne distingue pas la batterie dans tout ce brouhaha même si la guitare fait un beau boulot quand on y prête attention. Notre copain Toxic s’enfile clope sur clope et nous, on attend que ça pète. C’est quand même pour ça qu’on est venu! Malheureusement on est face à une électro pas mauvaise mais pas spécialement bonne non plus, chez nous ça ne prend pas: direction le bar. Il est déjà 22h30 et ça se ressent, le gros du public arrive, plus aucun doute, les places des PIAS Nite se sont vendues malgré leur prix. On a 30min de Modeselektor avant de foncer à la Fire Starter Room pour M83. Les deux gars de Modeselektor ont leur style bien à eux. Le chauve ne lâche pas son superbe chapeau noir et son copain moustachu tente de redéfinir le monde de la mode avec sa salopette de l’US Air Force. Le début de concert est juste étonnant; une éléctro détendue qui surprend quand on voit leurs têtes d’ahuris. Après deux chansons calmes mais bien gérées, on passe dans un tout autre registre bien plus brouillon: on ne s’éternise pas plus longtemps, c’est le moment d’aller voir ceux qui nous ont vraiment donnés envie de venir. Quand on quitte Modeselektor, on se dit que la Fire Starter va être vide vu le monde qu’il y avait dans la Main Play. Que tu crois Dominique! On a du mal à se frayer un chemin jusqu’à l’avant et le groupe ne nous a pas...

Lire la suite
The Antlers @ Le Botanique
Nov24

The Antlers @ Le Botanique

« Voilà pourquoi je vais encore voir des concerts ». C’était, je crois, en gros ce que j’ai du dire à la sortie de l’Orangerie du Bota ce mardi soir. Franchement, ça fait du bien de voir des mecs littéralement interpréter leurs titres. Et pas se contenter de nous rebalancer un album qu’on aurait très bien pu écouter chez nous. Pourtant, les chipotages-bidouillages électroniques psychédéliques de l’intro de Parentheses font peur. Mais une fois les boutons tournés dans le bon sens par l’ingé son, la purée se fait bien plus délicate. Et là, boum, d’un coup, c’est la voix de Peter Silberman qui domine. Cette voix si particulière mais Ô combien prenante: tantôt hyper haut perchée pendant de longues secondes, tantôt bien plus délicate, sa voix reste toujours juste. Et quand elle se mélange aux autres voix (tout aussi justes) de ses copains, ça en impose. Tout simplement. Derrière ces voix, le reste est étrangement simple: une batterie percutée avec hargne et précision, des claviers-qui-font-aussi-des-bruits-bizarres mais qui structurent le tout et deux guitares (mais où est passée la basse, d’ailleurs ?). Mais ici encore, simplicité rime avec efficacité. Entre passages psychédéliques limite shoegaze et ballades entraînantes, la perfection est totale. Peut-être trop totale, aux oreilles de certains. L’Orangerie bourrée à craquer ferme les yeux et profite. Bon, évidemment, on comprend vite le manège des Antlers. Et au fil des titres, on se rend compte de la structure récurrente des chansons: intro planante trip-hop, refrain avec la voix tout en hauteur, des wouwou-wooohwoooh en abondance et une fin en soupe rock bien barrée. Mais le perfectionnisme de l’interprétation a, pour ma part, effacé ce manque d’aspérités. Et puis avouons-le, tant Burst Apart qu’Hospice renferment de splendides pépites qui n’ont pas été mises de côté (voir setlist ci-dessous): entre des délicats et sombres Kettering ou Corsicana, les ballades Every night my teeth are falling out, les accrocheurs I don’t want love ou les Sylvia et Epilogue en guise de dessert, il ne manquait que Two pour couronner le tout. Non, décidément, on comprend pourquoi le site du Bota affichait un « complet » depuis de longues semaines à côté du nom « The Antlers »....

Lire la suite

Girls & Stephen Malkmus @ Trix

Petite virée anversoise pour une bien sympathique petite soirée. Et c’est dans la « Zaal » qu’on l’a commencée, pour le concert de Stephen Malkmus & The Jicks. L’occasion pour le frontman de Pavement de présenter l’album « Mirror Traffic » au public. Un album relativement inégal mais agréable dans l’ensemble. C’est d’ailleurs ce sentiment d’inégalité agréable qui se dégage du concert. Des Pavement-like (Share the red) aux moins emballantes (Asking Price) en passant par des sonorités plus pop bien balancées et ultra percutantes (Senator ou Tigers). Les anciens titres ne sont pas oubliés, comme le très chouette Jenny & The Ess-Dog (la seule que je connaissais, je dois bien l’avouer…). Mais à voir la frimousse (jolie) de la bassiste ou la frimousse (ridicule) du batteur moustachu, ça ne doit pas être évident tous les jours de jouer avec Stephen Malkmus. Complètement plombé, l’homme de 45 ans marmonne beaucoup entre les chansons. Tantôt, il tente de se souvenir d’un précédent passage à Anvers: « OK, c’était le Crossing Borders… mais c’était pas mal pour un festival hollandais ». Tantôt, il s’essaie au français: « Vous êtes dactylo ? Dessinateur ? », lance-t-il. Et de poursuivre avec un simple: « Peugeot ! » avant de continuer à gifler son micro sous l’hilarité quasi générale d’un public relativement mûr. Quoi qu’il en soit, un concert de Stephen Malkmus reste un grand moment. Et j’étais bien content d’y être. Mais il a fallu s’enfuir juste avant les rappels, monter d’un étage vers le « Club » pour assister au show de Girls. Vous vous souvenez probablement de la critique fort positive que j’avais posté ici même du dernier album « Father, Son, Holy Ghost ». Ne nous emballons cependant pas de trop. Même si Christopher Owens, ce sosie de Kurt Cobain version bûcheron au regard de Pete Doherty reste extrêmement talentueux, le côté très glam-pop du dernier album prend le dessus et peut rapidement sembler fatiguant. C’est vrai, le set est relativement constant. Les Girls nous jouent leur affaire comme sur l’album, mais sans les choeurs. Des choeurs qui semblent parfois remplacés par l’orgue qui se fait davantage entendre qu’en version studio. C’est calme, plaisant et (très) maîtrisé. Mais il manque cruellement d’aspérités. Il faudra attendre Lust for life du premier album pour se réveiller un peu. Ou Laura, dans les rappels. Mais n’exagérons rien, on a pris beaucoup de plaisir sur les excellents morceaux du dernier album. Des titres comme My Ma’, Alex ou Vomit tiennent aussi bien la route en live que sur disque. La voix délicate de Chris Owens, le jeu ultra maîtrisé de Chet JR White… ça vous fout des frissons. Par contre, message au bassiste: désolé vieux, mais le bonnet de marin roulé sur ta...

Lire la suite