Pitchfork Music Festival @ Paris
Nov27

Pitchfork Music Festival @ Paris

Pitchfork organisait la deuxième édition parisienne de son festival le week-end dernier (on est un peu en retard dans la mise en ligne de l’article, c’était début novembre. Et alors ?). Nous y étions. Récit de cette aventure particulière en plongée dans un monde parallèle… Tout d’abord, plantons le décor. Pour ceux qui ignorent ce qu’est Pitchfork, quelques explications s’imposent. Pitchfork est un site web musical basé à Chicago. Ca critique sans concession la quasi-totalité des sorties estampillées musique indépendante, underground ou alternative, appelez ça comme vous voulez. Folk pour barbus bohêmes, rock garage pour punks en cuir, électro pour speedés du samedi soir, rap pour révolutionnaires en survet’, pop de tarlouzes ou rock propret des classes moyennes, tout y passe. Tout, tant que ce n’est pas « mainstream ». Et comme le site, notamment de par ses redoutées cotes de 0 à 10 (avec une décimale !), est devenu de loin le média le plus influent de ce petit milieu, il fait et défait les modes au sein de cette culture underground qui par définition échapperait à tout standard… C’est le serpent qui se mord la queue en quelque sorte… Cette réserve étant émise, il n’en reste pas moins que Pitchfork est la « Bible » de l’amateur de musique un brin plus averti que celui issu de la « masse » qui continue à vivre comme un bien heureux en se contentant des bouses FM. Pitchfork, en version festival, ça donne sur papier une affiche aussi pointue qu’intéressante, dans un cadre a priori très soigné (la Grande Halle de la Vilette à Paris). Passons en revue le cadre, l’ambiance et bien sûr la musique. Et ce de 0 à 10, avec une décimale ! Le cadre. 7.9/10 – L’immense salle rectangulaire est divisée en deux parts égales avec une scène de chaque côté. Sur les bords, de simples draps noirs sur lesquels ça et là sont projetées de rares images qui font le boulot en apportant une chaleur tant acoustique que visuelle plutôt réussie. A la fois minimaliste et classe, quand votre plus récent souvenir de festival c’est Dour 2012, autant dire que ce site est le Pays des Merveilles. L’ambiance. 4.2/10 – Entre bourgeois-bohèmes, hipsters, nerds ou snobs, on ne sait plus à quel qualificatif faire appel pour définir ces gens dont la superficialité est inversement proportionnelle à leur penchant pour la déconne… Le bilan après trois jours de festival est sans appel : deux rencontres sympathiques. Waouw. On aurait passé les mêmes trois jours enfermés dans les chiottes du Louvre que le bilan n’aurait pas été pire. Heureusement, nous étions six joyeux camarades et la picole a rendu tout ça merveilleux. Petite suggestion aux organisateurs pour l’an prochain : aligner quelques groupes rock’n’roll à l’affiche (Pitchfork a récemment...

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Radiohead @ Sportpaleis
Oct20

Radiohead @ Sportpaleis

Une fois n’est pas coutume, c’est vers Anvers et son affreux palais des sports que je me suis dirigé. Il faut savoir qu’à mes yeux faire des concerts dans une salle de sport de 15.000 places est une idée aussi brillante que celle de mettre du sucre dans de la mayonnaise. Mais c’est que Radiohead s’y exécutait, et que pour la première fois de ma vie je tenais à assister pleinement à un de leurs concerts. Déjà aperçu par le passé au Pukkelpop à des heures bien trop tardives pour mon cerveau éponge, je n’en avais retenu que des impressions fort bonnes mais bien trop éparses… Calmons directement les « anti », décevons tout aussi directement les « pro », non, je ne suis pas un « fan » de Radiohead. Je ne connais pas les paroles de Creep sur le bout des doigts, je n’ai pas dansé 4.500 fois sur Karma Police avec mon amoureuse et, alors que j’avais 16 ans et un joli sac-à-dos, il n’y était pas écrit leur nom en sérigraphie. Mais par contre, « j’aime » Radiohead. Comme « j’aime » une très grosse tapée de groupes indies.  Et ce genre de groupes, j’aime les voir en live, les voir jouer, les entendre fort, les sentir vibrer. Et ce qu’ils s’appellent Built To Spill, Why?, Thee Oh Sees, Foals, Grizzly Bear ou Sonic Youth. Radiohead ? Pas plus, pas moins que tous ceux là. Et ce n’est pas leur popularité qui me les rend plus ou moins sympathiques. Il faut juste s’en accommoder et devoir se taper une salle ridiculement repoussante pour les apprécier. Mais parfois il faut savoir faire des sacrifices. Après toutes ces précautions, vous aurez évidemment compris que je vais vous en dire du bien de ce concert… Le sacrifice en aura valu le coup. Et pas qu’un peu. La setlist a mis en avant King Of Limbs, 6 des 8 morceaux de l’album ont été joués. Album que je trouve bien torché sur le plan des compositions mais complètement gâché par un son ramassé, étouffé, extrêmement plat. Et c’est là une grosse surprise de ce concert : deux batteurs insufflent une énergie énorme à l’ensemble et les instruments se distinguent parfaitement les uns des autres apportant une dimension très aérée qui fait tant défaut sur l’album. Et quand Jonny Greenwood s’ajoute à la bande des deux frappeurs sur Bloom, ça vous transcende le morceau par une instrumentation tribale d’une intensité rare qui en comparaison vous ferait passé Animal Collective pour des neurasthéniques. Autre exemple, Morning Mr Magpie, en mode guitares boostées, s’avère être un excellent morceau. Ou Separator, aussi flegmatique que magnifique. J’en regrette même que Little By Little n’ait pas été...

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Dour 2012
Juil18

Dour 2012

Comme chaque année, Dour a réussi son pari de réunir au même endroit une multitude de gens qui n’ont, a priori, rien en commun: punks à chiens, petits jeunes bien propres sur eux, métalleux, gros pleins, pères de familles, hipsters, enfants, clubbers sous acide (voire plus), rastas, fan de ska … et même hip-hopeurs rappeurs (si si, ceux avec les baskets Nike, aux chaussettes blanches tirées au-dessus du training). Dour, ce n’est donc pas que l’amour, c’est surtout la diversité. À chacun son Dour, voici le nôtre : Jour 1 On ne va pas tourner autour du pot et on a presque honte, mais on n’a rien vu. Arrivés à l’ouverture des grilles, on a entendu (de loin) Roscoe (mais de loin, c’était suffisant), La Femme (ça par contre, ça avait l’air vraiment sympa… dommage qu’ils chantent en français). Je voulais voir School is Cool qui m’avait séduit à première écoute, mais Joe Piller et ses alcolytes ont précipité les choses. Même constat pour Caribou, sauf que là, on se consolera en se disant qu’on les verra en octobre, en première partie de Radiohead. Bref, pour être honnête, on a seulement vu Franz Ferdinand, et c’était bien ! La machine à tubes était une fois encore de sortie pour un set différent de celui livré quelques semaines plus tôt à Barcelone. Plus électro, plus festif, ils ont envoyé la sauce classique et efficace (« Matinée », « Take me Out », etc.). Le tout agrémenté de quelques nouveaux morceaux et d’une reprise de Donna Summer (« I feel love ») poursuivant le dansant « Can’t stop feeling ». Il pleuvait à crever, mais ça n’a pas suffi à refroidir le public venu en nombre sautiller dans la boue de la Last Arena. Une fois encore, c’était prévisible… mais tellement jouissif. Jour 2 Petit apéro dans la « Petite maison » pour se protéger de la pluie. On ne dira rien de VO et Malibu Stacy (parce que si on dit, on va médire). La journée a finalement commencé en beauté avec Hanni El Khatib. Guitares saignantes, riffs rageurs, ça sent bon le rock garage poussiéreux. Pas de tralala: c’est simple, c’est brut, c’est propre, c’est bien foutu à l’image de l’excellent « You rascal you ». On le savait bien, mais on vous le recommande. On ne pouvait pas passer à côté de Dinosaur Jr.. Ce son de guitare chouinant et la voix de J Mascis qui rappelle la porte qui grince (copyright No Bullshit!, si mes souvenirs sont bons) passent toujours de manière bien agréable. Même si les papys ne semblent pas s’éclater des tonnes au milieu de leur mur d’amplis, ils font leur boulot et assurent plus que jamais. Niveau setlist, ils ont...

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Primavera Sound 2012 @ Barcelone
Juin05

Primavera Sound 2012 @ Barcelone

Comme chaque année, Barcelone accueillait la semaine dernière la crème de la crème de la musique indie-pop-rock-électro. Un condensé de ce qu’on a plutôt bien aimé durant l’année écoulée (et le reste…), et ça tombe bien ! On enfoncerait bien le clou juste pour le plaisir: le Primavera Sound, c’est l’événement incontournable pour tous les amoureux de musique et de fiesta que nous sommes. Une programmation en béton, un son parfait malgré que tout soit en plein air, du soleil, de la mer, un site bien foutu (à part peut-être la trop proche proximité entre les scènes Pitchfork et Vice, toutes les deux à front de mer), on ne fait jamais la file comme quand tu passes de la Main Stage à la Marquee au Pukkelpop, un public connaisseur et pas de jeunes pré-ados chiants, de la bouffe de festival vraiment correcte, etc. Le pied, quoi. Seul point noir, comme l’année passée : le bar. En 2012, adieu la carte qui avait tant fait parler d’elle, bienvenue au cash. Belle idée. Sauf que derrière le bar, ces messieurs dames n’ont toujours pas compris comment on s’y prend pour servir des bières de manière efficace : ils font mille aller-retours, se marchent dessus et perdent beaucoup de temps. Et ils annoncent sur les tarifs des 33cl qui, en réalité, ne font que 25cl. Le prix de 3€, lui, reste par contre inchangé. Gabi (Mr. Primavera) m’a promis via Twitter qu’il allait checker… On attend toujours… Mais là n’est pas le principal, évidemment. Le reste est grand. Très grand. Day 0 : Arc de Triomphe Avant même que le «vrai» festival ne commence sur le-dit «Parc del Forùm», l’organisation avait prévu un petit apéritif : un concert gratuit dans le centre-ville sur l’esplanade de l’Arc de Triomphe. Sous un soleil de plomb et au beau milieu des palmiers, on a pu assister aux prestations des Wedding Presents, des Walkmen venus présenter «Heaven», leur nouvel album et, finalement, des Black Lips, visiblement bons copains du Primavera. Pour la musique en elle-même, pas évident de vous faire une review en bonne et due forme: comme tout concert gratuit, le public n’en avait que foutre de ce qui se passait devant. Ca causait tout le temps (vous pouvez en juger sur les vidéos ci-dessous), on était loin. Et puis on devait se remettre de nos émotions (Ryanair : never again !) et s’acclimater aux boissons locales. Bref, on se souviendra s’être un peu emmerdés pendant les Wedding Present, avoir crié sur «The Rat», avoir tapé du pied pendant tout le set des Black Lips, mais c’est à peu près tout. Cela dit, pour un...

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Sharon Van Etten @ AB

En franchissant la porte de l’Ancienne Belgique à Bruxelles, on le savait qu’on passerait une bonne soirée. Parce qu’une fois encore, c’était dans le « Club » qu’on a été. Cette petite salle, avec son bar, son acoustique parfaite et ces ingés son qui connaissent plutôt bien leur boulot. Des régionaux de l’étape, Mad About Mountains, assurait la première partie. Du folk chiant. Du Neil Young de chez Lidl, du Bon Iver de chez Aldi. De la musique de neurasthénique à tendance suicidaire. D’ailleurs, ma Maman a dit que c’était naze. Et comme c’est ma Maman chérie, elle a raison, quoi qu’il arrive. Vous voilà prévenus (oui, j’ai été à l’AB avec ma Maman, ça vous dérange ?!). Voilà, vous venez de moquer. Que foutre ! C’est vrai que sur le coup, en terme de public, on se serait un peu cru à un concert au bénéfice du Télévie: il y avait des gens d’âge mûr, des jeunes hipsters (mais pas trop, quand même), des jeunes chics qui ne vont jamais à des concerts et des enfants. Si, si, devant moi, y’avait même une fille de moins de 10 ans qui prenait des tas de photos avec l’iPhone de son papa. Trop meugnon ! (et courage pour supprimer les photos…) Et puis tout d’un coup, Sharon Van Etten débarque avec sa bande. Et le côté très parfait de l’album « Tramp » qu’elle venait présenter se retrouve indéniablement en live: c’est excellent. Pas de fausse note. Une batterie percutante et ultra précise. Le backing vocals de sa (jolie) amie multi-instrumentiste ressort encore plus que sur l’album. Et on jouit. Tout sourire, Sharon Van Etten est heureuse d’être là et communique régulièrement avec le public qui apprécie à crever les petites vannes de l’Américaine pendant qu’ils accordent leurs instruments (sans déc’, une guitare se désaccorde vraiment en une chanson ?). Voilà, je suis amoureux et je la trouve même hyper jolie, tiens. Les pépites de « Tramp » fonctionnent évidemment aussi bien en live: « All I Can », « Give Out » et « Serpents » sont, pour moi, de véritables tubes. Mais c’était sans compter sur des titres plus anciens (« Don’t do it », par exemple) qui font également vachement bien leur boulot. Et là, on en a pour notre argent (même si c’était pas bien cher). Cependant -et on s’y attendait-, comme sur l’album, certains morceaux sont relativement insipides. Et on a l’impression que ça tourne en rond, que ça n’en finit pas et que la bière d’après concert n’arrivera jamais. Surtout quand on joue les prolongations limite shoegaze. Non, Sharon, ce n’est pas dans le folk qu’on fait ça, hein ! Cela dit, je ne lui en tiendrai pas rigueur. J’ai passé...

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Cloud Nothings @ La Chocolaterie

Cloud Nothings était de passage à La Chocolaterie de Molenbeek hier soir avec leur excellent « Attack On Memory » sous le bras. C’était l’occasion de voir si l’ampleur que le groupe a pris sur album se vérifie également sur scène. Leur passage au Bota l’an dernier en ouverture de Yuck nous ayant laissé quelque peu sur notre faim. C’était mieux. Beaucoup mieux même. C’était mieux parce que le groupe a évidemment des putains de morceaux à défendre ce qui était moins le cas il y a un an. Mieux parce qu’ils se bonifient aussi, on les sent bien à l’aise pour envoyer la sauce et faire exploser les tympans. Ils se cherchaient et ont maintenant clairement trouvé leur style. En un mot, c’est efficace. On appréciera également leur volonté de vouloir rallonger certains morceaux et de les détricoter pour encore mieux balancer, tous ensemble, la puissance instrumentale qui s’en dégage. On regrettera quand même les 15 minutes de jam sur Wasted Days. Rallonger un morceau indéfiniment pour imposer une transe collective c’est quelque chose que sait faire parfaitement Deerhunter par exemple. Pas Cloud Nothings. Ou du moins pas encore. L’autre bémol sera le son de la batterie, pas le jeu qui était irréprochable, mais bien le son qui souffre de la comparaison avec celui, génial, que Steve Albini a su imposer sur l’album. Quelques imperfections donc mais à l’allure à laquelle ils s’améliorent, on pourra crâner dans quelques années quand on dira qu’on les a vu dans une cave à la capacité de 100 personnes. Mention spéciale à nouveau pour l’équipe du VK qui sait y faire en matière d’organiser des concerts dans une ambiance détendue. On a passé une bonne soirée bien rock and roll.   La playslist (on regrettera certains très bons morceaux de l’EP Turning On): Stay Useless Fall In Separation Cut You Wasted Days No Sentiment Our Plans No Future/No Past ———————————- Can’t Stay Awake (pas certain) Sais pas...

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