Atlas Sound – Parallax
Fév03

Atlas Sound – Parallax

Composé dans une chambre d’hôtel alors qu’il souffrait d’une dépression nerveuse après avoir trop donné avec Deerhunter, ce troisième album solo de Bradford Cox est intimiste, personnel et fleure la solitude en plein. Voilà qui casse bien l’ambiance. Mais c’est pourtant un album relativement lumineux où même les morceaux les plus graves sont emballés dans une atmosphère cotonneuse. « I was really comfortable and lonely simultaneously when I made this record”.  L’album se décline en une succession de morceaux pops et de passages ambients. Passages plutôt légers mais sans trop d’intérêts et qui déforcent l’ensemble. Du côté des chansons, et comme toujours avec le sieur Cox, l’interprétation sublime les morceaux qui sont parfois éthérés, parfois minimalistes mais souvent plus directs et immédiats. Et là, on a vraiment l’impression d’écouter du Deerhunter dans une version plus légère. Et là, comme on a vraiment l’impression d’écouter du Deerhunter, on baigne dans ce qui se fait de plus brillant en matière de rock indie ces dernières années. Cet album assez inégal n’est pas la pièce indispensable de sa discographie mais confirme à plusieurs moments que ce gars est un génie qui est encore loin d’avoir tout livré. Les fans de Deerhunter y trouveront ça et là leur bonheur. The Shakes: Lightworks: Un live enregistré le 18 décembre 2011 à New-York...

Lire la suite
Cloud Nothings – Attack On Memory
Jan29

Cloud Nothings – Attack On Memory

Cloud Nothings est à la base le projet de Dylan Baldi, jeune américain qui bidouillait des morceaux pop/rock lo-fi dans le garage familial. La première compilation de ces compos, « Turning On », était prometteuse mais le son tellement pourri que l’on ne pouvait rien faire d’autre qu’attendre des jours meilleurs. Ce qui arriva assez vite avec le premier album dont je vous parlais il y a un an seulement. Il nous apportait finalement autant de déceptions que de réjouissances et déjà un premier virage, du pop/rock garage originel on s’orientait vers un surf-punk/college proche de celui de Wavves. Je terminais ma chronique par « en espérant que le temps joue en sa faveur », bien convaincu que s’il ne se sublimait pas par la suite, son groupe rejoindrait la longue liste des feux de paille. Puis arriva cette claque sortie de nulle part. « No Future/No Past ». Morceau balancé sur la toile en guise de teasing de cet « Attack On Memory », nouvel album produit par Monsieur Steve Albini en personne (The Jesus Lizard, Nirvana, Pixies, PJ Harvey, Mogwai ou Neurosis). Ce morceau m’a mis sur le cul comme ça arrive rarement, une lente montée de quasi 4 minutes avant de conclure sur des « No Future / No Past » beuglés et littéralement portés par une batterie au son caractéristique de la patte Albini. Un changement de cap radical et une entrée tonitruante dans un rock alternatif « so nineties ». Cet hors d’œuvre judicieusement placé en morceau d’ouverture sur Attack On Memory, il fallait avoir du lourd en magasin pour enchaîner. Et c’est là que la bombe « Wasted Days » est lâchée. Neuf minutes de montagnes russes alternant riffs de guitare power-pop, chants soutenus et longs passages instrumentaux psychés avant un final tout en rage où il hurle « I thought I would be more than this ». Grand morceau. Le son de la batterie est tout bonnement énorme et ne nous lâchera plus de tout l’album. Les deux morceaux suivants sont plus proches de ce que l’on trouvait sur l’album éponyme. Format plus court, guitares aguichantes et refrain accrocheurs. Mais en plus dense, plus mature, plus sombre, plus efficace. En interview Baldi explique qu’il était fatigué de faire des morceaux pop-punks qui ne mettaient pas en avant tous les musiciens. D’où cette envie de travailler en groupe et de composer de la « musique » plutôt que des « chansons ». «Separation»,  un (bon gros) instrumental placé au milieu de l’album viendra appuyer ses propos. Et comme le niveau reste presqu’aussi élevé sur toute la face B, on se dit que cet Attack On Memory a très peu à envier aux albums les plus marquants du grunge nineties. La surprise de l’année (…so far!), mais...

Lire la suite
Other Lives – Tamer Animals
Déc28

Other Lives – Tamer Animals

Tamer Animals, une très belle découverte de 2011, bien que trop tardive. Un album aux harmonies vocales qui rappellent furieusement Fleet Foxes. Aux arrangements plus pop à la croisée entre Grizzly Bear et / ou Midlake. Le tout donne un ensemble majestueux sans toutefois tomber dans des travers pompeux malgré la forte présence de cordes. Ce second album d’Other Lives nous plonge dans une sorte de bande originale. Dans des ambiances de westerns à la Ennio Morricone comme dans Old Statues, les voix en plus. Dans des ambiances plus moyenâgeuses, comme dans l’excellent As I Lay My Head Down. Mais aussi dans des épopées bien plus lointaines, à l’image de For 12, le titre qu’on choisirait s’il ne fallait en garder qu’un seul. Un mélange extrêmement bien dosé d’harmonies, de choeurs, de cordes, de piano, de guitare acoustique. Sobre. Intime. Prenant. Et la formule semble prendre: Other Lives assure plusieurs premières parties de Radiohead. Rien de moins. Le duo d’Oklahoma nous livre là un bien joli disque folk, voire americana. Un truc tellement bien balancé et tellement profond que ça en devient grandiose même si, parfois, un peu plus de piquant n’aurait pas été désagréable....

Lire la suite
Mikal Cronin – Mikal Cronin
Déc25

Mikal Cronin – Mikal Cronin

Super pote de Ty Segall (ici et là), avec qui il a fait l‘album Reverse Shark Attack en 2009, Mikal Cronin est un nom à retenir. Il serait trop réducteur de le classer dans un genre précis, « I never want to be “schtick-y” or whatever » mais les genres « garage » et « pop » sont indiscutables. Il partage beaucoup avec Ty Segall. Tout d’abord, les mêmes influences sixties qu’il revisite à sa façon. La manière de procéder ensuite : multi-instrumentistes tous les deux, ils composent et enregistrent en solo l’ensemble de leurs morceaux qui sont interprétés live par un groupe au complet. Et tout comme pour Ty Segall, le son lo-fi n’est pas dû à la merditude des choses mais est parfaitement maîtrisé et propre. Voulu pour la magie que ce type de son rend à l’écoute, le côté organique et vivant. Quant au traitement des morceaux les similitudes sont aussi légions : l’alternance guitares acoustiques/électriques, les rythmiques saccadées, le fuzz, les solos de flutes par ci, les harmonies vocales par là apportant au tout un côté foutraque attachant. Enfin, c’est surtout l’aptitude à faire des morceaux aussi simples que bons avec très peu de choses qui les caractérisent le mieux. Pour quand même les différencier, on dira que si Ty est plus rock, Mikal est plus pop. L’album contient plusieurs pépites. « It is Alright » part dans tous les sens. Crevant aux premières écoutes, on se rend vite compte qu’en plus de fonctionner, il faut un talent certain pour savoir faire évoluer un morceau de telle sorte. « Get Along », « Gone » et l’imparable « Apathy » raviront les amateurs de pop lo-fi. L’album se clôture sur le très Lennonien « The Way the Things Go » avec sa sortie complètement barrée, peut-être trop. Les (encore trop rares) amateurs de Ty Segall doivent absolument se procurer cet album de toute urgence. Tout comme les (toujours très nombreux) amateurs des Beatles. Apathy: Get...

Lire la suite
M83 – Hurry Up, We’re Dreaming
Déc20

M83 – Hurry Up, We’re Dreaming

M83, c’est l’histoire d’un mec. Anthony Gonzalez, un français resté coincé au beau milieu des années 80, tout en gardant un oeil averti sur le présent. Et ce mec, il te pond des tubes. Tout simplement. Des tubes électro-pop mêlant gros synthés et batteries électroniques à la Depeche Mode (bruitages dansants en tout genre compris), slap bass, rythmes soutenus et voix aérienne. Lu comme ça, ça fout les boules. Mais s’arrêter là, c’est bien dommage. A fond dans la voiture, par exemple, ça fait son petit effet. Dès l’intro joliment balancée , Hurry Up, We’re Dreaming prend aux tripes. Et c’est un sentiment de culpabilité joyeuse que me procure la suite. Comme « Midnight City », cet excellent morceau électro-pop d’adolescents qui fleure bon la FM. Les références aux eighties s’installent encore un peu plus avec « Reunion », titre qui ne ferait pas tache sur un album de Simple Minds. Un titre qui donne envie de taper du pieds et de beugler avec Anthony Gonzalez. Ca y est, je suis conquis. Hurry Up, We’re Dreaming renferme aussi des morceaux plus acoustiques. Comme ce tout joli slow qu’est « Wait » avec ces cordes et -toujours- cette voix aérienne qui fout des frissons pendant tout le refrain. Ou l’autre slow, « Splendor », tout en piano, cordes et choeurs de gosses (qu’on dirait). Des passages plus ambient viennent entrecouper le tout. Parfois instrumentaux (« Another wave from you », « Where the boats go »), parfois beaucoup plus inquiétants, à l’image de la pochette (« Raconte-moi une histoire », « Echoes of mine »). Des morceaux « ciment » construisant un tout cohérent et solide avec le reste de l’album. L’album souffre néanmoins de quelques inégalités et de certaines longueurs. Difficile, par contre, de ne pas trouver son bonheur au beau milieu des 22 plages réparties sur deux albums. Mais ça, c’est juste pour la coquetterie. Parce qu’un seul disque aurait pu contenir les 73 minutes d’Hurry Up, We’re Dreaming. Mais là n’est pas l’essentiel, évidemment. Midnight City :...

Lire la suite
Iceage – New Brigade
Déc12

Iceage – New Brigade

Ces très jeunes Danois savent y faire en matière de post-punk sauvage. Fort de quelques morceaux aussi jouissifs que réussis, mâtiné de noise et d’indu, ce premier album est implacable et va droit aux tripes. C’est aussi court qu’intense, l’album ne dure pas 25 minutes. Ils tapent un coup chez No Age pour les refrains entêtants (Broken Bone, White Rune), un coup chez A Place To Bury Strangers pour les guitares incisives, un coup chez Health pour le traitement barré et hyperkinétique des compos. A quoi vous ajoutez le bonheur de découvrir du sang neuf, un nouveau son, un nouveau style et vous tenez là une très bonne découverte. Je vous laisse, je dois déjà retourner la plaque et augmenter le volume. White...

Lire la suite