Spiritualized – Sweet Heart Sweet Light
Mai07

Spiritualized – Sweet Heart Sweet Light

« Spiritualized is used to treat the heart and soul » Le sort étant ce qu’il est, il aura fallu quatre ans à Jason Pierce pour vaincre à nouveau une maladie et nous revenir après l’excellent « Songs In A&E », son dernier album déjà marqué par la maladie, « A&E » signifiant les urgences. Jouons cartes sur table, au vu de la discographie impeccable de Spiritualized, cet album est un des plus attendus de l’année me concernant (tout comme pour beaucoup d’autres). Après la minute d’intro symphonique tout en violons et pianos, on rentre dans le vif du sujet avec les guitares d’Hey Jane rapidement accompagnées des chœurs gospels comme à l’habitude chez Spiritualized. Le morceau est une réussite parfaite, ça « roll » véritablement pendant quasi 9 minutes. On passe par tous les sentiments à la découverte de cette Jane et les thèmes principaux de l’album sont déjà bien présents : la vie, les déchirures, les erreurs, les croyances, la mort, et bien sûr, le rock and roll. Some say you got a rotten soul But I say Janey loves rock and roll Je me suis rendu compte qu’il était rare que j’accorde autant d’importance à l’écoute des paroles sur un album. Mais ces morceaux sont de véritables histoires sur ce que la vie nous réserve. Et si cet album est un grand album pop mâtiné de soul, de gospel et de blues, on sent une fois de plus que l’homme derrière tout ça est avant tout un rockeur dans l’âme, écorché par une vie qui ne l’a pas épargné. Sometimes I wish that I was dead Cause only the livings can feel the pain Inévitablement, de par la force dramatique des thèmes évoqués, quand on n’accroche pas complètement à un morceau, on a par moments l’impression d’être dans un film crève-cœur de Clint Eastwood. Et là ça sent l’excès de bons sentiments. Mais cette impression passagère est inévitable, ce n’est finalement que la conséquence de ce qui rend cet album si poignant par moments. Cette impression sera bien balancée par plusieurs morceaux plus complexes et noisy qui renouent avec l’ambiance du génial « Ladies And Gentleman We’re Floating In Space » et qui apportent du corps à l’ensemble. Les amateurs de grands hymnes pop épiques ne seront pas en reste avec « So Long You Pretty Things » en guise de clôture. Une montée émouvante vers un refrain aux paroles nostalgiques qui sera répété à l’envi soutenu par une instrumentation et des chœurs fantastiques. Le refrain le plus réussi et entêtant entendu depuis longtemps.  So long you pretty thing, God save your little soul The music that you played so hard ain’t on your radio All...

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Chromatics – Kill for Love
Mai04

Chromatics – Kill for Love

« Kill for Love » des Chromatics tourne chez moi de manière plus ou moins régulière depuis de longues semaines. Il faut bien tout ce temps pour écouter attentivement les 17 titres répartis sur les 80 minutes que comportent « Kill for Love ». Un album riche qui se promène tantôt du côté de l’électro synthétique, tantôt du côté de la pop voire de la dance. Fameux mélange des genres qui tient ensemble par cette atmosphère sombre et éthérée, probablement bien amenée par la voix douce, posée et mélancolique de Ruth Ratelet (il va vraiment falloir que je me remette à écouter de la musique de mecs, tiens). Et franchement, ça donne bien. L’album de Chromatics renferme quelques belles perles. « Into the Black », reprise toute sobre du « Hey Hey, My My (Into the Black) » de Neil Young en guise d’apéritif met bien en place pour les petites pépites pop entêtantes et envoûtantes que sont « Back from the Grave » ou « Kill for Love ». Plus intimiste, on retiendra particulièrement « Birds of Paradise » (cette voix et ce piano, aaaaaargh) mais surtout « Candy », petite tuerie qui s’écoute à fond pour bien ressentir la basse qui prend au ventre. À côté de cela, on retrouve de longues plages bien éloignées d’un quelconque format FM. Comme ce « These Streets Will Never Look The Same », sorte de morceau électronique à la voix synthétique, un truc bien foutu pour faire bouger du cul. On retrouve aussi des passages instrumentaux agréables à l’image de ce « Dust to Dust » tout frais, tout agréable. Mais il fallait s’y attendre ; pour remplir ces 80 minutes, Chromatics a dû jouer les prolongations à certains moments. Je zappe systématiquement « Broken Mirrors » qui me tape rapidement sur le système. Ou ce « Running from the Sun » qui s’emporte on ne sait pas trop où. Bref, sans que ce soit un incontournable, « Kill for Love » est globalement bien torché et s’écoute tout seul. Vu qu’il y a à boire et à manger là-dessus, tout le monde devrait y trouver son petit bonheur. Et personnellement, avec deux-trois bières dans le gosier, ce sera avec plaisir que j’irai les applaudir du côté de Barcelone à la fin de ce mois. « Candy »:...

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Yellow Dogs – Upper Class Complexity
Avr21

Yellow Dogs – Upper Class Complexity

Commençons par effectuer les présentations. The Yellow Dogs est un groupe d’origine iranienne (Téhéran) ayant trouvé refuge (politique) aux Etats-Unis, et plus particulièrement à New-York, dans le quartier très prisé du monde musical indie, à savoir Brooklyn. Leur apparition sur la scène internationale remonte au film Les Chats Persans (No One Knows About Persian Cats) où on y voit le groupe répéter. Autant dire qu’il s’agit là, avec Take It Easy Hospital ou Hypernova, de musiciens pour le moins attachants car pour arriver à pratiquer leur hobby, ils ont dû quitter leur pays d’origine, abandonner leurs proches et perdre leurs racines. Avec ce deuxième EP de 4 titres, The Yellow Dogs nous enflamme les oreilles avec une musique qualifiée de garage-punk. Bien au delà de cette étiquette, on entend un groupe qui s’amuse en jouant et même si le timbre de voix du chanteur n’est pas facilement accessible, on se réjouit de la fraîcheur des morceaux This City et Until The Night Was Done. « Upper Class Complexity » n’est actuellement disponible qu’aux abonnés de la plate-forme indépendante eMusic mais sera disponible dès le 08 mai prochain sur support physique et sur toutes les autres plates-formes légales de téléchargement. Tracklisting : 1. Bruce – 2. Molly – 3. Until The Night Was Done – 4. This...

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The Shins – Port Of Morrow
Mar30

The Shins – Port Of Morrow

Cinq ans, une éternité, après leur dernier album et neuf ans après leur chef d’œuvre « Chutes Too Narrow », les Shins sont enfin de retour avec un nouvel album. L’équipe a été remodelée de fond en comble tant et si bien qu’il ne reste plus que James Mercer du line up originel qui en tant que leader de l’affaire ne voit aucun problème à se passer des anciens membres s’il le souhaite. Chaque fan appréciera à sa façon… Ca commence par un bon morceau pop mid-tempo. Le genre qui sent le printemps et qui brille parce qu’il ne démarre jamais complètement. On sent que tout est bien en place sauf que le son a perdu de sa splendeur lo-fi et se rapproche d’un rendu mainstream plus consensuel. La reverb sur la batterie est du genre « y en a un peu plus,  je vous le mets ? » et conduit tout droit à la case écœurement au fil des écoutes. Doit-on y voir  les restes de sa collaboration avec Danger Mouse dans leur projet Broken Bells de l’an dernier ? Ou la conséquence du changement de line-up ? Voire la cause ?  On n’en sait rien mais on sent déjà que la faiblesse de l’album sera ce son trop large que pour être honnête. Mais ce sera la seule faiblesse de taille. Car pour le reste, on retrouve tout ce qu’on a toujours aimé chez James Mercer. Son évidence d’écriture exceptionnelle et sa voix superbe en premiers lieux. Mais il y aussi la richesse de ses compositions à tiroirs où les changements de rythme s’entrecroisent si finement. Une belle variété est proposée au sein des morceaux, entre pop songs tubesques, ballades enjouées ou introspectives. Voire mélancoliques mais en se gardant de plomber l’ambiance. Un album à l’image de la plage titulaire en guise de morceau de clôture : une superbe pépite pop mielleuse à souhait mais un rien trop putassière....

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Frankie Rose – Interstellar
Mar30

Frankie Rose – Interstellar

Vous avez aimé/vous aimez les Vivian Girls, les Dum Dum Girls ou les Crystal Stilts ? Ne bougez pas, Frankie Rose est faite pour vous. Parce que oui, la fifille a pas mal joué avec eux. Et donc son deuxième album solo reflète assez bien ces influences. Mais il ne s’agit pas d’une copie conforme des trois groupes précités. Frankie Rose a le don de pondre des petits bijoux pop dans son style bien à elle. Comme ce « Know Me » avec son refrain qui me reste en tête depuis la première écoute. Ou ces fabuleuses harmonies de « Gospel / Grace ». Ou ce rythme bien plus élevé et cette voix plus haute qu’elle nous propose sur « Night Swim ». Impossible de ne pas avoir envie de bouger la tête / taper des pieds / chanter (barrer les éventuelles mentions inutiles). Et puis, comment passer à côté de l’ouverture de l’album ? Une ouverture calme où se côtoient nappe de clavier, voix qui vient d’on-ne-sait-pas-trop-où et guitares déchaînées par la suite. Ou comment ne pas parler du très joli moment de douceur qu’est « Pair of Wings » ? À nouveau, hein: harmonies captivantes, mélodie planante, instru discrète mais terriblement efficace. Un morceau qui ne présente a priori rien d’extraordinaire, un titre comme il y en a des millions depuis l’invention de la musique. Mais qui présente ce petit quelque chose qui me file la chair de poule dès que je l’écoute. Alors je lui donne une mention particulière, rien que ça ! Par contre, je dois bien admettre qu’Interstellar a un côté répétitif parfois lassant. Mais je n’en tiendrai pas trop rigueur à Frankie Rose, parce que dans l’ensemble, l’album est juste « gorgeous »: d’une part, l’omniprésence de synthé bien à la mode mais surtout bien balancé dans ce cas-ci (ça fait parfois même penser à M83), d’autre part ces voix féminines qui viennent d’on-ne-sait-pas-trop-où, ces harmonies vocales entêtantes… Vous commencez à connaître ce que j’aime, hein. Comme les Dum Dum Girls et les Crystal Stilts, Frankie Rose est également signée chez Slumberland (Veronica Falls, Girls Name, Sic Alps, The Pains of Being Pure at Heart, notamment). Une maison qu’on commence tout doucement à bien apprécier,...

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Sharon Van Etten – Tramp
Fév18

Sharon Van Etten – Tramp

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Sharon Van Etten a les capacités de s’entourer des bonnes personnes. Depuis quelques temps déjà, elle excelle dans l’art de faire copain-copain avec d’autres noms du monde indie: on l’a entendue pousser la chansonnette avec The Antlers sur « Thirteen ». Son titre « Love More » a été repris par Bon Iver. Elle fait aussi partie des choeurs de « Think You Can Wait » des The National, desquels l’Américaine a fait pas mal de premières parties. C’est probablement cette dernière référence qui semble la plus flagrante dans « Tramp ». Il faut dire aussi que l’album de Sharon Van Etten a été produit et enregistré par Aaron Dessner (The National) en personne. Et ça s’entend: allez jeter une oreille aux roulements de batterie sur l’excellent single « Serpents » pour vous en convaincre (« Serpents », d’ailleurs, sur lequel l’autre frère Dessner est venu y ajouter sa patte). Parmi les autres (nombreuses) collaborations présentes sur « Tramp », on relèvera notamment celle de Zach Condon (Beirut) venu apporter sa voix si caractéristique sur « We Are Fine ». Le batteur des Walkmen passe aussi par là. Bref, quand on vous dit qu’elle sait s’entourer des bonnes personnes … « Tramp » est donc le troisième album de l’Américaine. Mais le premier à être sorti sur l’excellent label Jagjaguwar (Bon Iver, Black Mountain, etc.). Au vu des influences et collaborations, on attendait donc quelque chose de fort. Et on n’est pas déçu ! « Tramp » se révèle être un album indie-folk relativement sombre mais ultra bien produit. Classe et intense. La voix de Sharon Van Etten fait parfois penser à celle de la « fameuse » Lana Del Rey (relativement saisissant sur la première phrase de « Serpents »). Mais la ressemblance s’arrête, heureusement, là. Parce que celle de Sharon Van Etten est assurée, battante, pleine de vie tout et étant délicate… mais sans se la jouer pathétique. C’est propre, sobre, bien foutu et ça s’écoute tout seul malgré quelques petites longueurs. Un album vraiment incontournable de ce début d’année 2012. Je ne sais pas vous, mais moi, je sens la hype...

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