BRNS – Wounded
Juil08

BRNS – Wounded

C’est assez rare pour qu’on le souligne, mais on tient (enfin !) un chouette truc belge: « BRNS », que tu dois prononcer « Brains » pour ne pas avoir l’air d’un crétin quand tu rencontres tes amis hipsters. Ils viennent tout droit de Bruxelles et ne devront probablement pas se farcir toutes les fêtes de villages pour gagner en notoriété. Et c’est tant mieux ! BRNS n’a rien à envier aux plus grands. Leur EP « Wounded » s’écoute sur le Bandcamp du groupe est sorti il y a quelques semaines et a fière allure. Dès les premières écoutes, on se retrouve en terrain connu, quelque part entre du Foals des grands jours (ces petits riffs rapides à la guitare), du Animal Collective, du TV on the Radio, voire même des nappes d’orgue et certains voix rauques à la Wu Lyf, même si on préfère laisser BRNS bien loin de la hype. « Wounded » se distinge comme un petit bijou indie, mélange pop et post-rock. On s’emballe évidemment par l’entêtant « Mexico » qui accrochera tout le monde, parce que c’est un putain de chouette morceau. Et comme vous avez bien aimé, on vous recommande d’écouter le reste de l’EP (enfin, EP… 7 titres quand même !). Prêtez donc une oreille attentive à « Here Dead He Lies » ou à « Clairvoyant », la plage d’ouverture. Je vous laisse, j’ai encore envie de l’écouter une fois ou deux avant d’aller les applaudir à Dour fin de semaine....

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Japandroids – Celebration Rock

Le duo guitare/batterie canadien s’était fait connaître en 2009 avec l’excellent Post-Nothing. Bombe garage rock qui évoquait le rock alternatif des Smashing Pumpkins, la rage des Stooges et autres joyeusetés rock’n roll. Ils nous reviennent avec Celebration Rock et confirment haut-la-main tout le bien que l’on pensait d’eux. Cet album est un nouveau brûlot, on reste dans le même format et le même son que sur Post-Nothing avec juste un brin de folie et de légèreté en plus. Comme l’évoque le titre de l’album et les feux d’artifice qui l’ouvrent et le ferment, l’humeur est moins plombée. Ils rappellent No Age, autre excellent duo guitare/batterie contemporain capable de nous pondre des morceaux aussi noisy qu’accrocheurs. Mais là où No Age nous noie parfois dans une nappe shoegaze, ils s’orientent eux vers des constructions plus directes, saccadées, avec changements de rythme et refrains entêtants. Niveaux références contemporaines, on pense aussi à l’énergie des Thermals ou de Wavves. Et enfin, avec « For The Love Of Ivy » qui est un quasi copié/collé du « Vamos » des Pixies, on se dit que toute similitude avec la bande à Frank ne serait pas une coïncidence fortuite. Alors que les premières écoutes révèlent des morceaux puissants et accrocheurs qui vous donneront l’envie de beugler à tue-tête en sifflant des bières entre potes, les écoutes suivantes révèlent une subtilité là où l’on ne s’y attendait pas vraiment. Des paroles aussi cyniques que réussies sur l’apologie de la défonce, l’hypocrisie des relations humaines ou la nostalgie de belles années d’insouciance, des passages noisy presque hypnotiques et un savant mélange entre retenue et laisser-aller. Au final, ce Celebration Rock est un album solide aux qualités aussi nombreuses qu’indéniables. Et comment résister à « Younger Us » et son superbe:  “Gimme that night you were already in bed  Said fuck it got up to drink with me instead”  ? A boire !! The Nights Of Wine And Roses by Japandroids on Grooveshark The House That Heaven Built by Japandroids on...

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Primavera Sound 2012 @ Barcelone
Juin05

Primavera Sound 2012 @ Barcelone

Comme chaque année, Barcelone accueillait la semaine dernière la crème de la crème de la musique indie-pop-rock-électro. Un condensé de ce qu’on a plutôt bien aimé durant l’année écoulée (et le reste…), et ça tombe bien ! On enfoncerait bien le clou juste pour le plaisir: le Primavera Sound, c’est l’événement incontournable pour tous les amoureux de musique et de fiesta que nous sommes. Une programmation en béton, un son parfait malgré que tout soit en plein air, du soleil, de la mer, un site bien foutu (à part peut-être la trop proche proximité entre les scènes Pitchfork et Vice, toutes les deux à front de mer), on ne fait jamais la file comme quand tu passes de la Main Stage à la Marquee au Pukkelpop, un public connaisseur et pas de jeunes pré-ados chiants, de la bouffe de festival vraiment correcte, etc. Le pied, quoi. Seul point noir, comme l’année passée : le bar. En 2012, adieu la carte qui avait tant fait parler d’elle, bienvenue au cash. Belle idée. Sauf que derrière le bar, ces messieurs dames n’ont toujours pas compris comment on s’y prend pour servir des bières de manière efficace : ils font mille aller-retours, se marchent dessus et perdent beaucoup de temps. Et ils annoncent sur les tarifs des 33cl qui, en réalité, ne font que 25cl. Le prix de 3€, lui, reste par contre inchangé. Gabi (Mr. Primavera) m’a promis via Twitter qu’il allait checker… On attend toujours… Mais là n’est pas le principal, évidemment. Le reste est grand. Très grand. Day 0 : Arc de Triomphe Avant même que le «vrai» festival ne commence sur le-dit «Parc del Forùm», l’organisation avait prévu un petit apéritif : un concert gratuit dans le centre-ville sur l’esplanade de l’Arc de Triomphe. Sous un soleil de plomb et au beau milieu des palmiers, on a pu assister aux prestations des Wedding Presents, des Walkmen venus présenter «Heaven», leur nouvel album et, finalement, des Black Lips, visiblement bons copains du Primavera. Pour la musique en elle-même, pas évident de vous faire une review en bonne et due forme: comme tout concert gratuit, le public n’en avait que foutre de ce qui se passait devant. Ca causait tout le temps (vous pouvez en juger sur les vidéos ci-dessous), on était loin. Et puis on devait se remettre de nos émotions (Ryanair : never again !) et s’acclimater aux boissons locales. Bref, on se souviendra s’être un peu emmerdés pendant les Wedding Present, avoir crié sur «The Rat», avoir tapé du pied pendant tout le set des Black Lips, mais c’est à peu près tout. Cela dit, pour un...

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Sharon Van Etten @ AB

En franchissant la porte de l’Ancienne Belgique à Bruxelles, on le savait qu’on passerait une bonne soirée. Parce qu’une fois encore, c’était dans le « Club » qu’on a été. Cette petite salle, avec son bar, son acoustique parfaite et ces ingés son qui connaissent plutôt bien leur boulot. Des régionaux de l’étape, Mad About Mountains, assurait la première partie. Du folk chiant. Du Neil Young de chez Lidl, du Bon Iver de chez Aldi. De la musique de neurasthénique à tendance suicidaire. D’ailleurs, ma Maman a dit que c’était naze. Et comme c’est ma Maman chérie, elle a raison, quoi qu’il arrive. Vous voilà prévenus (oui, j’ai été à l’AB avec ma Maman, ça vous dérange ?!). Voilà, vous venez de moquer. Que foutre ! C’est vrai que sur le coup, en terme de public, on se serait un peu cru à un concert au bénéfice du Télévie: il y avait des gens d’âge mûr, des jeunes hipsters (mais pas trop, quand même), des jeunes chics qui ne vont jamais à des concerts et des enfants. Si, si, devant moi, y’avait même une fille de moins de 10 ans qui prenait des tas de photos avec l’iPhone de son papa. Trop meugnon ! (et courage pour supprimer les photos…) Et puis tout d’un coup, Sharon Van Etten débarque avec sa bande. Et le côté très parfait de l’album « Tramp » qu’elle venait présenter se retrouve indéniablement en live: c’est excellent. Pas de fausse note. Une batterie percutante et ultra précise. Le backing vocals de sa (jolie) amie multi-instrumentiste ressort encore plus que sur l’album. Et on jouit. Tout sourire, Sharon Van Etten est heureuse d’être là et communique régulièrement avec le public qui apprécie à crever les petites vannes de l’Américaine pendant qu’ils accordent leurs instruments (sans déc’, une guitare se désaccorde vraiment en une chanson ?). Voilà, je suis amoureux et je la trouve même hyper jolie, tiens. Les pépites de « Tramp » fonctionnent évidemment aussi bien en live: « All I Can », « Give Out » et « Serpents » sont, pour moi, de véritables tubes. Mais c’était sans compter sur des titres plus anciens (« Don’t do it », par exemple) qui font également vachement bien leur boulot. Et là, on en a pour notre argent (même si c’était pas bien cher). Cependant -et on s’y attendait-, comme sur l’album, certains morceaux sont relativement insipides. Et on a l’impression que ça tourne en rond, que ça n’en finit pas et que la bière d’après concert n’arrivera jamais. Surtout quand on joue les prolongations limite shoegaze. Non, Sharon, ce n’est pas dans le folk qu’on fait ça, hein ! Cela dit, je ne lui en tiendrai pas rigueur. J’ai passé...

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Cloud Nothings @ La Chocolaterie

Cloud Nothings était de passage à La Chocolaterie de Molenbeek hier soir avec leur excellent « Attack On Memory » sous le bras. C’était l’occasion de voir si l’ampleur que le groupe a pris sur album se vérifie également sur scène. Leur passage au Bota l’an dernier en ouverture de Yuck nous ayant laissé quelque peu sur notre faim. C’était mieux. Beaucoup mieux même. C’était mieux parce que le groupe a évidemment des putains de morceaux à défendre ce qui était moins le cas il y a un an. Mieux parce qu’ils se bonifient aussi, on les sent bien à l’aise pour envoyer la sauce et faire exploser les tympans. Ils se cherchaient et ont maintenant clairement trouvé leur style. En un mot, c’est efficace. On appréciera également leur volonté de vouloir rallonger certains morceaux et de les détricoter pour encore mieux balancer, tous ensemble, la puissance instrumentale qui s’en dégage. On regrettera quand même les 15 minutes de jam sur Wasted Days. Rallonger un morceau indéfiniment pour imposer une transe collective c’est quelque chose que sait faire parfaitement Deerhunter par exemple. Pas Cloud Nothings. Ou du moins pas encore. L’autre bémol sera le son de la batterie, pas le jeu qui était irréprochable, mais bien le son qui souffre de la comparaison avec celui, génial, que Steve Albini a su imposer sur l’album. Quelques imperfections donc mais à l’allure à laquelle ils s’améliorent, on pourra crâner dans quelques années quand on dira qu’on les a vu dans une cave à la capacité de 100 personnes. Mention spéciale à nouveau pour l’équipe du VK qui sait y faire en matière d’organiser des concerts dans une ambiance détendue. On a passé une bonne soirée bien rock and roll.   La playslist (on regrettera certains très bons morceaux de l’EP Turning On): Stay Useless Fall In Separation Cut You Wasted Days No Sentiment Our Plans No Future/No Past ———————————- Can’t Stay Awake (pas certain) Sais pas...

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Spiritualized – Sweet Heart Sweet Light
Mai07

Spiritualized – Sweet Heart Sweet Light

« Spiritualized is used to treat the heart and soul » Le sort étant ce qu’il est, il aura fallu quatre ans à Jason Pierce pour vaincre à nouveau une maladie et nous revenir après l’excellent « Songs In A&E », son dernier album déjà marqué par la maladie, « A&E » signifiant les urgences. Jouons cartes sur table, au vu de la discographie impeccable de Spiritualized, cet album est un des plus attendus de l’année me concernant (tout comme pour beaucoup d’autres). Après la minute d’intro symphonique tout en violons et pianos, on rentre dans le vif du sujet avec les guitares d’Hey Jane rapidement accompagnées des chœurs gospels comme à l’habitude chez Spiritualized. Le morceau est une réussite parfaite, ça « roll » véritablement pendant quasi 9 minutes. On passe par tous les sentiments à la découverte de cette Jane et les thèmes principaux de l’album sont déjà bien présents : la vie, les déchirures, les erreurs, les croyances, la mort, et bien sûr, le rock and roll. Some say you got a rotten soul But I say Janey loves rock and roll Je me suis rendu compte qu’il était rare que j’accorde autant d’importance à l’écoute des paroles sur un album. Mais ces morceaux sont de véritables histoires sur ce que la vie nous réserve. Et si cet album est un grand album pop mâtiné de soul, de gospel et de blues, on sent une fois de plus que l’homme derrière tout ça est avant tout un rockeur dans l’âme, écorché par une vie qui ne l’a pas épargné. Sometimes I wish that I was dead Cause only the livings can feel the pain Inévitablement, de par la force dramatique des thèmes évoqués, quand on n’accroche pas complètement à un morceau, on a par moments l’impression d’être dans un film crève-cœur de Clint Eastwood. Et là ça sent l’excès de bons sentiments. Mais cette impression passagère est inévitable, ce n’est finalement que la conséquence de ce qui rend cet album si poignant par moments. Cette impression sera bien balancée par plusieurs morceaux plus complexes et noisy qui renouent avec l’ambiance du génial « Ladies And Gentleman We’re Floating In Space » et qui apportent du corps à l’ensemble. Les amateurs de grands hymnes pop épiques ne seront pas en reste avec « So Long You Pretty Things » en guise de clôture. Une montée émouvante vers un refrain aux paroles nostalgiques qui sera répété à l’envi soutenu par une instrumentation et des chœurs fantastiques. Le refrain le plus réussi et entêtant entendu depuis longtemps.  So long you pretty thing, God save your little soul The music that you played so hard ain’t on your radio All...

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