The Antlers @ Le Botanique
Nov24

The Antlers @ Le Botanique

« Voilà pourquoi je vais encore voir des concerts ». C’était, je crois, en gros ce que j’ai du dire à la sortie de l’Orangerie du Bota ce mardi soir. Franchement, ça fait du bien de voir des mecs littéralement interpréter leurs titres. Et pas se contenter de nous rebalancer un album qu’on aurait très bien pu écouter chez nous. Pourtant, les chipotages-bidouillages électroniques psychédéliques de l’intro de Parentheses font peur. Mais une fois les boutons tournés dans le bon sens par l’ingé son, la purée se fait bien plus délicate. Et là, boum, d’un coup, c’est la voix de Peter Silberman qui domine. Cette voix si particulière mais Ô combien prenante: tantôt hyper haut perchée pendant de longues secondes, tantôt bien plus délicate, sa voix reste toujours juste. Et quand elle se mélange aux autres voix (tout aussi justes) de ses copains, ça en impose. Tout simplement. Derrière ces voix, le reste est étrangement simple: une batterie percutée avec hargne et précision, des claviers-qui-font-aussi-des-bruits-bizarres mais qui structurent le tout et deux guitares (mais où est passée la basse, d’ailleurs ?). Mais ici encore, simplicité rime avec efficacité. Entre passages psychédéliques limite shoegaze et ballades entraînantes, la perfection est totale. Peut-être trop totale, aux oreilles de certains. L’Orangerie bourrée à craquer ferme les yeux et profite. Bon, évidemment, on comprend vite le manège des Antlers. Et au fil des titres, on se rend compte de la structure récurrente des chansons: intro planante trip-hop, refrain avec la voix tout en hauteur, des wouwou-wooohwoooh en abondance et une fin en soupe rock bien barrée. Mais le perfectionnisme de l’interprétation a, pour ma part, effacé ce manque d’aspérités. Et puis avouons-le, tant Burst Apart qu’Hospice renferment de splendides pépites qui n’ont pas été mises de côté (voir setlist ci-dessous): entre des délicats et sombres Kettering ou Corsicana, les ballades Every night my teeth are falling out, les accrocheurs I don’t want love ou les Sylvia et Epilogue en guise de dessert, il ne manquait que Two pour couronner le tout. Non, décidément, on comprend pourquoi le site du Bota affichait un « complet » depuis de longues semaines à côté du nom « The Antlers »....

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Twerps – Twerps

Le hasard ayant bien fait les choses, j’ai découvert Twerps juste après avoir écrit ces mots gentils à propos du dernier Real Estate. Et chez les Twerps, il y du Real Estate en puissance. Même goût pour les mélodies épurées, même aptitude à pondre de bons morceaux avec des lignes de guitares simples. Mais on s’arrêtera là pour le jeu des 7 erreurs. L’album en question est nettement plus varié, les jeunes Australiens s’octroyant un espace de jeu nettement plus large. En effet, si Dreamin (un des meilleurs singles de l’année) aurait pu se trouver sur Days, plein d’autres références peuvent être citées. « Who Are You » rappelle les Wrens, version sans le courant. « Coast To Coast » fleure le bon Avi Buffalo. « This Guy » avec son côté garage et sa voix féminine collerait parfaitement sur le dernier Vivian Girls. « Don’t be surprised » propose changements de rythme et distorsions dignes des premiers Pinback. Alors que « Bring Me Down » et sa dualité voix rêche / guitare folk est de la trempe des meilleures pépites de Micah P Hinson. Vous aurez compris que les idées fusent par ici. Ils se cherchent encore mais ce premier album est du genre de ceux auxquels on s’attache. Où aspérités et imperfections rendent la chose plus sympathique que repoussante. Et si vous êtes fans du dernier Real Esate, sachez qu’eux sont fans du premier Twerps....

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Girls & Stephen Malkmus @ Trix

Petite virée anversoise pour une bien sympathique petite soirée. Et c’est dans la « Zaal » qu’on l’a commencée, pour le concert de Stephen Malkmus & The Jicks. L’occasion pour le frontman de Pavement de présenter l’album « Mirror Traffic » au public. Un album relativement inégal mais agréable dans l’ensemble. C’est d’ailleurs ce sentiment d’inégalité agréable qui se dégage du concert. Des Pavement-like (Share the red) aux moins emballantes (Asking Price) en passant par des sonorités plus pop bien balancées et ultra percutantes (Senator ou Tigers). Les anciens titres ne sont pas oubliés, comme le très chouette Jenny & The Ess-Dog (la seule que je connaissais, je dois bien l’avouer…). Mais à voir la frimousse (jolie) de la bassiste ou la frimousse (ridicule) du batteur moustachu, ça ne doit pas être évident tous les jours de jouer avec Stephen Malkmus. Complètement plombé, l’homme de 45 ans marmonne beaucoup entre les chansons. Tantôt, il tente de se souvenir d’un précédent passage à Anvers: « OK, c’était le Crossing Borders… mais c’était pas mal pour un festival hollandais ». Tantôt, il s’essaie au français: « Vous êtes dactylo ? Dessinateur ? », lance-t-il. Et de poursuivre avec un simple: « Peugeot ! » avant de continuer à gifler son micro sous l’hilarité quasi générale d’un public relativement mûr. Quoi qu’il en soit, un concert de Stephen Malkmus reste un grand moment. Et j’étais bien content d’y être. Mais il a fallu s’enfuir juste avant les rappels, monter d’un étage vers le « Club » pour assister au show de Girls. Vous vous souvenez probablement de la critique fort positive que j’avais posté ici même du dernier album « Father, Son, Holy Ghost ». Ne nous emballons cependant pas de trop. Même si Christopher Owens, ce sosie de Kurt Cobain version bûcheron au regard de Pete Doherty reste extrêmement talentueux, le côté très glam-pop du dernier album prend le dessus et peut rapidement sembler fatiguant. C’est vrai, le set est relativement constant. Les Girls nous jouent leur affaire comme sur l’album, mais sans les choeurs. Des choeurs qui semblent parfois remplacés par l’orgue qui se fait davantage entendre qu’en version studio. C’est calme, plaisant et (très) maîtrisé. Mais il manque cruellement d’aspérités. Il faudra attendre Lust for life du premier album pour se réveiller un peu. Ou Laura, dans les rappels. Mais n’exagérons rien, on a pris beaucoup de plaisir sur les excellents morceaux du dernier album. Des titres comme My Ma’, Alex ou Vomit tiennent aussi bien la route en live que sur disque. La voix délicate de Chris Owens, le jeu ultra maîtrisé de Chet JR White… ça vous fout des frissons. Par contre, message au bassiste: désolé vieux, mais le bonnet de marin roulé sur ta...

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Cloud Nothings In Utero

Si ça c’est pas du teasing ! A l’écoute de ce « No Future/No Past », bombe qui nous replonge au coeur des années grunge, on se dit que les chances sont grandes pour que le souhait de cette chronique se réalise : « que le temps jouera en sa faveur également ». Ou comment passer d’un album pop/punk sautillant et finalement vite oublié à du post/rock lo-fi et heavy qui à l’air d’avoir bien de la gueule ! Attack On Memory sortira en février. Steve Albini est à la production. Les fans de Shellac devraient adorer. Cloud Nothings – No Future / No Past by Wichita Recordings...

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Clap Your Hands Say Yeah! – Hysterical

Comment parler de Clap Your Hands Say Yeah! sans évoquer leurs débuts ? On s’en souvient avec nostalgie. C’était en 2005. Quelques groupes tentaient alors de trouver des moyens alternatifs pour s’auto-produire et surtout, se faire connaître du grand public. Internet était l’outil tout trouvé. Et c’est là, sur MySpace, qu’on avait découvert un groupe avec un nom un peu con. Mais c’est surtout là qu’on allait découvrir un groupe aux sonorités inhabituelles. Une voix nasillarde particulière, une batterie sans limites et des envolées prenantes. Et de là était sorti un album aux chansons impossibles à chanter. Mais un album qui avait marqué les esprits cette année. Bref, un coup de pied dans la fourmilière indie rock à l’époque. Deux ans plus tard, Clap Your Hands Say Yeah! se lance dans l’expérience difficile du second album. Avec « Some Loud Thunder », il faut bien avouer que les Américains ne se vautrent pas trop. Mais malgré quelques belles perles, la hype du début ne fonctionne plus. Le groupe décide de faire un break. Une pause qui durera quatre ans. Après deux paragraphes, il est temps d’arrêter de parler du passé et de se pencher sur « Hysterical ». Un album sorti dans une indifférence quasi totale. « Hysterical » s’ouvre en fanfare avec un « Same Mistake » au tempo qui rappelle le bon vieux temps. Et on continue dans le même registre avec le burné « Hysterical » bourré de guitares dans tous les sens avant de se calmer avec le gentil « Misspent Youth » qui tient étonnamment la route. La voix d’Alec Ounsworth, les mélodies de drogués, les envolées au synthé et cette batterie folle sont toujours au rendez-vous. Après ces trois premiers excellents titres, je crois au miracle. Mais mon enthousiasme retombe directement. Dès le quatrième morceau, je me suis perdu. Ou plutôt, ils m’ont perdu. Ce qui commençait bien m’emmerde après quelques minutes. Il y a certes quelques passages intéressants, mais parfois un peu noyés au milieu d’un album trop conventionnel pour un groupe dont on connaît les capacités. « Hysterical » est loin d’être mauvais, probablement l’album le plus accessible et le plus pop de leur discographie. Mais il manque quelque chose. Probablement cet effet de surprise que m’avait sauté à la tronche il y a quelques années. A vrai dire, j’aurais probablement adoré cet album si je n’avais pas pu le comparer avec leurs deux premiers chefs-d’oeuvres. Mais ce n’est, hélas, pas le cas. « Same Mistake » : Comme je suis bon comme le pain, je vous emmène dans ma nostalgie avec « Is This Love ? », « The Skin of my Yellow Country Teeth » et « In This Home On Ice » issus de leur premier album...

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The Drums – Portamento

The Drums nous a complètement bluffé avec leur premier EP sorti en 2009 propulsé par le tube intersidéral Let’s Go Surfing. Ceux qui connaissent ce Summertime! EP savent qu’il a apporté bien plus que ce single et qu’il restera comme une des découvertes majeures de 2009, un coup de pied dans la fourmilière glam pop qui faisait un bien fou à l’époque, la blogosphère n’a d’ailleurs plus jamais été aussi agitée depuis (allez, WU LYF, peut-être). L’ « Album » qui suivit apportait encore quelques pièces imparables (Best Friend, Forever and Ever Amen) sans parvenir pour autant à transformer l’essai de l’EP. Le soufflé était retombé très vite mais vu le niveau de l’EP, je ne pouvais les classer définitivement dans la catégorie « has been ». Il y avait encore quelque part un espoir. Et ce Portamento le confirme en ravivant la flamme. Sonnant définitivement plus anglais que n’importe quel groupe anglais, les new-yorkais nous surprennent là où n’y croyait plus en prouvant que le songwriting est bel et bien leur force. Oui, ils continuent inlassablement à pomper les références eighties post punk et celles nineties britpop. Et non, ils n’auront jamais le charisme d’un Morrissey ou le talent d’un Ian Curtis mais ils sont probablement les seuls aujourd’hui à les calquer avec autant de confiance en eux. Et c’est cette assurance qui donne du crédit à ce Portamento. La course aux tubes semble terminée, juste une série de bons morceaux simples dont on chantonne les paroles niaises avec insouciance (I want to buy you something / But I don’t have any money). Et perdu dans cette série de pops songs plutôt up tempo, on croisera deux morceaux introspectifs, « Searching For Heaven » et le superbe « In The Cold ». Pour le coup, c’est chez OK Computer qu’ils vont se servir. Une surprise dont on ne se lassera pas de sitôt et un groupe à définitivement surveiller de près, histoire d’être le premier à ressortir les Dr. Marteens le moment venu. Money : In The Cold (leur plus belle chanson depuis la superbe Baby That’s Not The Point qui méritait mieux qu’un statut de pauvre...

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