Top Albums 2011
Déc30

Top Albums 2011

Goldsoundz n’a pas encore un an qu’il est déjà temps de jeter un œil dans le rétroviseur. Vos deux serviteurs se sont pliés au traditionnel exercice de fin d’année : essayer tant que faire se peut de classer les albums de l’année écoulée par ordre de préférence. Exercice ô combien périlleux de par la subjectivité de l’affaire, l’irrationalité de la chose et l’instabilité de l’ordre établi au fil des semaines, des jours, des heures, des minutes. Que soit. Nous l’avons fait. Chacun de notre côté. Consciencieusement. Dans le secret de l’isoloir. Après quoi, nous avons fusionné les deux classements pour ne vous en proposer qu’un seul reflétant au mieux ce que Goldsoundz aime. Cette fusion n’a pas été sans peine, un algorithme improbable sorti des plus grands bureaux d’étude nous a été proposé et voici, pour vous, le fruit de notre travail. Il ponctue une première année goldsoundzienne où nous avons le sentiment du travail accompli : un layout bien plus sympa qu’un blog à deux balles, de l’image, du son et plus de 50 chroniques. Voilà qui est prometteur pour la suite. Le top 20 albums de 2011 20. Bright Eyes – The People’s Key The People’s Key n’est pas le plus grand album de Bright Eyes. Mais Bright Eyes n’est pas le premier venu et même si cet album est très (trop?) pop/rock et pas assez aventureux, il nous aura quand même plu pour son ensemble cohérent, inspiré et spontané. 19. Other Lives – Tamer Animals Un album découvert bien trop tard que pour le faire grimper plus haut dans ce top. Mais ça aurait pu: Tamer Animals, un ensemble grandiose. Un côté Fleet Foxes dans les harmonies vocales, avec des choeurs, des cordes, des pianos. Des ambiances de films. De la folk bien classe, soyeuse, intime tout en restant bien sobre. Un tout grand album. 18. Mikal Cronin – Mikal Cronin Musicalement, on pourrait dire qu’il s’agit du petit frère de Ty Segall avec qui il partage beaucoup de choses (au propre comme au figuré). Sur son premier album solo, il propose une pop un brin garage et un brin psychédélique qui ravira tous les amateurs de pop sixties. 17. Twerps – Twerps Ce jeune groupe australien propose sur ce premier album une pop lo-fi mélodique, très variée, riche et simple à la fois. Le côté brouillon de la chose apporte une fraîcheur à cet album attachant qui fut une des belles surprises de l’année. Affaire à suivre de très près. 16. M83 – Hurry Up, We’re Dreaming L’impression d’aimer un album d’ados. De l’électro-pop percutante, des pauses inquiétantes, un voix entêtante et un retour réussi au beau milieu des années ’80. Un plaisir légèrement coupable...

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Other Lives – Tamer Animals
Déc28

Other Lives – Tamer Animals

Tamer Animals, une très belle découverte de 2011, bien que trop tardive. Un album aux harmonies vocales qui rappellent furieusement Fleet Foxes. Aux arrangements plus pop à la croisée entre Grizzly Bear et / ou Midlake. Le tout donne un ensemble majestueux sans toutefois tomber dans des travers pompeux malgré la forte présence de cordes. Ce second album d’Other Lives nous plonge dans une sorte de bande originale. Dans des ambiances de westerns à la Ennio Morricone comme dans Old Statues, les voix en plus. Dans des ambiances plus moyenâgeuses, comme dans l’excellent As I Lay My Head Down. Mais aussi dans des épopées bien plus lointaines, à l’image de For 12, le titre qu’on choisirait s’il ne fallait en garder qu’un seul. Un mélange extrêmement bien dosé d’harmonies, de choeurs, de cordes, de piano, de guitare acoustique. Sobre. Intime. Prenant. Et la formule semble prendre: Other Lives assure plusieurs premières parties de Radiohead. Rien de moins. Le duo d’Oklahoma nous livre là un bien joli disque folk, voire americana. Un truc tellement bien balancé et tellement profond que ça en devient grandiose même si, parfois, un peu plus de piquant n’aurait pas été désagréable....

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Mikal Cronin – Mikal Cronin
Déc25

Mikal Cronin – Mikal Cronin

Super pote de Ty Segall (ici et là), avec qui il a fait l‘album Reverse Shark Attack en 2009, Mikal Cronin est un nom à retenir. Il serait trop réducteur de le classer dans un genre précis, « I never want to be “schtick-y” or whatever » mais les genres « garage » et « pop » sont indiscutables. Il partage beaucoup avec Ty Segall. Tout d’abord, les mêmes influences sixties qu’il revisite à sa façon. La manière de procéder ensuite : multi-instrumentistes tous les deux, ils composent et enregistrent en solo l’ensemble de leurs morceaux qui sont interprétés live par un groupe au complet. Et tout comme pour Ty Segall, le son lo-fi n’est pas dû à la merditude des choses mais est parfaitement maîtrisé et propre. Voulu pour la magie que ce type de son rend à l’écoute, le côté organique et vivant. Quant au traitement des morceaux les similitudes sont aussi légions : l’alternance guitares acoustiques/électriques, les rythmiques saccadées, le fuzz, les solos de flutes par ci, les harmonies vocales par là apportant au tout un côté foutraque attachant. Enfin, c’est surtout l’aptitude à faire des morceaux aussi simples que bons avec très peu de choses qui les caractérisent le mieux. Pour quand même les différencier, on dira que si Ty est plus rock, Mikal est plus pop. L’album contient plusieurs pépites. « It is Alright » part dans tous les sens. Crevant aux premières écoutes, on se rend vite compte qu’en plus de fonctionner, il faut un talent certain pour savoir faire évoluer un morceau de telle sorte. « Get Along », « Gone » et l’imparable « Apathy » raviront les amateurs de pop lo-fi. L’album se clôture sur le très Lennonien « The Way the Things Go » avec sa sortie complètement barrée, peut-être trop. Les (encore trop rares) amateurs de Ty Segall doivent absolument se procurer cet album de toute urgence. Tout comme les (toujours très nombreux) amateurs des Beatles. Apathy: Get...

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M83 – Hurry Up, We’re Dreaming
Déc20

M83 – Hurry Up, We’re Dreaming

M83, c’est l’histoire d’un mec. Anthony Gonzalez, un français resté coincé au beau milieu des années 80, tout en gardant un oeil averti sur le présent. Et ce mec, il te pond des tubes. Tout simplement. Des tubes électro-pop mêlant gros synthés et batteries électroniques à la Depeche Mode (bruitages dansants en tout genre compris), slap bass, rythmes soutenus et voix aérienne. Lu comme ça, ça fout les boules. Mais s’arrêter là, c’est bien dommage. A fond dans la voiture, par exemple, ça fait son petit effet. Dès l’intro joliment balancée , Hurry Up, We’re Dreaming prend aux tripes. Et c’est un sentiment de culpabilité joyeuse que me procure la suite. Comme « Midnight City », cet excellent morceau électro-pop d’adolescents qui fleure bon la FM. Les références aux eighties s’installent encore un peu plus avec « Reunion », titre qui ne ferait pas tache sur un album de Simple Minds. Un titre qui donne envie de taper du pieds et de beugler avec Anthony Gonzalez. Ca y est, je suis conquis. Hurry Up, We’re Dreaming renferme aussi des morceaux plus acoustiques. Comme ce tout joli slow qu’est « Wait » avec ces cordes et -toujours- cette voix aérienne qui fout des frissons pendant tout le refrain. Ou l’autre slow, « Splendor », tout en piano, cordes et choeurs de gosses (qu’on dirait). Des passages plus ambient viennent entrecouper le tout. Parfois instrumentaux (« Another wave from you », « Where the boats go »), parfois beaucoup plus inquiétants, à l’image de la pochette (« Raconte-moi une histoire », « Echoes of mine »). Des morceaux « ciment » construisant un tout cohérent et solide avec le reste de l’album. L’album souffre néanmoins de quelques inégalités et de certaines longueurs. Difficile, par contre, de ne pas trouver son bonheur au beau milieu des 22 plages réparties sur deux albums. Mais ça, c’est juste pour la coquetterie. Parce qu’un seul disque aurait pu contenir les 73 minutes d’Hurry Up, We’re Dreaming. Mais là n’est pas l’essentiel, évidemment. Midnight City :...

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Iceage – New Brigade
Déc12

Iceage – New Brigade

Ces très jeunes Danois savent y faire en matière de post-punk sauvage. Fort de quelques morceaux aussi jouissifs que réussis, mâtiné de noise et d’indu, ce premier album est implacable et va droit aux tripes. C’est aussi court qu’intense, l’album ne dure pas 25 minutes. Ils tapent un coup chez No Age pour les refrains entêtants (Broken Bone, White Rune), un coup chez A Place To Bury Strangers pour les guitares incisives, un coup chez Health pour le traitement barré et hyperkinétique des compos. A quoi vous ajoutez le bonheur de découvrir du sang neuf, un nouveau son, un nouveau style et vous tenez là une très bonne découverte. Je vous laisse, je dois déjà retourner la plaque et augmenter le volume. White...

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Veronica Falls – Veronica Falls
Nov29

Veronica Falls – Veronica Falls

Les quatre Ecossais basés à Londres de Veronica Falls sonnent comme des New-Yorkais et sont un groupe de plus à « taguer » (j’essaye de vivre dans mon époque, pardonnez-moi) dans les catégories revival, pop, rock et lo-fi. On ne s’étonnera donc pas qu’ils soient signés chez Captured Tracks (côte est) et Slumberland (côte ouest), deux des labels U.S. les plus au fait dans cette mouvance. Alors que 2011 est assez décevant dans le rayon pop pour les amateurs du genre, à l’image des très poussifs deuxièmes essais des Pains Of Being Pure at Heart ou des Dum Dum Girls, le salut viendra-t-il finalement d’une Angleterre qui n’a jusqu’ici pas été très à la fête sur ce coup ? Dualité de voix féminines/masculines, guitares sautillantes, percussions claires, choeurs et cool attitude sont les ingrédients de bases de cet album aux accents mi pop mi rock. Les similarités avec les très chouettes Français Beat Mark que l’on vous conseillait ici sont très nombreuses. On trouve pas mal de (parfois très) bonnes choses sur cet album. Les meilleurs morceaux ont un rythme plutôt flemmard et des percussions martiales qui leur donnent un charisme indéniable, le single « Found Love in a Graveyard » en étant le meilleur exemple. « Beachy Head » et ses chœurs inquiétants évoquent l’ambiance particulière des Crystal Stilts. Et tout comme sur « Come On Over », ils ont alors un côté moins pop mais acquièrent une dimension plus importante. Cette dimension qui peut faire défaut sur les titres plus mielleux comme l’enchaînement « Misery » / « Bad Feeling » qui frôle le plaisir coupable mais à la candeur toute sympathique. Disons qu’on les préférera sur des morceaux plus beaux et introspectifs comme « Veronica Falls » ou « Stephen ». On n’en fera pas les sauveurs attendus mais on respire enfin. Ces Veronica Falls frappent au bon moment et apportent de la fraîcheur à ce cru 2011 qui en avait plus que besoin. Vous cherchiez l’album pop lo-fi de l’année, vous l’avez trouvé....

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