Black Lips @ Le Botanique

Les Black Lips étaient de passage hier soir à l’Orangerie du Botanique dans le cadre du ‘festival’ des Nuits Bota. Je mets festival entre guillemets car hormis le fait qu’il y a trois groupes à l’affiche ce soir au lieu de deux habituellement et qu’il vous est possible de manger ‘cuisine du monde’ ou ‘crasses frites’, je ne vois toujours pas très bien en quoi les Nuits Bota diffèrent du reste de l’année. Certes, oui, il y a beaucoup de concerts dans toutes les salles et il y a un beau chapiteau monté dans le parc mais tant que votre ticket ne vous donnera accès qu’à une seule des nombreuses salles, cela n’aura toujours pour moi de festival que le nom. Car hier en plus des Black Lips, il y avait les Gang Gang Dance à La Rotonde et Animal Collective au Cirque Royal. Belle affiche. Mais pour voir ces trois groupes, vous auriez du débourser une bonne cinquantaine d’euros et acquérir le don d’ubiquité.

Concentrons-nous sur ce que j’ai pu voir donc. En début de soirée, les Young Legionnaire ont présenté devant une salle encore clairsemée l’essentiel de leur premier album, Crisis Work. Dans le trio on retrouve le bassiste de Bloc Party et Wikipedia nous apprend qu’il s’agit d’un projet de longue date qui est toujours passé au second plan. Il m’est d’avis que ce statut est parti pour durer. Rien n’est mauvais dans leur rock alternatif / post-hardcore et certains bons moments sont à épingler (les trois premiers morceaux de l’album). Mais je doute qu’ils nous fassent oublier que McLusky et Future Of The Left sont trois crans au dessus d’eux.

On a ensuite abandonné The Experimental Tropic Blues Band après deux morceaux. C’est qu’on avait l’impression d’avoir déjà tout compris et vu la très large assistance, je doute qu’on leur ait manqué.

Sur le coup de 22h, les Black Lips entrent en scène.  Je suis plus qu’amateur de leur rock à la fois primitif, crade et bien marrant. Leur côté branleur, qu’il soit forcé ou non, leurs nombreux morceaux accrocheurs, leur son sixties, leurs cris, leurs crachats, leurs penchants alcooliques, leurs tronches d’acteurs de films sociaux anglais, tout, j’aime tout chez eux. On pourrait leur reprocher qu’ils sont juste de grands enfants ayant très bien compris comment fonctionne le système mais il est indéniable qu’il y a une part d’authenticité dans leur démarche. Ils ouvrent avec un tonitruant  « Sea of Blasphemy »  qui donne le ton suivi du très entraînant  « Family Tree » issu du prochain album (début juin, on y reviendra). Ca claque fort, les guitares se superposent à merveille et le son est jouissif. En une petite heure de concert, ils auront joué avec une énergie incroyable une bonne quinzaine de leurs meilleurs morceaux piochés dans tout leur catalogue. Les premiers rangs auront été dévastés, des têtes auront probablement été fracturées suite à de mauvaises réceptions de stage-divings, une photographe de presse aura crowd-surfé, des litres de bières auront volés et la scène aura été envahie à plusieurs reprises. ‘Bad Kids’, ‘O Katrina’, ‘Hippie Hippie Hourah’ et ‘Drugs’ resteront encore dans les têtes pour un bon moment. Sans être vraiment exceptionnels, il leur manque selon moi quelques morceaux de bravoure (n’est pas Ty Segall qui veut), ces Black Lips là ont à nouveau convaincu que le rock’n’roll c’est avant tout des gars qui interprètent des chansons évidentes en prenant du bon temps. Et que ça se vit pleinement. See you next time.

Family Tree:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Vvz1IradCJ0[/youtube]

Hippie Hippie Hourrah (Dutronc revisité par les Black Lips):

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Ew-qTPrQboA&feature=related[/youtube]

 

Auteur: Adrien

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