Black Lips – Arabia Mountain

Première bonne nouvelle, ce singe de Mark Ronson à la production n’aura pas salopé l’esprit des Black Lips. Même si le son est plus clair et la production plus élaborée qu’auparavant, on est quand même loin de remplir le cahier de charges requis pour passer en musique d’ambiance à l’INNO. Les Black Lips restent donc ces bad kids braillards qui alternent singles garages immédiats et morceaux pops mal traités.

Alors que l’on craignait le pire, Ronson a même semble-t-il fait du bon boulot sur cet Arabia Mountain, album fort de quelques tubes bien accrocheurs. Mais son originalité et son intérêt tiennent surtout dans une flopée de morceaux roots nonchalents aux influences bluesy/souls où la production justement est assez riche sans être étouffante. On se lassera de certains passages plus légers, comme le primesautier Go Out and Get It vite désuet. Et on n’ira pas jusqu’à écrire qu’ils évitent trop fréquemment la prise de risque mais alors qu’ils ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils s’assument complètement, un certain manque d’audace déforce parfois cet album.

Mais ces bémols ne doivent pas vous laisser avec l’impression qu’il s’agit d’un xième album de garage dispensable. Au contraire, les Black Lips ont rarement composé des morceaux aussi élaborés et ce n’est pas toutes les semaines qu’un album remet au goût du jour avec une telle maîtrise les Stones de la fin des sixties, début seventies (Sticky Fingers,  Exile On Main St.). Et même si à ce petit jeu, l’avantage sera accordé sans hésiter à son prédécesseur (200 Million Thousands), on a affaire à un bon cru de plus.

Auteur: Adrien

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