The Walkmen – Heaven
Sep02

The Walkmen – Heaven

Des semaines, des mois, que j’écoute cet album avec insistance. Aux premières écoutes, le coup de foudre était si intense que j’y voyais un classique, un digne successeur du Boxer des National. Rien de moins. Avec le temps, je serai plus mesuré mais quand même convaincu que ce (très) beau vinyl n’est pas prêt de prendre la poussière. Ce Heaven est un condensé du meilleur de leur musique. Que les morceaux soient enlevés et teintés de post-punk, qu’ils soient plus aériens, romantiques ou qu’ils s’agissent de balades extrêmement dépouillées, les compositions brillent par leur qualité et  leur justesse. Vous ajoutez à cela une interprétation magistrale, entre la voix envoûtante de Hamilton Leithauser et le son unique de la guitare de Paul Maroon à l’écho reconnaissable entre mille et vous ne saurez plus qu’écouter tant l’offre est impressionnante. C’est un album d’une grande classe et incontestablement un des musts de l’année. On serait naïf que l’on dirait qu’Heaven sera inévitablement l’album de la consécration pour les Walkmen. Plus lisse, plus riche et plus étoffé que ces prédécesseurs, il a en plus la touche d’accessibilité qui devrait le transformer en classique. Cette touche qui décevra peut-être légèrement les fans de la première heure. Mais que ceux-ci se rassurent, ça fait une décennie que le grand public les boude sans raison (‘The Rat, un des meilleurs morceaux des dix dernières années datent de 2004 déjà), je doute que cela change aujourd’hui. Les meilleurs secrets sont parfois très, très bien gardés. We Can’t Be Beat The Love You Love Le live à la Route du Rock  ...

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Hot Chip – In Our Heads
Juil30

Hot Chip – In Our Heads

Hot Chip, des gentils geeks artisans des dancefloor de leurs débuts, ils ne restent plus grand-chose aujourd’hui. Le groupe a mûri, les styles se sont variés et l’instrumentation s’est étoffée. Avec un catalogue largement fourni en singles et une joyeuse bande sur scène, Hot Chip est clairement devenu ce qu’on appelle un groupe qui compte. Et qui vieillit aussi. En 2012, Hot Chip a toujours un pied dans la pop électronique dancefloor mais l’autre est définitivement bien ancré dans une pop facile et consensuelle, tantôt mélancolique, tantôt joyeuse et très souvent teintée de nostalgie eighties. Pour le meilleur et pour le pire. Alors que la critique musicale a l’air d’y voir un des meilleurs albums qu’Hot Chip n’ait jamais pondu, j’y vois surtout un gros, un très gros essoufflement. In Our Heads est certes plus variés que leurs premières plaques et la production tiendrait la comparaison face à un bon Mika mais In Our Heads, c’est aussi un manque cruel de singles inoubliables, c’est une majorité de morceaux neutres qui passent sans marqués les esprits, des beats sympas par ci, du second degré revival ‘80s potache par là, quelques ratages grotesques comme ce Let Me Be Him et ses chœurs pompiers que n’auraient pas niés Yanick Noah et – quand même – une très jolie réussite avec Flutes et ses 7 minutes de maîtrise, sa lente montée et son minimalisme accrocheur. Ecoutable, appréciable par moments, irritant à d’autres, cet album en demi-teinte est celui d’un groupe qui semble pour le coup avoir trop préféré l’easy listening au songwriting. La facilité à la transcendance.  En un mot, une déception. Motion Sickness:...

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All Tomorrows Parties sur arte.tv
Juil10

All Tomorrows Parties sur arte.tv

All Tomorrow Parties est un festival anglais créé en 1999. Son principe est aussi simple que génial : le festival se passe dans un camp de vacances qui doit dater de l’origine des congés payés. Vous y allez entre potes car vous devez louer un bungalow à plusieurs. Pas de bungalow, pas de festival. Autre point crucial de la chose, le line-up est sélectionné par les membres d’un groupe ou par une personnalité voire même par les fans, sans aucune concessions aux vilaines sirènes du marché. Le reportage date de 2009 et revient sur 10 années de ce qu’on appelle communément du rock’n’roll. Des Stooges aux Battles, de Daniel Johnston aux Yeah Yeah Yeahs, des Sonic Youth aux Belle & Sebastian, de Nick Cave aux Gossip, de Micah P Hinson aux Fuck Buttons, c’est filmé caméra à l’épaule et c’est ce qu’on appelle un document. Dépéchez-vous, le document en question n’est disponible que jusque dimanche soir. C’est sur arte.tv que ça se passe. mais aussi...

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Japandroids – Celebration Rock

Le duo guitare/batterie canadien s’était fait connaître en 2009 avec l’excellent Post-Nothing. Bombe garage rock qui évoquait le rock alternatif des Smashing Pumpkins, la rage des Stooges et autres joyeusetés rock’n roll. Ils nous reviennent avec Celebration Rock et confirment haut-la-main tout le bien que l’on pensait d’eux. Cet album est un nouveau brûlot, on reste dans le même format et le même son que sur Post-Nothing avec juste un brin de folie et de légèreté en plus. Comme l’évoque le titre de l’album et les feux d’artifice qui l’ouvrent et le ferment, l’humeur est moins plombée. Ils rappellent No Age, autre excellent duo guitare/batterie contemporain capable de nous pondre des morceaux aussi noisy qu’accrocheurs. Mais là où No Age nous noie parfois dans une nappe shoegaze, ils s’orientent eux vers des constructions plus directes, saccadées, avec changements de rythme et refrains entêtants. Niveaux références contemporaines, on pense aussi à l’énergie des Thermals ou de Wavves. Et enfin, avec « For The Love Of Ivy » qui est un quasi copié/collé du « Vamos » des Pixies, on se dit que toute similitude avec la bande à Frank ne serait pas une coïncidence fortuite. Alors que les premières écoutes révèlent des morceaux puissants et accrocheurs qui vous donneront l’envie de beugler à tue-tête en sifflant des bières entre potes, les écoutes suivantes révèlent une subtilité là où l’on ne s’y attendait pas vraiment. Des paroles aussi cyniques que réussies sur l’apologie de la défonce, l’hypocrisie des relations humaines ou la nostalgie de belles années d’insouciance, des passages noisy presque hypnotiques et un savant mélange entre retenue et laisser-aller. Au final, ce Celebration Rock est un album solide aux qualités aussi nombreuses qu’indéniables. Et comment résister à « Younger Us » et son superbe:  “Gimme that night you were already in bed  Said fuck it got up to drink with me instead”  ? A boire !! The Nights Of Wine And Roses by Japandroids on Grooveshark The House That Heaven Built by Japandroids on...

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