2014 : mon best of
Jan21

2014 : mon best of

2014 en quelques albums, morceaux, (bribes) de souvenirs, coups de coeur et autres couillonnades.  Best Albums: Iceage – Plowing into the Field of Love Cold-wave, noise et post-punk. Une voix dérangeante qu’on adore assez vite. Divers instruments, cuivres, orgue, piano, qui rendent l’ensemble plus riche qu’une production post-punk habituelle. Une identité forte. Le tout est très, très acerbe. Sorte de carapace qui dissimule d’autant mieux des mélodies superbes. A la fois punk et classe. Une bonne grosse claque. Ty segall – Manipulator Enregistré en un mois, soit en un temps quatre fois plus long que ses prédécesseurs, ‘Manipulator’ est de loin l’album le mieux produit de Ty Segall. Fini le ‘first take, best take’ dans le garage.  Maintenant ça fine-tune en studio. C’est évidemment plus riche et étoffé que par le passé. Le final cut n’a pas assez coupé à mon goût (17 morceaux, pas tous indispensables), mais comme son talent de songwriter reste immense, ça reste globalement du tout bon album. Peut-être même son meilleur. Cerise sur le gâteau, le fuzz sur certains morceaux est juste incroyable (It’s Over, Feel, The Crawler). Cloud Nothings – Here and Nowhere Else L’album confirme tout le bien que l’on pensait de Attack On Memory. Des guitares féroces, chants braillards, rythmes soutenus et une série de refrains imparables. Que demander de plus que du revival grunge qui ne sonne pas faux ? Thee Oh Sees – Drop La cuvée 2014 est aussi jouissive que les précédentes. Et comme toujours, un poil différente. Chaque album ayant une identité propre, quelque part dans leur garage rock psyché (pour faire simple). C’est du pur bonheur de bout en bout. Mention pour ‘The Lens’, où ils lèvent le pied deux minutes trente pour vous donner envie d’écouter les Beatles le reste de la journée. C’est carrément sublime. Parquet Courts – Sunbathing Animals Par moments plus pêchu et à d’autres plus aérien que le premier ‘Light Up Gold’, ils font mieux que confirmer leurs talents. Ils rappellent autant le Velvet que les Stones des débuts et réussissent le tour de force de sonner aussi vintage que moderne. ‘Content Nausea’, premier album du side project des deux frontmen, ‘Parkay Quarts’, tient presqu’autant la route. Après seulement deux (trois) albums, ces gens comptent déjà et c’est loin d’être fini. Thee Siver Mt. Zion Memorial Orchestra – Fuck Off Get Free We Pour Light On Everything Groupe frère de ’Godspeed You ! Black Emperor’, ‘Thee Siver Mt. Zion Memorial Orchestra’ nous offre avec ce ‘Fuck Off Get Free We Pour Light On Everything’ (merci le copier/coller) un album riche, varié et poignant. La diversité des instruments (guitares, cuivres, violons) et des...

Lire la suite
Deerhunter – Monomania
Juin21

Deerhunter – Monomania

Virage radical pour Deerhunter qui se la joue crade et ‘nocturnal garage’, comme ils se décrivent eux-mêmes, sur ce ‘Monomania’ de haute tenue. Qu’ils troquent du shoegaze pour du lo-fi 8 pistes, cela ne surprendra pas le fan que je suis qui les sait copains comme cochons avec les Black Lips, qui les a vus sortir un split 7″ avec Jay Reatard et qui les a toujours trouvés plus à leur affaire en mode « bourrés dans une cave » qu’en mode « showcase à la Fnac ». De par ses partis pris, cet album ne rassemblera pas tout le monde. A la fois tranchant, bruitiste, expérimental, crade, il a tous les défauts. Exactement tous les défauts que ceux qui s’y retrouveront espéraient, ou n’osaient même plus espérer, d’un album d’indie rock en 2013. Qu’il surprenne, réveille des sens, prenne des risques, dérange. Qu’il s’aventure, même maladroitement, dans de la country, du garage, du folk, de la dream pop. Qu’il rajoute trois couches de reverb là où tout le monde en aurait retiré deux. Qu’il accentue les angles au lieu de les arrondir. Qu’il emmerde la bien-pensance. Dixit Cox : “Thank God I don’t look like every other fucking dude wearing their girlfriend’s fucking jeans out there on stage.” Amen. L’attitude punk, la production crade, un son énorme, on applaudit. Mais les morceaux en tant que tels ? La plupart sont de très bonnes tenues. Du bon, voire du très bon, Deerhunter. On passe entre autres par un fin mélange, très réussi, de dream pop et de rock, par des moments bruitistes de pure bonheur, par de la pop subtile et lisse ou aux arrangements rugeux et étranges qui la subliment. Tout n’est pas mémorable pour autant. Certains morceaux sonnent comme du sous Deerhunter, qu’on qualifierait même pour l’occasion de Black Lips moyen. Ce qui n’est pas une tare en soi, après tout on est là pour s’amuser. Mais à y regarder de plus près, ces quelques morceaux là tiennent surtout la route de par cette production qui détonne. Merde alors, ils ont raté le coup du chef d’œuvre. Thank God I won’t have to see them in fucking stadium...

Lire la suite
Pitchfork Music Festival @ Paris
Nov27

Pitchfork Music Festival @ Paris

Pitchfork organisait la deuxième édition parisienne de son festival le week-end dernier (on est un peu en retard dans la mise en ligne de l’article, c’était début novembre. Et alors ?). Nous y étions. Récit de cette aventure particulière en plongée dans un monde parallèle… Tout d’abord, plantons le décor. Pour ceux qui ignorent ce qu’est Pitchfork, quelques explications s’imposent. Pitchfork est un site web musical basé à Chicago. Ca critique sans concession la quasi-totalité des sorties estampillées musique indépendante, underground ou alternative, appelez ça comme vous voulez. Folk pour barbus bohêmes, rock garage pour punks en cuir, électro pour speedés du samedi soir, rap pour révolutionnaires en survet’, pop de tarlouzes ou rock propret des classes moyennes, tout y passe. Tout, tant que ce n’est pas « mainstream ». Et comme le site, notamment de par ses redoutées cotes de 0 à 10 (avec une décimale !), est devenu de loin le média le plus influent de ce petit milieu, il fait et défait les modes au sein de cette culture underground qui par définition échapperait à tout standard… C’est le serpent qui se mord la queue en quelque sorte… Cette réserve étant émise, il n’en reste pas moins que Pitchfork est la « Bible » de l’amateur de musique un brin plus averti que celui issu de la « masse » qui continue à vivre comme un bien heureux en se contentant des bouses FM. Pitchfork, en version festival, ça donne sur papier une affiche aussi pointue qu’intéressante, dans un cadre a priori très soigné (la Grande Halle de la Vilette à Paris). Passons en revue le cadre, l’ambiance et bien sûr la musique. Et ce de 0 à 10, avec une décimale ! Le cadre. 7.9/10 – L’immense salle rectangulaire est divisée en deux parts égales avec une scène de chaque côté. Sur les bords, de simples draps noirs sur lesquels ça et là sont projetées de rares images qui font le boulot en apportant une chaleur tant acoustique que visuelle plutôt réussie. A la fois minimaliste et classe, quand votre plus récent souvenir de festival c’est Dour 2012, autant dire que ce site est le Pays des Merveilles. L’ambiance. 4.2/10 – Entre bourgeois-bohèmes, hipsters, nerds ou snobs, on ne sait plus à quel qualificatif faire appel pour définir ces gens dont la superficialité est inversement proportionnelle à leur penchant pour la déconne… Le bilan après trois jours de festival est sans appel : deux rencontres sympathiques. Waouw. On aurait passé les mêmes trois jours enfermés dans les chiottes du Louvre que le bilan n’aurait pas été pire. Heureusement, nous étions six joyeux camarades et la picole a rendu tout ça merveilleux. Petite suggestion aux organisateurs pour l’an prochain : aligner quelques groupes rock’n’roll à l’affiche (Pitchfork a récemment...

Lire la suite
Ty Segall – Cuvée Grand Cru 2012
Nov22

Ty Segall – Cuvée Grand Cru 2012

Oooh lecteur attentif, tu le sais, j’adore Ty Segall. La preuve, ici et aussi ici. Ty, c’est la quintessence de la scène garage actuelle. Ty a l’énergie punk des Stooges, Ty pond des riffs charmeurs comme le faisait les Beatles, Ty n’en a rien à foutre de la technologie blue-ray mais Ty sait mieux que tout le monde ce que « sonner » signifie. Ty ne s’arrête jamais. Soit il tourne avec ses potes, soit il compose. Et comme Ty ne s’emmerde pas à superposer 72 pistes dans un studio bling-bling, Ty balance albums sur albums à une vitesse complètement folle. Cette année, trois albums. Pas moins. Passons les, enfin, en revue.  Ty Segall and White Fence – Hair 17/20 Pour le meilleur. Cette collaboration entre Ty et Tim Presley, autre joyeux coco de la scène « garage » californienne, est une putain de réussite. Ty apporte ses gros riffs qui claquent et qui charment, Tim son côté pop psyché plus éthéré. Tout ça flaire bon les ‘60s, la route 66, les bars et le soleil mais est intrinsèquement punk dans le rythme et dans l’âme. Une des plus délicates plumes au chapeau de leur discographie respective. Ty Segall Band – Slaughterhouse 17/20 Multi-instrumentiste, Ty compose et enregistre habituellement ses albums seuls pour les jouer sur scènes avec ses potes. Ici, on change les plans, tout le monde est au studio et on en enregistre ensemble. Il en résulte un album d’une énergie à couper le souffle. De loin, le plus musclé et le plus brut de ses albums. Les frontières du hard et du punk avec lesquelles ils jouent souvent sont aussi clairement franchies. Et tout en gardant, évidemment, ses riffs pops accrocheurs. Une solide claque. Ty Segall – Twins 15/20 Twins est l’album « solo » annuel de Ty. Une chouette collection de mélodies psyché-pop crasseuses et de morceaux garages bruts plus énergiques. Il est moins propre et abouti que l’excellent « Goodbye Bread » de l’an dernier mais plus varié. On y retrouve plus le côté foutraque de « Melted » (l’album d’il y a deux ans…). Ty élargit quelque peu les horizons et parvient à ne pas se répéter. Belle performance vu sa prolificité. Allez, vivement 2013...

Lire la suite
Radiohead @ Sportpaleis
Oct20

Radiohead @ Sportpaleis

Une fois n’est pas coutume, c’est vers Anvers et son affreux palais des sports que je me suis dirigé. Il faut savoir qu’à mes yeux faire des concerts dans une salle de sport de 15.000 places est une idée aussi brillante que celle de mettre du sucre dans de la mayonnaise. Mais c’est que Radiohead s’y exécutait, et que pour la première fois de ma vie je tenais à assister pleinement à un de leurs concerts. Déjà aperçu par le passé au Pukkelpop à des heures bien trop tardives pour mon cerveau éponge, je n’en avais retenu que des impressions fort bonnes mais bien trop éparses… Calmons directement les « anti », décevons tout aussi directement les « pro », non, je ne suis pas un « fan » de Radiohead. Je ne connais pas les paroles de Creep sur le bout des doigts, je n’ai pas dansé 4.500 fois sur Karma Police avec mon amoureuse et, alors que j’avais 16 ans et un joli sac-à-dos, il n’y était pas écrit leur nom en sérigraphie. Mais par contre, « j’aime » Radiohead. Comme « j’aime » une très grosse tapée de groupes indies.  Et ce genre de groupes, j’aime les voir en live, les voir jouer, les entendre fort, les sentir vibrer. Et ce qu’ils s’appellent Built To Spill, Why?, Thee Oh Sees, Foals, Grizzly Bear ou Sonic Youth. Radiohead ? Pas plus, pas moins que tous ceux là. Et ce n’est pas leur popularité qui me les rend plus ou moins sympathiques. Il faut juste s’en accommoder et devoir se taper une salle ridiculement repoussante pour les apprécier. Mais parfois il faut savoir faire des sacrifices. Après toutes ces précautions, vous aurez évidemment compris que je vais vous en dire du bien de ce concert… Le sacrifice en aura valu le coup. Et pas qu’un peu. La setlist a mis en avant King Of Limbs, 6 des 8 morceaux de l’album ont été joués. Album que je trouve bien torché sur le plan des compositions mais complètement gâché par un son ramassé, étouffé, extrêmement plat. Et c’est là une grosse surprise de ce concert : deux batteurs insufflent une énergie énorme à l’ensemble et les instruments se distinguent parfaitement les uns des autres apportant une dimension très aérée qui fait tant défaut sur l’album. Et quand Jonny Greenwood s’ajoute à la bande des deux frappeurs sur Bloom, ça vous transcende le morceau par une instrumentation tribale d’une intensité rare qui en comparaison vous ferait passé Animal Collective pour des neurasthéniques. Autre exemple, Morning Mr Magpie, en mode guitares boostées, s’avère être un excellent morceau. Ou Separator, aussi flegmatique que magnifique. J’en regrette même que Little By Little n’ait pas été...

Lire la suite