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Ty Segall – Cuvée Grand Cru 2012

Oooh lecteur attentif, tu le sais, j’adore Ty Segall. La preuve, ici et aussi ici. Ty, c’est la quintessence de la scène garage actuelle. Ty a l’énergie punk des Stooges, Ty pond des riffs charmeurs comme le faisait les Beatles, Ty n’en a rien à foutre de la technologie blue-ray mais Ty sait mieux que tout le monde ce que « sonner » signifie.

Ty ne s’arrête jamais. Soit il tourne avec ses potes, soit il compose. Et comme Ty ne s’emmerde pas à superposer 72 pistes dans un studio bling-bling, Ty balance albums sur albums à une vitesse complètement folle. Cette année, trois albums. Pas moins. Passons les, enfin, en revue.

 Ty Segall and White Fence – Hair 17/20

Pour le meilleur. Cette collaboration entre Ty et Tim Presley, autre joyeux coco de la scène « garage » californienne, est une putain de réussite. Ty apporte ses gros riffs qui claquent et qui charment, Tim son côté pop psyché plus éthéré. Tout ça flaire bon les ‘60s, la route 66, les bars et le soleil mais est intrinsèquement punk dans le rythme et dans l’âme. Une des plus délicates plumes au chapeau de leur discographie respective.

Ty Segall Band – Slaughterhouse 17/20

Multi-instrumentiste, Ty compose et enregistre habituellement ses albums seuls pour les jouer sur scènes avec ses potes. Ici, on change les plans, tout le monde est au studio et on en enregistre ensemble. Il en résulte un album d’une énergie à couper le souffle. De loin, le plus musclé et le plus brut de ses albums. Les frontières du hard et du punk avec lesquelles ils jouent souvent sont aussi clairement franchies. Et tout en gardant, évidemment, ses riffs pops accrocheurs. Une solide claque.

Ty Segall – Twins 15/20

Twins est l’album « solo » annuel de Ty. Une chouette collection de mélodies psyché-pop crasseuses et de morceaux garages bruts plus énergiques. Il est moins propre et abouti que l’excellent « Goodbye Bread » de l’an dernier mais plus varié. On y retrouve plus le côté foutraque de « Melted » (l’album d’il y a deux ans…). Ty élargit quelque peu les horizons et parvient à ne pas se répéter. Belle performance vu sa prolificité.

Allez, vivement 2013 !

Mikal Cronin – Mikal Cronin

Super pote de Ty Segall (ici et ), avec qui il a fait l‘album Reverse Shark Attack en 2009, Mikal Cronin est un nom à retenir. Il serait trop réducteur de le classer dans un genre précis, « I never want to be “schtick-y” or whatever » mais les genres « garage » et « pop » sont indiscutables.

Il partage beaucoup avec Ty Segall. Tout d’abord, les mêmes influences sixties qu’il revisite à sa façon. La manière de procéder ensuite : multi-instrumentistes tous les deux, ils composent et enregistrent en solo l’ensemble de leurs morceaux qui sont interprétés live par un groupe au complet. Et tout comme pour Ty Segall, le son lo-fi n’est pas dû à la merditude des choses mais est parfaitement maîtrisé et propre. Voulu pour la magie que ce type de son rend à l’écoute, le côté organique et vivant.

Quant au traitement des morceaux les similitudes sont aussi légions : l’alternance guitares acoustiques/électriques, les rythmiques saccadées, le fuzz, les solos de flutes par ci, les harmonies vocales par là apportant au tout un côté foutraque attachant. Enfin, c’est surtout l’aptitude à faire des morceaux aussi simples que bons avec très peu de choses qui les caractérisent le mieux. Pour quand même les différencier, on dira que si Ty est plus rock, Mikal est plus pop.

L’album contient plusieurs pépites. « It is Alright » part dans tous les sens. Crevant aux premières écoutes, on se rend vite compte qu’en plus de fonctionner, il faut un talent certain pour savoir faire évoluer un morceau de telle sorte. « Get Along », « Gone » et l’imparable « Apathy » raviront les amateurs de pop lo-fi. L’album se clôture sur le très Lennonien « The Way the Things Go » avec sa sortie complètement barrée, peut-être trop.

Les (encore trop rares) amateurs de Ty Segall doivent absolument se procurer cet album de toute urgence. Tout comme les (toujours très nombreux) amateurs des Beatles.

Apathy:

Get Along:

Ty Segall – Goodbye Bread

Après le très bon Melted et le Tyrex EP, Ty Segall revient avec Goodbye Bread qu’il présente dans une interview accordée à Pitchfork comme son album le plus « sérieux et réfléchi » à ce jour. Où la volonté de faire les choses proprement est passée devant celle d’utiliser le bruit comme échappatoire facile.
Dès l’entrée en matière, on est bien en présence de morceaux plus calmes que sur le foufou Melted (qui était totalement jouissif ceci dit). Et même si le tempo s’est pris 30 ans dans la gueule, à l’inverse des Thurston Moore et Jay Mascis qui nous la jouent désormais acoustique à tous les étages, Ty Segall reste lui fidèle à sa bonne vieille Fender et à sa pédale fuzz. L’aiguille tend rarement vers le rouge mais le grain dans le son est omniprésent et la chaleur qui s’en dégage est probablement l’élément essentiel de cet album. Et puis la forme a changé mais le fond reste le même, se bonifie même : Ty Segall compose avec ses tripes et c’est l’essence même des morceaux qui donnent sens à sa musique. A l’écoute des Goodbye Bread, You Make The Sun Fry, I Can’t Feel It ou encore My Head Explodes, on se laisse charmer par le feeling que ces morceaux psyché pops procurent… Les Beatles, quoi !
Vous aurez compris, c’est moins tape-à-l’œil et crade que Melted mais plus abouti. Goodbye Bread, où quand le nouveau prince du rock garage se la joue appliquée.

My Head Explodes :

You Make The Sun Fry:

Goodbye Bread:

Les petites news de la semaine #2

Ayant pas mal de matières à partager, j’y vais de quelques news.

First of all, la crème de la crème, un live de Deerhunter complet et en HD, ça ne se refuse pas. C’est super mon amour.

Beaucoup de beau monde traîne en ce moment sur le luisterpaal de 3VOOR12. Un petit tour par là vous permettra de vous faire votre propre opinion du solide dernier Black Lips dont j’ai dit beaucoup de bien. Mais surtout vous trouverez le nouveau Ty Segall qui après trois écoutes me semble être le candidat tout trouvé pour la bande son de mon été.

Crystal Antlers nous reviennent le 12 juillet et le premier morceau de Two-Way Mirror s’écoute ci-dessous

Crystal Antlers — Summer Solstice

Clap Your Hands Say Yeah nous reviennent le 12 septembre et le premier morceau d’Hysterical s’écoute ci-dessous.

Clap Your Hands Say Yeah — Same Mistake

 

Ty Segall – Melted

Ty Segall nous est présenté comme le nouveau prodige de la scène garage rock. Il provient de San Francisco et compte parmi ses bons amis des gens fréquentables comme Sic Alps ou Thee Oh Sees. Trois albums en trois ans et pas mal de choses sur le côté, on peut dire du garçon qu’il est plutôt prolifique. Mais on se dira surtout qu’être prolifique dans ce genre musical n’est pas la pire des corvées. Le truc bien plus ardu est de pondre des morceaux tellement efficaces qu’ils font oublier leur côté cheap. Nu comme un vers, sans arrangements et fioritures pour l’embellir, un morceau garage se doit d’être inspiré mélodiquement.

Et c’est là que ce Melted se comporte franchement très bien. Finger introduit parfaitement au son de l’album, on nage bel et bien en plein garage rock, le son est saturé et crade mais tellement immédiat que le feeling rendu est très bon. Vient ensuite l’assez étonnante Caesar et son faux-rythme qui finit en bon délire piano/flute… Tout est permis.

Des morceaux plus pops comme Sad Fuzz ou Imaginary Person font penser aux Beatles (version bien mûrs un soir trop arrosé dans une cave moite de Liverpool). My Sunshine et Melted sont des tubes de rock bien lourds et parfaitement carrés. Quant à  Girlfriend, elle vous donnera l’envie de vous égosiller avec le Ty tellement « she don’t mind nothing ».

Sachant manifestement y faire, oui, Ty Segall est du genre à dépoter. Mais surtout à dépoter juste.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=RtLwAn_g1oY[/youtube]