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Frankie Rose – Interstellar

Vous avez aimé/vous aimez les Vivian Girls, les Dum Dum Girls ou les Crystal Stilts ? Ne bougez pas, Frankie Rose est faite pour vous. Parce que oui, la fifille a pas mal joué avec eux. Et donc son deuxième album solo reflète assez bien ces influences.

Mais il ne s’agit pas d’une copie conforme des trois groupes précités. Frankie Rose a le don de pondre des petits bijoux pop dans son style bien à elle. Comme ce « Know Me » avec son refrain qui me reste en tête depuis la première écoute. Ou ces fabuleuses harmonies de « Gospel / Grace ». Ou ce rythme bien plus élevé et cette voix plus haute qu’elle nous propose sur « Night Swim ». Impossible de ne pas avoir envie de bouger la tête / taper des pieds / chanter (barrer les éventuelles mentions inutiles).

Et puis, comment passer à côté de l’ouverture de l’album ? Une ouverture calme où se côtoient nappe de clavier, voix qui vient d’on-ne-sait-pas-trop-où et guitares déchaînées par la suite. Ou comment ne pas parler du très joli moment de douceur qu’est « Pair of Wings » ? À nouveau, hein: harmonies captivantes, mélodie planante, instru discrète mais terriblement efficace. Un morceau qui ne présente a priori rien d’extraordinaire, un titre comme il y en a des millions depuis l’invention de la musique. Mais qui présente ce petit quelque chose qui me file la chair de poule dès que je l’écoute. Alors je lui donne une mention particulière, rien que ça !

Par contre, je dois bien admettre qu’Interstellar a un côté répétitif parfois lassant. Mais je n’en tiendrai pas trop rigueur à Frankie Rose, parce que dans l’ensemble, l’album est juste « gorgeous »: d’une part, l’omniprésence de synthé bien à la mode mais surtout bien balancé dans ce cas-ci (ça fait parfois même penser à M83), d’autre part ces voix féminines qui viennent d’on-ne-sait-pas-trop-où, ces harmonies vocales entêtantes… Vous commencez à connaître ce que j’aime, hein.

Comme les Dum Dum Girls et les Crystal Stilts, Frankie Rose est également signée chez Slumberland (Veronica Falls, Girls Name, Sic Alps, The Pains of Being Pure at Heart, notamment). Une maison qu’on commence tout doucement à bien apprécier, tiens.

Veronica Falls – Veronica Falls

Les quatre Ecossais basés à Londres de Veronica Falls sonnent comme des New-Yorkais et sont un groupe de plus à « taguer » (j’essaye de vivre dans mon époque, pardonnez-moi) dans les catégories revival, pop, rock et lo-fi. On ne s’étonnera donc pas qu’ils soient signés chez Captured Tracks (côte est) et Slumberland (côte ouest), deux des labels U.S. les plus au fait dans cette mouvance.

Alors que 2011 est assez décevant dans le rayon pop pour les amateurs du genre, à l’image des très poussifs deuxièmes essais des Pains Of Being Pure at Heart ou des Dum Dum Girls, le salut viendra-t-il finalement d’une Angleterre qui n’a jusqu’ici pas été très à la fête sur ce coup ?

Dualité de voix féminines/masculines, guitares sautillantes, percussions claires, choeurs et cool attitude sont les ingrédients de bases de cet album aux accents mi pop mi rock. Les similarités avec les très chouettes Français Beat Mark que l’on vous conseillait ici sont très nombreuses.

On trouve pas mal de (parfois très) bonnes choses sur cet album. Les meilleurs morceaux ont un rythme plutôt flemmard et des percussions martiales qui leur donnent un charisme indéniable, le single « Found Love in a Graveyard » en étant le meilleur exemple. « Beachy Head » et ses chœurs inquiétants évoquent l’ambiance particulière des Crystal Stilts. Et tout comme sur « Come On Over », ils ont alors un côté moins pop mais acquièrent une dimension plus importante. Cette dimension qui peut faire défaut sur les titres plus mielleux comme l’enchaînement « Misery » / « Bad Feeling » qui frôle le plaisir coupable mais à la candeur toute sympathique. Disons qu’on les préférera sur des morceaux plus beaux et introspectifs comme « Veronica Falls » ou « Stephen ».

On n’en fera pas les sauveurs attendus mais on respire enfin. Ces Veronica Falls frappent au bon moment et apportent de la fraîcheur à ce cru 2011 qui en avait plus que besoin. Vous cherchiez l’album pop lo-fi de l’année, vous l’avez trouvé.

 

L’album se referme sur le somptueux « Come On Over » :

[vimeo]http://vimeo.com/25892720[/vimeo]

Pour la petite histoire, Roxanne Clifford, voix et guitare, chante aussi sur l’excellent Everything Goes My Way de Metronomy, chroniqué récemment ici.

Crystal Stilts – In Love With Oblivion

‘Shake The Shakles’ est si évident que l’on peut parler de tube. Pour l’avoir écouté des dizaines de fois (il est sorti en single il y a un an déjà), je peux vous confirmer que l’on ne s’en lasse jamais. C’est que c’est probablement un grand morceau. Et il est d’ailleurs responsable du seul bémol que je peux apporter à ce nouvel album des Crystal Stilts, c’est qu’aucun autre morceau ne vient l’éclipser. C’est toujours un peu moche quand un album ne fournit pas un met plus appétissant que le zakouski offert en mise en bouche.

Mais passons sur ce détail et venons-en au fait. Pour décrire la musique des Crystal Stilts,  on pourrait parler de cold-wave rugueuse, de Joy Division pour la voix et l’atmosphère générale qu’ils proposent mais aussi des doors surtout lorsqu’ils usent d’orgues comme sur le très planant Alien Rivers.

La voix morose et lointaine est l’élément le plus marquant aux premières écoutes qui laissent d’ailleurs une impression de manque de reliefs. Exactement comme sur le précédent « Alight Of Night ». Mais c’est ensuite la grande variété des morceaux subtilement cachée derrière cette fausse linéarité qui donne à cet album un sentiment de découverte à chaque nouvelle écoute. La richesse de l’instrumentation est aussi une des clés de cette réussite. Chaque instrument est perceptible et apporte son importance aux compositions franchement très inspirées.

Voilà du bel ouvrage qui sur base d’influences évidentes se forge une  personnalité très marquée.

Shake The Shakles:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=2RDktzDTIMU[/youtube]