Top Albums 2011

Goldsoundz n’a pas encore un an qu’il est déjà temps de jeter un œil dans le rétroviseur. Vos deux serviteurs se sont pliés au traditionnel exercice de fin d’année : essayer tant que faire se peut de classer les albums de l’année écoulée par ordre de préférence. Exercice ô combien périlleux de par la subjectivité de l’affaire, l’irrationalité de la chose et l’instabilité de l’ordre établi au fil des semaines, des jours, des heures, des minutes.

Que soit. Nous l’avons fait. Chacun de notre côté. Consciencieusement. Dans le secret de l’isoloir. Après quoi, nous avons fusionné les deux classements pour ne vous en proposer qu’un seul reflétant au mieux ce que Goldsoundz aime. Cette fusion n’a pas été sans peine, un algorithme improbable sorti des plus grands bureaux d’étude nous a été proposé et voici, pour vous, le fruit de notre travail. Il ponctue une première année goldsoundzienne où nous avons le sentiment du travail accompli : un layout bien plus sympa qu’un blog à deux balles, de l’image, du son et plus de 50 chroniques. Voilà qui est prometteur pour la suite.

Le top 20 albums de 2011

20. Bright Eyes – The People’s Key

The People’s Key n’est pas le plus grand album de Bright Eyes. Mais Bright Eyes n’est pas le premier venu et même si cet album est très (trop?) pop/rock et pas assez aventureux, il nous aura quand même plu pour son ensemble cohérent, inspiré et spontané.

19. Other Lives – Tamer Animals

Un album découvert bien trop tard que pour le faire grimper plus haut dans ce top. Mais ça aurait pu: Tamer Animals, un ensemble grandiose. Un côté Fleet Foxes dans les harmonies vocales, avec des choeurs, des cordes, des pianos. Des ambiances de films. De la folk bien classe, soyeuse, intime tout en restant bien sobre. Un tout grand album.

18. Mikal Cronin – Mikal Cronin

Musicalement, on pourrait dire qu’il s’agit du petit frère de Ty Segall avec qui il partage beaucoup de choses (au propre comme au figuré). Sur son premier album solo, il propose une pop un brin garage et un brin psychédélique qui ravira tous les amateurs de pop sixties.

17. Twerps – Twerps

Ce jeune groupe australien propose sur ce premier album une pop lo-fi mélodique, très variée, riche et simple à la fois. Le côté brouillon de la chose apporte une fraîcheur à cet album attachant qui fut une des belles surprises de l’année. Affaire à suivre de très près.

16. M83 – Hurry Up, We’re Dreaming

L’impression d’aimer un album d’ados. De l’électro-pop percutante, des pauses inquiétantes, un voix entêtante et un retour réussi au beau milieu des années ’80. Un plaisir légèrement coupable pas encore tout-à-fait assumé. Mais seuls les grincheux n’avoueront pas qu’Hurry Up, We’re Dreaming contient une belle dose de tubes.

15. Fleet Foxes – Helplessness Blues

Robin Pecknold et sa bande de bûcherons chevelus nous ont à nouveau préparé un joli disque. Voix chaudes, harmonies qui prennent aux tripes, on a aussi envie de se laisser pousser les tifs et de siffloter. Alors oui, on l’admet: Helplessness Blues a un côté gavant. Mais il suffit de les voir en live pour saisir la puissance et la justesse des Fleet Foxes. Après, on écoute l’album différemment.

14. Atlas Sound – Parallax

Le troisième album d’Atlas Sound, le projet solo de Bradford Cox des Deerhunter, est une nouvelle réussite. Une de plus. Certes un peu inégale avec certaines longueurs peu inspirées. Mais on retrouve la patte que l’on adore dans les compos de Deeerhunter. La plupart des morceaux sont d’ailleurs comparables à du Deerhunter minimaliste et lumineux.

13. Girls – Father, Son, Holy Ghost

Certes, Father, Son, Holy Ghost convainc clairement moins que le premier Album de Girls. Certes, on reste partagé sur l’intérêt des choeurs omniprésents (pour le dire clairement, Bousval se serait abstenu). Certes, les Girls n’ont rien inventé. Mais tout le monde sera d’accord pour dire que ce qu’ils font, ils le font très bien. Sobre, mélancolique, un agréable mélange de genres … Christopher Owens, tu peux continuer à être triste. Cela te va si bien ! Mais n’en rajoute peut-être pas de trop, non plus.

12. Real Estate – Days

Les Real Estate ont franchi le cap du second album avec une aisance étonnante. Cet album est bourré de chansons pops parfaites aux mélodies évidentes et légères. S’ils continuent à composer avec une telle facilité d’écriture, ils deviendront – sans hésiter – des géants indie US aux côtés des Yo La Tengo, Grizzly Bear, Built To Spill ou The Shins.

11. Ty Segall – Goodbye Bread

Le nouveau prodige du rock garage US continue à étoffer sa discographie en un temps record. Goodbye Bread diffère des productions précédentes par des compositions plus posées, abouties. Avec cet album moins foutraque et bruyant, la musique de Ty Segall prend encore plus de dimension.

10. Vivian Girls – Share The Joy 

Les Vivan Girls ont très bien tiré leur épingle du jeu sur cet album qui est passé trop inaperçu. Elles ralentissent le tempo et la fougue punk fait très souvent place à plus de calme. Le son sixties, la richesse mélodique, les solos de guitares « lazy » et leurs voix féminines forment un cocktail séduisant et plus riche qu’il n’y paraît.

9. Black Lips – Arabia Mountain

Nos quatre cinglés préférés d’Atlanta continuent à proposer un rock’n’roll primaire qui fout la banane.  Leurs deux passages à Bruxelles cette année étaient à chaque fois une apologie de la déconne et du dégommage de bières entre potes. Arabia Mountain n’en est pas moins un très bon album avec des vrais morceaux dedans. Black Lips for President!

8. Mogwai – Hardcore Will Never Die, But You Will

Les maintenant vétérans du post-rock ont su réinventer leur musique tout en l’allégeant. Les machines sont cette fois-ci parfaitement au service de cette collection de morceaux efficaces et emballants. La preuve qu’un groupe peut rester passionnant et inspiré malgré le poids des années.

7. Veronica Falls – Veronica Falls

Les Veronica Falls nous apportent la fraîcheur qui était plus que nécessaire dans un genre où les Dum Dum Girls et les Pains Of Being Pure At Heart n’ont pas su confirmer. L’album pop lo-fi de l’année.

6. The Antlers – Burst Apart

Une voix haute sur des morceaux indie rock mâtinés d’arrangements électroniques (nappes, percussions) empruntés autant au trip-hop qu’au post-rock. Cela résulte en un album… pop d’une grande finesse, aussi sophistiqué qu’accessible. Une très jolie réussite.

5. Yuck – Yuck

En février, on écrivait ici même que « Yuck frappe fort et juste avec ce debut album qui les positionne directement comme un des groupes indie rock les plus prometteurs des années qui viennent. A bon entendeur… » . Avec le recul, on se dit qu’ils vont quand même devoir bûcher sec pour proposer quelque chose de novateur. Mais s’ils parviennent encore à nous surprendre en jouant aussi habilement avec des ficelles que l’on croyait trop connaître, alors on s’inclinera à nouveau.

4. Metronomy – The English Riviera

De la pop joyeuse et sautillante. Pas de fausses notes dans cet album minimaliste guidé par la finesse, cette électro-pop super efficace devrait plaire au plus grand nombre. Plus qu’à aller découvrir Metronomy en live pour en profiter pleinement et surtout avant que le succès populaire mérité ne vienne gâcher la fête.

3. Bon Iver – Bon Iver

Le folk intimiste de Justin Vernon a fait mouche. Il a parfaitement intégré des structures électroniques à ces compositions qui les rendent moins dépouillées, plus modernes mais toujours aussi brillantes. Il se rapproche de Sufjan Stevens, sans le côté grandiloquent (ou crevant si vous préférez). Une ambiance chaude et confortable qui passe à merveille en cette période déprimante. Par contre, impossible de placer l’album plus haut dans le top : « Beth / Rest » reste toujours une faute de goût incompréhensible.

2. PJ Harvey – Let England Shake

De longs mois après la première écoute, Let England Shake tourne toujours autant sur nos platines. Cette puissance, cette voix, ces instruments ont toujours le même effet : la chair de poule à chaque écoute. Incontestablement, l’album le plus riche de cette année.

1. Wu Lyf – Go Tell Fire to the Mountain

Une sonorité hors du commun, une voix écorchée au possible, une instrumentation intense où l’orgue rencontre les guitares. Un ovni qui mérite la première position de notre top : en matière de « pop », nous n’avons rien entendu d’aussi hors norme en 2011.

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Les recherches improbables sur Google qui vous ont amené sur Goldsoundz

1. merging psych, garage, lo-fi, prog, and countless other influences, the group easily maintains consistency despite a complete inability to be pinned to any specific movement or trend

2. « c’est qui arcade fire »

3. « get to france » « j’aime » mogwai guitare

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7. tant qu’il y aura de l’amour on ne se quittera jamais » disait-il. on s’accroche au meilleur au fond. on s’attache à ce qu’il reste de bon: des photos et des vielles chansons, mais c’est plus comme avant. toi tu sais tout cequ’il reste de nous, qui pourrait appeler ça de l’amour ? des étrangers, c’est c’qu’on devient, dis est-ce que tu y tiens ? il faut du temps, mais avons nous le coeur assez grand ? qu’est-ce qu’on attend, pour changer tout ?

8. filles nues concert flaming lips

9. tom barman enfants, tom barman scandale, tom barman vieilli

10. girls bien en chair

 

Auteur: Adrien

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3 commentaires

  1. Hello!

    tout à fait de votre avis sur le Vivian Girls passé injustement inaperçu alors qu’elles ont pris pas mal de risques et que l’album est vraiment très bien!

    si vous avez aimé le Veronica Falls vous devriez écouté le Crystal Stilts et le Girls Names chez Slumberland également
    et sinon Proper Ornaments le side-project du guitariste de VF est mortel aussi!

    pour les disques français en 33 tours j’ai bien aimé le Sudden Death of Stars (chantent en anglais), l’album de Mustang (en français) et surtout l’album de Mehdi Zannad « Fugue » mais il faut aimer la pop très sucrée (ce qui est mon cas)

    coté 45 et ep il y avait aussi des choses: Pendentif, La Femme, … et je vais forcément prêché pour ma paroisse en évoquant les Guillotines et les Spadassins!

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  2. Très beau classement ! Mais qu’avez-vous donc fait des artistes français, Frànçois and The Atlas Mountains en particulier ?!

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    • Pour être tout-à-fait honnête, je n’ai jamais écouté François & The Atlas Mountains. Mais il est vrai que la langue française a (très souvent) tendance à me rebuter … Je vais quand même aller tendre l’oreille.

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Trackbacks/Pingbacks

  1. Wu Lyf @ Le Botanique « 2012 « Goldsoundz - [...] Il faut bien avouer qu’on avait bien accroché avec l’album de Wu Lyf « Go Tell Fire To The Mountain ». …

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