Deerhunter – Monomania

Virage radical pour Deerhunter qui se la joue crade et ‘nocturnal garage’, comme ils se décrivent eux-mêmes, sur ce ‘Monomania’ de haute tenue. Qu’ils troquent du shoegaze pour du lo-fi 8 pistes, cela ne surprendra pas le fan que je suis qui les sait copains comme cochons avec les Black Lips, qui les a vus sortir un split 7″ avec Jay Reatard et qui les a toujours trouvés plus à leur affaire en mode « bourrés dans une cave » qu’en mode « showcase à la Fnac ».

De par ses partis pris, cet album ne rassemblera pas tout le monde. A la fois tranchant, bruitiste, expérimental, crade, il a tous les défauts. Exactement tous les défauts que ceux qui s’y retrouveront espéraient, ou n’osaient même plus espérer, d’un album d’indie rock en 2013. Qu’il surprenne, réveille des sens, prenne des risques, dérange. Qu’il s’aventure, même maladroitement, dans de la country, du garage, du folk, de la dream pop. Qu’il rajoute trois couches de reverb là où tout le monde en aurait retiré deux. Qu’il accentue les angles au lieu de les arrondir. Qu’il emmerde la bien-pensance. Dixit Cox : “Thank God I don’t look like every other fucking dude wearing their girlfriend’s fucking jeans out there on stage.” Amen.

L’attitude punk, la production crade, un son énorme, on applaudit. Mais les morceaux en tant que tels ? La plupart sont de très bonnes tenues. Du bon, voire du très bon, Deerhunter. On passe entre autres par un fin mélange, très réussi, de dream pop et de rock, par des moments bruitistes de pure bonheur, par de la pop subtile et lisse ou aux arrangements rugeux et étranges qui la subliment. Tout n’est pas mémorable pour autant. Certains morceaux sonnent comme du sous Deerhunter, qu’on qualifierait même pour l’occasion de Black Lips moyen. Ce qui n’est pas une tare en soi, après tout on est là pour s’amuser. Mais à y regarder de plus près, ces quelques morceaux là tiennent surtout la route de par cette production qui détonne.

Merde alors, ils ont raté le coup du chef d’œuvre. Thank God I won’t have to see them in fucking stadium arenas.

Auteur: Bousval

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