Cloud Nothings – Attack On Memory

Cloud Nothings est à la base le projet de Dylan Baldi, jeune américain qui bidouillait des morceaux pop/rock lo-fi dans le garage familial. La première compilation de ces compos, « Turning On », était prometteuse mais le son tellement pourri que l’on ne pouvait rien faire d’autre qu’attendre des jours meilleurs. Ce qui arriva assez vite avec le premier album dont je vous parlais il y a un an seulement. Il nous apportait finalement autant de déceptions que de réjouissances et déjà un premier virage, du pop/rock garage originel on s’orientait vers un surf-punk/college proche de celui de Wavves. Je terminais ma chronique par « en espérant que le temps joue en sa faveur », bien convaincu que s’il ne se sublimait pas par la suite, son groupe rejoindrait la longue liste des feux de paille.

Puis arriva cette claque sortie de nulle part. « No Future/No Past ». Morceau balancé sur la toile en guise de teasing de cet « Attack On Memory », nouvel album produit par Monsieur Steve Albini en personne (The Jesus Lizard, Nirvana, Pixies, PJ Harvey, Mogwai ou Neurosis). Ce morceau m’a mis sur le cul comme ça arrive rarement, une lente montée de quasi 4 minutes avant de conclure sur des « No Future / No Past » beuglés et littéralement portés par une batterie au son caractéristique de la patte Albini. Un changement de cap radical et une entrée tonitruante dans un rock alternatif « so nineties ».

Cet hors d’œuvre judicieusement placé en morceau d’ouverture sur Attack On Memory, il fallait avoir du lourd en magasin pour enchaîner. Et c’est là que la bombe « Wasted Days » est lâchée. Neuf minutes de montagnes russes alternant riffs de guitare power-pop, chants soutenus et longs passages instrumentaux psychés avant un final tout en rage où il hurle « I thought I would be more than this ». Grand morceau. Le son de la batterie est tout bonnement énorme et ne nous lâchera plus de tout l’album.

Les deux morceaux suivants sont plus proches de ce que l’on trouvait sur l’album éponyme. Format plus court, guitares aguichantes et refrain accrocheurs. Mais en plus dense, plus mature, plus sombre, plus efficace. En interview Baldi explique qu’il était fatigué de faire des morceaux pop-punks qui ne mettaient pas en avant tous les musiciens. D’où cette envie de travailler en groupe et de composer de la « musique » plutôt que des « chansons ». «Separation»,  un (bon gros) instrumental placé au milieu de l’album viendra appuyer ses propos. Et comme le niveau reste presqu’aussi élevé sur toute la face B, on se dit que cet Attack On Memory a très peu à envier aux albums les plus marquants du grunge nineties. La surprise de l’année (…so far!), mais avant tout un véritable must.

 [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=RVO5OYoZQHc[/youtube]

Auteur: Adrien

Partager cet article sur

Trackbacks/Pingbacks

  1. Pitchfork Music Festival @ Paris « 2012 « Goldsoundz - [...] version que celle jouée à La Chocolaterie) et No Future/No Past sont toujours des bombinettes. Du bon grunge qui …
  2. Cloud Nothings à la Chocolaterie « 2012 « Goldsoundz - [...] Nothings était de passage à La Chocolaterie de Molenbeek hier soir avec leur excellent « Attack On Memory » sous le …
  3. Cloud Nothings chez nous fin mai début juin « En Vitesse « Goldsoundz - [...] bien joli gâteau. Notre chronique du tonitruant "Attack On Memory" est <a href="http://www.goldsoundz.be/albums/cloud-nothings-attack-on-memory/">par [...]

Réagir

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>