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Pitchfork Music Festival @ Paris

Pitchfork organisait la deuxième édition parisienne de son festival le week-end dernier (on est un peu en retard dans la mise en ligne de l’article, c’était début novembre. Et alors ?). Nous y étions. Récit de cette aventure particulière en plongée dans un monde parallèle…

Tout d’abord, plantons le décor. Pour ceux qui ignorent ce qu’est Pitchfork, quelques explications s’imposent. Pitchfork est un site web musical basé à Chicago. Ca critique sans concession la quasi-totalité des sorties estampillées musique indépendante, underground ou alternative, appelez ça comme vous voulez. Folk pour barbus bohêmes, rock garage pour punks en cuir, électro pour speedés du samedi soir, rap pour révolutionnaires en survet’, pop de tarlouzes ou rock propret des classes moyennes, tout y passe. Tout, tant que ce n’est pas « mainstream ». Et comme le site, notamment de par ses redoutées cotes de 0 à 10 (avec une décimale !), est devenu de loin le média le plus influent de ce petit milieu, il fait et défait les modes au sein de cette culture underground qui par définition échapperait à tout standard… C’est le serpent qui se mord la queue en quelque sorte… Cette réserve étant émise, il n’en reste pas moins que Pitchfork est la « Bible » de l’amateur de musique un brin plus averti que celui issu de la « masse » qui continue à vivre comme un bien heureux en se contentant des bouses FM.

Pitchfork, en version festival, ça donne sur papier une affiche aussi pointue qu’intéressante, dans un cadre a priori très soigné (la Grande Halle de la Vilette à Paris). Passons en revue le cadre, l’ambiance et bien sûr la musique. Et ce de 0 à 10, avec une décimale !

Le cadre. 7.9/10 - L’immense salle rectangulaire est divisée en deux parts égales avec une scène de chaque côté. Sur les bords, de simples draps noirs sur lesquels ça et là sont projetées de rares images qui font le boulot en apportant une chaleur tant acoustique que visuelle plutôt réussie. A la fois minimaliste et classe, quand votre plus récent souvenir de festival c’est Dour 2012, autant dire que ce site est le Pays des Merveilles.

L’ambiance. 4.2/10 - Entre bourgeois-bohèmes, hipsters, nerds ou snobs, on ne sait plus à quel qualificatif faire appel pour définir ces gens dont la superficialité est inversement proportionnelle à leur penchant pour la déconne… Le bilan après trois jours de festival est sans appel : deux rencontres sympathiques. Waouw. On aurait passé les mêmes trois jours enfermés dans les chiottes du Louvre que le bilan n’aurait pas été pire. Heureusement, nous étions six joyeux camarades et la picole a rendu tout ça merveilleux. Petite suggestion aux organisateurs pour l’an prochain : aligner quelques groupes rock’n’roll à l’affiche (Pitchfork a récemment adoré Thee Oh Sees, Metz, The Men, Ty SegallIceage, ils étaient où ?) et diminuer le prix du ticket, quitte à y perdre une tête d’affiche. Ca donnerait un côté moins guindé à la petite sauterie.

Le son. 10/10 - Merde, on vient de donner un 10. On n’est pas prêt de bosser pour Pitchfork. Mais sérieusement le son était foutrement bon. Ca devrait toujours être comme ça.

DIIV 7.6/10 - C’était « bien ». Comme on pouvait s’y attendre, c’est plus nerveux en live et ça nous a permis de découvrir leurs morceaux différemment. Etant donné la courte longueur du set, ils n’essayent pas d’installer l’atmosphère cool de l’album. Bonne ou mauvaise idée ? Leur futur concert à l’AB très bientôt devrait nous permettre de se faire un avis plus tranché.

Japandroids 8.3/10 – Le seul grand moment bien rock’n’roll du festival ! Mais vraiment ! L’énergie qu’ils balancent à deux, et rien qu’à deux, est incroyable. Evidemment, c’est parfois brouillon, surtout la voix qui a vraiment a du mal à suivre le rythme. Mais comment leur en tenir rigueur alors qu’ils ne sont que deux et envoient la purée comme s’ils étaient 4. Ils nous ont en plus bien fait marrer avec leur « superstorm ».

M83  5.3/10 – Parmi vos deux serviteurs, l’un a vraiment aimé l’album, l’autre n’en peut plus de devoir se taper ‘Midnight City’ quand il est au rayon boucherie. Celui qui a vraiment aimé l’album, les a également vraiment aimés au dernier Primavera. Mais là, il les trouvait assez cliché. Mauvaise l’idée de rajouter un orchestre… Surtout si c’est pour les faire jouer la nappe de synthé enregistrée (il n’y a que sur un titre où l’orchestre s’est un peu fait entendre). Celui qui est dépité au rayon boucherie en a eu pour son pognon ! Une heure de bonne grosse nausée, le steak haché ne devait pas être frais. C’est que pour lui M83, c’est juste un truc entre du mauvais shoegaze et de l’électro bourrin, qui parfois a même l’hostile idée de nous rappeler aux mauvais souvenirs de Queen. Là où ils sont tous les deux d’accords, c’est de dire que ce soir là M83 surjouait. Ils ont peut-être pris du plaisir mais n’en on pas donné beaucoup au public. Allez, on n’en parle plus.

Wild Nothing 7.8/10 – Une excellente surprise de ce festival. Sur album, on avait accroché à la première écoute à leur dream pop à guitares. Et les p’tits gars ont bien transformé l’essai. En début de soirée, ce « Real Estate meets The Cure » passait tout seul.

The Walkmen 8.6/10 – C’en est presque fatiguant de se répéter mais ces gars ont une classe hors du commun, un talent hors-du commun et une solide collection de morceaux hors-du-commun, bien ré-achalandée avec leur dernier album Heaven. Une heure de concert parfaitement balancée entre tubes indie-rocks et balades touchantes. Ces crooners semblent venus d’un autre temps mais font pourtant bien partie des groupes qui marqueront leur génération.

Fuck Buttons 8.1/10 - Un concert de Fuck Buttons, c’est une heure où le duo se fait face, séparé par leur immense table aux mille (enculés de) boutons. Sur le plan visuel, et même si on adore leur énorme boule à facette, vous conviendrez qu’on a connu plus captivant… Reste donc leur musique barrée et leur son surpuissant prenant aux tripes. Ils ont balancés leurs tubes et nous ont dévoilé un nouveau morceau qui s’annonce énorme. Sans être intemporel, c’est tellement efficace que ça reste le seul set électronique qu’un fan de guitares peut se taper de bout en bout sans se faire chier.

Animal Collective 6.3/10 – On commence à les connaître… Animal Collective s’amuse en live à surprendre son public en proposant des sets où de longues séquences obscures s’entremêlent à leurs futurs morceaux qu’ils testent et ça et là, un de leur tube, histoire que les gens restent. Alors que leurs albums sont difficiles d’accès mais regorgent de génie quand on prend la peine de s’y attarder, le bât blesse clairement en live puisqu’on n’a droit qu’à un seul shot.

Cloud Nothings 7.0/10 – Si on adoré les parties instrumentales, on trouvait le chant un peu en dessous. Ca manquait de justesse. La nonchalance c’est cool comme état d’esprit mais ça ne s’applique pas en toutes circonstances. Ceci étant, Wasted Days (bien meilleure version que celle jouée à La Chocolaterie) et No Future/No Past sont toujours des bombinettes. Du bon grunge qui va droit là où ça va bien. Mention « pas bien » aux organisateurs qui les ont fait joué bien trop tôt dans la soirée, c’était un peu « wrong place, wrong time ».

Liars 7.9/10 - Auréolé de leur très bon dernier album WIXIW où il se réinvente pour la sixième fois en autant de LP, les Liars étaient attendus au tournant. Cet album, clairement plus électronique que ses prédécesseurs, est surtout intéressant pour ces morceaux ambiants à l’atmosphère glaciale et inquiétante. Ce soir là, ils ont pourtant choisi d’en extraire les morceaux les plus rentre-dedans, ou d’en revisiter d’autres en version plus noise. Quand vous ajoutez à ça un énorme Broken Witch en clôture de set qui a tout retourné, l’addition est bien tassée. Ce n’est pas ce qu’on attendait mais c’était foutrement bon. Surprenant, comme toujours.

Grizzly Bear 9.3/10 – LE concert parfait pour clôturer notre festival. Bien plus convainquant que lors de leur tournée Veckatimest. Calme, beau, propre et bien foutu. Ils ont fait mouche. A l’écoute des  Speak in Rounds, Yet Again, Gun-Shy, While You Wait For The Others, Knife, Two Weeks, Sleeping Ute, on réalise qu’ils ont maintenant une discographie débordant de morceaux intemporels. Tubes sur tubes à l’interprétation sans faille, c’était du tout grand art. Et comment oublier ce Sun In Your Eyes pour se dire au revoir ?  On en a encore la chaire de poule au moment d’écrire ses lignes.

Quelques brèves de comptoir, on y était souvent, pour en finir : on a vu Sébastien Tellier et on ne sait pas quoi en penser, mais c’est pas grave. On a tendu une oreille aux Chromatics qu’on trouvait moins emballant qu’au Primavera. Dommage. Purity Rings mériterait peut-être le détour. Jon Talabot mérite assurément le détour. On a tapé du pied sur Breton, sorte de Foals du Aldi mais on en restera probablement là.

Voilà, probablement à l’an prochain Pitchfork. On espère en mode un poil plus rock’n’roll cette fois !

Radiohead @ Sportpaleis

Une fois n’est pas coutume, c’est vers Anvers et son affreux palais des sports que je me suis dirigé. Il faut savoir qu’à mes yeux faire des concerts dans une salle de sport de 15.000 places est une idée aussi brillante que celle de mettre du sucre dans de la mayonnaise. Mais c’est que Radiohead s’y exécutait, et que pour la première fois de ma vie je tenais à assister pleinement à un de leurs concerts. Déjà aperçu par le passé au Pukkelpop à des heures bien trop tardives pour mon cerveau éponge, je n’en avais retenu que des impressions fort bonnes mais bien trop éparses…

Calmons directement les « anti », décevons tout aussi directement les « pro », non, je ne suis pas un « fan » de Radiohead. Je ne connais pas les paroles de Creep sur le bout des doigts, je n’ai pas dansé 4.500 fois sur Karma Police avec mon amoureuse et, alors que j’avais 16 ans et un joli sac-à-dos, il n’y était pas écrit leur nom en sérigraphie. Mais par contre, « j’aime » Radiohead. Comme « j’aime » une très grosse tapée de groupes indies.  Et ce genre de groupes, j’aime les voir en live, les voir jouer, les entendre fort, les sentir vibrer. Et ce qu’ils s’appellent Built To Spill, Why?, Thee Oh Sees, Foals, Grizzly Bear ou Sonic Youth. Radiohead ? Pas plus, pas moins que tous ceux là. Et ce n’est pas leur popularité qui me les rend plus ou moins sympathiques. Il faut juste s’en accommoder et devoir se taper une salle ridiculement repoussante pour les apprécier. Mais parfois il faut savoir faire des sacrifices.

Après toutes ces précautions, vous aurez évidemment compris que je vais vous en dire du bien de ce concert… Le sacrifice en aura valu le coup. Et pas qu’un peu. La setlist a mis en avant King Of Limbs, 6 des 8 morceaux de l’album ont été joués. Album que je trouve bien torché sur le plan des compositions mais complètement gâché par un son ramassé, étouffé, extrêmement plat. Et c’est là une grosse surprise de ce concert : deux batteurs insufflent une énergie énorme à l’ensemble et les instruments se distinguent parfaitement les uns des autres apportant une dimension très aérée qui fait tant défaut sur l’album. Et quand Jonny Greenwood s’ajoute à la bande des deux frappeurs sur Bloom, ça vous transcende le morceau par une instrumentation tribale d’une intensité rare qui en comparaison vous ferait passé Animal Collective pour des neurasthéniques. Autre exemple, Morning Mr Magpie, en mode guitares boostées, s’avère être un excellent morceau. Ou Separator, aussi flegmatique que magnifique. J’en regrette même que Little By Little n’ait pas été jouée tellement l’interprétation des morceaux de King Of Limbs m’a laissé une très forte impression. Le reste de la setlist s’est penchée sur à peu près tous leurs albums excepté les deux premiers. Parmi les moments forts, je retiendrai Pyramid Song où Greenwood caresse souplement sa gratte avec un archet, la superbe Reckoner, les surpuissantes Myxomatosis, Bodysnatchers et Idiotheque. Et puis, évidemment, les intemporels Karma Police et Paranoid Android. J’ai par contre pas compris l’intérêt de jouer Give Up The Ghost en demi playback. Passons…

J’ai donc enfin vu Radiohead en live, et pendant plus de deux heures, ce fut un régal à bien des points de vue. Parce que je ne vous ai pas encore parlé de la très jolie scène aux milles écrans qui bougent et que c’était vraiment joli. Je ne vous ai pas dit que le son, bien planqué au milieu de la fosse, était d’une rare qualité. Loin, très loin, de la soupe que je craignais devoir m’avaler. Le tout apportant à l’ensemble le petit plus qui transforme des bons concerts en d’excellents souvenirs. Une très grande soirée sur le plan musical, un concert de très haute tenue sur le plan instrumental, Radiohead est définitivement un grand groupe qui sait procurer bien du bonheur à tout qui veut se laisser gentiment emporter par ce qu’ils proposent.

Dour 2012

Comme chaque année, Dour a réussi son pari de réunir au même endroit une multitude de gens qui n’ont, a priori, rien en commun: punks à chiens, petits jeunes bien propres sur eux, métalleux, gros pleins, pères de familles, hipsters, enfants, clubbers sous acide (voire plus), rastas, fan de ska … et même hip-hopeurs rappeurs (si si, ceux avec les baskets Nike, aux chaussettes blanches tirées au-dessus du training).

Dour, ce n’est donc pas que l’amour, c’est surtout la diversité. À chacun son Dour, voici le nôtre :

Jour 1

On ne va pas tourner autour du pot et on a presque honte, mais on n’a rien vu. Arrivés à l’ouverture des grilles, on a entendu (de loin) Roscoe (mais de loin, c’était suffisant), La Femme (ça par contre, ça avait l’air vraiment sympa… dommage qu’ils chantent en français). Je voulais voir School is Cool qui m’avait séduit à première écoute, mais Joe Piller et ses alcolytes ont précipité les choses. Même constat pour Caribou, sauf que là, on se consolera en se disant qu’on les verra en octobre, en première partie de Radiohead.

Bref, pour être honnête, on a seulement vu Franz Ferdinand, et c’était bien ! La machine à tubes était une fois encore de sortie pour un set différent de celui livré quelques semaines plus tôt à Barcelone. Plus électro, plus festif, ils ont envoyé la sauce classique et efficace (« Matinée », « Take me Out », etc.). Le tout agrémenté de quelques nouveaux morceaux et d’une reprise de Donna Summer (« I feel love ») poursuivant le dansant « Can’t stop feeling ». Il pleuvait à crever, mais ça n’a pas suffi à refroidir le public venu en nombre sautiller dans la boue de la Last Arena. Une fois encore, c’était prévisible… mais tellement jouissif.

Jour 2

Petit apéro dans la « Petite maison » pour se protéger de la pluie. On ne dira rien de VO et Malibu Stacy (parce que si on dit, on va médire). La journée a finalement commencé en beauté avec Hanni El Khatib. Guitares saignantes, riffs rageurs, ça sent bon le rock garage poussiéreux. Pas de tralala: c’est simple, c’est brut, c’est propre, c’est bien foutu à l’image de l’excellent « You rascal you ». On le savait bien, mais on vous le recommande.

On ne pouvait pas passer à côté de Dinosaur Jr.. Ce son de guitare chouinant et la voix de J Mascis qui rappelle la porte qui grince (copyright No Bullshit!, si mes souvenirs sont bons) passent toujours de manière bien agréable. Même si les papys ne semblent pas s’éclater des tonnes au milieu de leur mur d’amplis, ils font leur boulot et assurent plus que jamais. Niveau setlist, ils ont probablement été piocher dans leur répertoire plus ancien vu que je ne (re)connaissais (quasi) rien. Je sais, je ne suis qu’un sale jeune.

On m’a ensuite entraîné de force vers Puppetmastaz. Et je regrette: du rap, ça reste du rap. Des marionnettes ne rendront pas le truc plus audible. J’ai tenu 5 minutes avant d’aller un peu bosser dans le stand Pure FM qui avait bien besoin de notre aide (ou pas).

Une pita à l’ail plus loin, il est déjà temps d’aller sous la Marquee voir une nouvelle fois Battles: typiquement le groupe qui m’emmerde grave sur album mais que j’adore en live. Et je n’ai pas du tout (du tout !) été déçu par ce set d’une heure d’une musique indéfinissable, se situant quelque part entre le rock expérimental et électro bien foutue où se mêlent des sons plus improbables les uns que les autres. C’est juste énorme, hypnotique et ultra dansant. Et je ne vous parle pas d’ »Atlas », morceau sur lequel j’ai perdu l’énergie qui me restait encore à ce moment-là.

« People won’t be people
When they hear this sound« 

What else … ? Et comme vous êtes bien sages, voici leur set complet filmé par Arte (que j’aime ces gens) :

Jour 3

La pluie redouble d’intensité, la Rue Neuve entre les caisses et l’entrée du festival n’est qu’une piscine de boue. À ce stade-là, on sait déjà que nous sommes des héros.

La journée commence en force avec nos amis de BRNS. Leur EP Wounded m’avait déjà fait fort bonne impression. Et le live vient conforter tout ça: BRNS, ça vaut le détour. Ambiance survoltée, des mecs qui s’éclatent sur scène, des titres accrocheurs (« Mexico » est déjà un tube, non ?) mais loin d’être stéréotypés ou monotones. Mention spéciale au batteur-chanteur. Ca m’a toujours impressionné. Surtout quand c’est réalisé avec autant de réussite. Par contre, on a longuement discuté « influences »: ça oscille entre Foals, Wu Lyf et TV on the Radio (on a même entendu parler de Fleet Foxes, mais j’attends des preuves sans quoi je mettrai ça sur le compte de la bière). Mais que foutre, ils font ça méga bien. Parions qu’il faudra compter sur eux dans les prochains mois (et je regrette amèrement de ne pas avoir su les rencontrer pour acquérir leur vinyle). Si vous me lisez…

Et comme c’était la journée des doubles batteries sur scène, on a poursuivi avec Poliça qu’ »on » nous conseillait chaudement. On a apprécié l’énergie dégagée par le groupe et, -justement-, ces batteries qui percutent fort et juste. J’irai d’ailleurs réécouter cela à tête reposée. Mais de là à le qualifier de meilleur groupe, il y a un pas que je ne franchirais pas, Justin Vernon. La voix tendant de temps en temps R’n'B est parfois énervante, les déhanchés de la chanteuse insupportables. Et ce qui m’emmerde par dessus tout, c’est quand les groupes usent et abusent d’enregistrements. Ils étaient où les claviers, hein ?

Quelques heures après, c’était au tour de Bon Iver de monter sur la Last Arena pendant le seul moment sec de la journée. On regrettera le choix de la scène (pourquoi pas dans un chapiteau, dites ?), le son qui n’allait pas assez fort mais surtout -SURTOUT !- les gens qui ne font que parler autour de toi pendant que tu tentes tant bien que mal de kiffer la vibe. Une percée salutaire vers les vingt premiers mètres devant la scène plus tard, on se sent enfin bien. « Perth », « Towers », « Holocente » et autres « Skinny Love » fonctionnent à merveille malgré quelques petits dérapages et l’absence d’ambiance vraiment intimiste qu’on rêverait pour ce type de musique. Mais pourquoi vouloir à tout prix terminer par « Beth / Rest » ? Ne me fais pas croire que tu aimes cette chanson, Justin ?!?

Et comme nos oreilles en voulaient encore un peu, on a poussé une pointe jusqu’à la Cannibal Stage pour observer le spectacle offert par Punish Yourself. Grosses guitares, gros son électro, aucune finesse… mais un grand moment de peinture et de fun. On a bien ri, bien crié avant d’aller discuter le bout de gras avec des mangeurs de fraises. Trou noir.

Jour 4

La pluie a décidé d’emmerder son monde et nous réveille avant 7h, heure idéale pour bouger la voiture du parking avant de devoir faire appel aux fermiers du coin (qui, à mon avis, n’ont pas glandé beaucoup…). Après une visite à Quiévrain pour manger de la vraie nourriture au sec, nous voici de retour dans l’enceinte du festival. De la boue liquide, glissante et odorante jusqu’aux chevilles. Partout (et c’est ici qu’on rit beaucoup en pensant aux fameux hip-hopeurs rappeurs aux baskets blanches et aux chaussettes remontées au-dessus du training).

J’ai jeté un oeil curieux à Chairlift qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. Mais il faut bien avouer que c’était pour attendre au sec Baxter Dury. On l’avait déjà vu sous le soleil il y a quelques semaines et j’ai (et de loin !) préféré sa prestation à Dour qu’au Primavera. Fini l’air hautain et suffisant, l’homme se marre plutôt bien à Dour, balance des vannes (pourries mais après 4 jours de festival, on se contente de peu) et semble vraiment prendre du plaisir sous une Marquee boueuse. On ne passe donc plus son temps à regarder la claviériste-choriste (oooh) et on apprécie grandement l’ensemble qui reste excellent. Et on le répétera encore souvent: « Happy Soup » est un vraiment chouette album. C’est la classe. Voilà.

On a assisté au début du concert des Subways lancé par un Pompon tout chaud, juste le temps de se rappeler quelques uns de leurs morceaux issus du premier album : « Oh Yeah », « Mary » et -évidemment- « Rock’n'Roll Queen ». Et sans déconner, j’ai été (agréablement) surpris par l’énergie que les lascars habitués de la Plaine de la Machine à feu dégagent. Ca joue fort, ça parle fort (« Meeeerciiiii beaucouuuuuuupppp »), ça sautille partout, ça met beaucoup d’ambiance. Bref, ça envoie du bois.

Et vu qu’il faut maintenant un bon quart d’heure pour traverser la mer de boue pour rejoindre la Last Arena, on a quitté les Subways en plein milieu, histoire d’être bien mis pour faire la fête avec les Flaming Lips. Alors que le soleil revient à l’horizon (tout juste pour aller se coucher, feignasse !), Pompon débarque sur scène. Visiblement plus à l’aise dans son short qu’en rôle de traducteur de Wayne Coyne, l’animateur emblématique raconte n’importe quoi mais semble bien heureux d’y être. Tant mieux ! La fête peut commencer: canons à confettis, danseuses, animaux, mains géantes laser, vidéos en fond, instruments tunés et boule à facette, les concerts des Flaming Lips sont toujours de véritables shows. Et à Dour, évidemment que ça fonctionne bien. Avec tout ça, on en oublierait presque qu’ils sont là pour la musique. Et pourtant, même si les couillonnades entre les titres (voire pendant les chansons, quand il s’arrête parce que deux personnes dans le public se « battent ») prennent beaucoup de temps, la setlist n’a rien de ridicule. À voir les mines réjouies dans le public, je n’étais pas seul à passer un excellent moment. Même Wayne Coyne se disait heureux d’être là, séduit par les festivaliers couverts de boue. « Do you realize ? »

Pour nous, elle était faite. Malgré la pluie incessante et la boue visqueuse, les bières à 100 francs, les gens rigolos rencontrés ici et là, les pitas à l’ail et ces quelques très chouettes moments musicaux nous ont permis de tenir les quatre jours. Avec cette fierté de pouvoir dire que « Dour 2012, j’y étais ». À l’année prochaine …

Primavera Sound 2012 @ Barcelone

Comme chaque année, Barcelone accueillait la semaine dernière la crème de la crème de la musique indie-pop-rock-électro. Un condensé de ce qu’on a plutôt bien aimé durant l’année écoulée (et le reste…), et ça tombe bien !

On enfoncerait bien le clou juste pour le plaisir: le Primavera Sound, c’est l’événement incontournable pour tous les amoureux de musique et de fiesta que nous sommes. Une programmation en béton, un son parfait malgré que tout soit en plein air, du soleil, de la mer, un site bien foutu (à part peut-être la trop proche proximité entre les scènes Pitchfork et Vice, toutes les deux à front de mer), on ne fait jamais la file comme quand tu passes de la Main Stage à la Marquee au Pukkelpop, un public connaisseur et pas de jeunes pré-ados chiants, de la bouffe de festival vraiment correcte, etc. Le pied, quoi.

Seul point noir, comme l’année passée : le bar. En 2012, adieu la carte qui avait tant fait parler d’elle, bienvenue au cash. Belle idée. Sauf que derrière le bar, ces messieurs dames n’ont toujours pas compris comment on s’y prend pour servir des bières de manière efficace : ils font mille aller-retours, se marchent dessus et perdent beaucoup de temps. Et ils annoncent sur les tarifs des 33cl qui, en réalité, ne font que 25cl. Le prix de 3€, lui, reste par contre inchangé. Gabi (Mr. Primavera) m’a promis via Twitter qu’il allait checker… On attend toujours… Mais là n’est pas le principal, évidemment. Le reste est grand. Très grand.

Day 0 : Arc de Triomphe

Avant même que le «vrai» festival ne commence sur le-dit «Parc del Forùm», l’organisation avait prévu un petit apéritif : un concert gratuit dans le centre-ville sur l’esplanade de l’Arc de Triomphe. Sous un soleil de plomb et au beau milieu des palmiers, on a pu assister aux prestations des Wedding Presents, des Walkmen venus présenter «Heaven», leur nouvel album et, finalement, des Black Lips, visiblement bons copains du Primavera. Pour la musique en elle-même, pas évident de vous faire une review en bonne et due forme: comme tout concert gratuit, le public n’en avait que foutre de ce qui se passait devant. Ca causait tout le temps (vous pouvez en juger sur les vidéos ci-dessous), on était loin. Et puis on devait se remettre de nos émotions (Ryanair : never again !) et s’acclimater aux boissons locales. Bref, on se souviendra s’être un peu emmerdés pendant les Wedding Present, avoir crié sur «The Rat», avoir tapé du pied pendant tout le set des Black Lips, mais c’est à peu près tout. Cela dit, pour un concert gratuit, l’affiche était plutôt alléchante. L’une ou l’autre canettes pour la route et au lit.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=2uvjQslHPP8[/youtube]

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=y3OMbx35F8I[/youtube]

Day 1

Black Lips

Alors que les files pour choper son bracelet se forment à l’entrée du Parc del Forùm, les Black Lips -qui n’ont visiblement pas trop dormi/dessaoulé depuis la veille- grimpent sur le toit d’un bus Red Bull installé devant l’entrée du festival et nous livrent un set «best of» express mais ultra jouissif. Complètement tarés, la bande semble prendre autant de plaisir que nous et nous balade dans ses « vieux » titres comme dans ses nouveaux. Cole Alexander devra tout de même s’y reprendre à deux fois pour réussir à vider entièrement sa vessie du haut de son perchoir (rock’n’roll rules !).

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=c2pH2wbzl1Y[/youtube]

Baxter Dury 

Les festivités commencent avec Baxter Dury qui ouvre la grande scène (la San Miguel, sponsor oblige…). Et pour un premier show, ça envoie du lourd. À l’image de l’homme et de son album «Happy Soup», on assiste à un concert propre et plutôt classieux. En live, «Happy Soup» se révèle encore plus comme étant un album à tubes. «Claire», «Isabel» et autres «Happy Soup» fonctionnent du tonnerre. On se rend compte à quel point la présence de la (très jolie) choriste / claviériste est importante pour le groupe. Ca va fort. La basse prend aux tripes. Sous le soleil de fin d’après-midi et une bière fraîche en mains, on ne pouvait espérer mieux. On regrettera cependant le côté légèrement hautain et suffisant du gaillard, ses blagues toutes pourries et ce côté «attendu» du concert. Un brin de folie ou de «sorties de route» apporteraient probablement davantage d’intérêt.

Grimes

À 20h30 à Barcelone, il est déjà l’heure de danser avec Grimes qui monte sur la scène Pitchfork. J’avais déjà pas mal accroché à leur album «Visions», mélange d’électro minimaliste, de voix féminines éthérées et de pop dansante. Et je dois bien avouer que leur prestation déjantée m’a complètement scotché. Claire Boucher semble impressionnée par la foule venue en masse applaudir Grimes. Tout de suite, elle précise qu’elle n’a jamais joué devant autant de monde. Plutôt habituée à des petits clubs bien sombres, jouer face à la mer sous un soleil légèrement déclinant n’a en rien altéré la qualité. «Circumambient», «Oblivion», «Be a Body» et le reste font bien bouger le public conquis. Je retournerais volontiers les voir. Juste une question: la fille plutôt bien foutue à la culotte rouge qui faisait la roue sur scène, c’était prévu dans le show ou pas ?

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=-dGGKxdkMRg[/youtube]

Death Cab for Cutie

Longue transhumance jusqu’à l’autre extrémité du festival pour assister au concert de Death Cab for Cutie sur la scène Mini (pas si mini que ça, elle parait bien plus grande que la San Miguel, d’ailleurs). Assez étonnant, je m’attendais à entendre leur dernier album «Codes and Keys» en long et en large. Mais on entendra qu’une ou deux chansons seulement, dont «Doors Unlocked and Open». Et j’ai l’air con parce que que n’avais pas révisé mes classiques. Tout ce que je peux dire, c’est que c’était vraiment excellent musicalement parlant, à l’image «The New Year» qui reste une putain de bonne chanson. La voix de Ben Gibbards est fabuleuse et fabuleusement juste, les harmonies sont superbes. Bon, parfois, j’ai un peu l’impression qu’ils tournent en rond et que les titres se ressemblent tous. Mais c’est bien, donc on ne va pas tergiverser.

Beirut

On change complètement d’ambiance mais pas de scène. Beirut débarque sur la Mini et impose son monde si caractéristique: harmonicas, accordéons et mélodies qui restent en tête. Même si parfois on à l’impression d’être autour d’un feu au beau milieu d’un camp de Roms, j’ai eu des tas de frissons. Sur «Santa Fe» ou «Nantes» notamment, joliment repris en choeur par un public limite hystérique. Zach Condon et sa bande m’ont agréablement surpris. C’était la fête, sur la Mini. Si bien que le concert m’a même paru beaucoup trop court.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=1A_tdaVkr3A[/youtube]

The xx 

J’avais du mal à imaginer The xx sur une belle grande scène de festival. Mais pourtant, Jamie et sa comparse ont bien réussi à retourner la Mini (encore !). Les Anglais nous ont fait peu à peu découvrir leur album à paraître dont un titre instrumental kilométrique avec une ligne de guitare plutôt bien torchée. Ca méritera clairement le détour, tiens. Pour le reste, ils ont évidemment livré leur recette miracle avec le meilleur de «xx», leur album de 2009 (déjà !): «VCR», une version down-tempo sublime de «Crystalised», «Night Time» à la basse qui prend au bide et autres «Stars» que je n’imaginais pas aussi burnés. Light show aveuglant, basse parfaite omniprésente et bien prenante, ils nous en ont foutu plein les yeux et les oreilles. Et même si la théorie veut qu’on reste bien sages sur ce type de musique minimaliste, la réalité est tout autre: j’ai vu plusieurs milliers de personnes sauter sur The xx. Hé ouais ! Un très grand moment, vraiment.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=OfVyvjMNAFw[/youtube]

Franz Ferdinand

On ne va pas faire les snobs et bouder son plaisir: même si c’était couru d’avance, on a passé un moment excellent. Franz Ferdinand, on le sait, c’est une machine à tubes. Et en live, ça se sent, ça se vit, ça se saute. Une setlist bien riche faisant la part belle aux bons vieux titres. On a crié comme tout le monde sur «Tell her Tonight», jumpé comme tout le monde sur «Take Me Out», fait de la air guitar comme tout le monde sur «Jacqueline» et de la «air drums» sur «Dark of the Matinee» comme tout le monde et, finalement, comme tout le monde, on a beuglé sur «This Fire». Parce que ouais, le fire, ils l’ont bien mis sur la San Miguel. J’avais l’impression d’être une groupie. D’être un bête fan. J’ai sauté, j’ai crié. J’en ai rien à branler, j’ai adoré. En espérant que ce soit aussi chouette à Dour.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=42a0xqu9pLw[/youtube]

The Field

3h30, dernière étape de la journée: The Field sur la Pitchfork. Je ne connaissais pas du tout. Mais dans l’état dans lequel nous étions, on a bien apprécié cette électro minimaliste venue d’on-ne-sait pas trop où. Reste plus qu’à se pencher sur leur album.

Métro – canettes – dodo en se disant qu’on a raté plein de trucs mais que, comme chaque fois en festival, il faut faire des choix. Voici un bref aperçu des choses qu’on aurait bien été voir ce jeudi mais qu’on n’a pas eu l’occasion: Archers of Loaf – Iceage – Afghan Whigs – Thee Oh Sees – Wilco – Refused – Spiritualized – Japandroids.

Day 2

Other Lives

Début de journée en douceur en compagnie des folkeux d’Other Lives sur la San Miguel. J’ai été plus qu’impressionné par la qualité des musicos: il n’est pas rare que sur un seul et même titre, chaque musicien joue de cinq instruments différents (par contre incapable de vous citer tous ces instruments venus d’un autre temps). Les chevelus nous emmènent littéralement dans un monde bien à eux avec, à nouveau, un son parfait et bien fort. Tout l’excellent album «Tamer Animals» se révèle encore meilleur sur scène (même sur une énorme comme celle-là): plus chaud, plus naturel, plus beau. Certaines voix ressortent davantage et on a l’impression de découvrir certaines sonorités. Rien à faire: «Tamer Animals», «As I Lay my Head Down» et «For 12» sont de véritables tueries exécutées dans un silence quasi religieux. J’en ai eu des frissons à plusieurs moments et ce n’était pas à cause de la température. Mon seul regret ? Ne pas avoir été à la Rotonde il y a quelques mois.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=z3aV25Nm9hA[/youtube]

I Break Horses

Seul concert auquel j’ai assisté cette année sur la scène ATP et seul réel regret du festival. J’avais pourtant vachement bien accroché à l’album «Hearts», ses sonorités un peu introverties parfois shoegaze et à la voix aérienne envoûtante. Mais là, la sauce n’a pas pris. Même des chouettes titres comme «Winter Beats» ou «Wired» ne m’ont pas émoustillé. Bref, pour paraphraser un pote: «On s’est fait chier colère» (d’autant plus que pour une fois, le son était bien moins bien chosé). À revoir dans une petite salle ?

The Cure

Le vendredi, le Parc del Forùm était rempli de fans de Cure… que nous ne sommes pas vraiment. Alors par curiosité, on a quand même été pointer le bout du nez à la San Miguel. C’était bourré massacre et le public donnait de la voix. Nous, on a juste chantonné sur «Lovesong» et sur «In between days» mais c’est tout. Un peu, ça passe et c’est même agréable, mais on en a vite eu marre. Et donc on n’a pas tenu les 36 (36 !!!) titres que comportaient le set. Et franchement, Robert… le maquillage et les cheveux en pétard, il faut arrêter maintenant.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=cGAd1BUrhxo[/youtube]

Wavves

Exit The Cure donc, mais on n’a pas glandé pour autant. Direction la Mini pour Wavves. Je n’en garde pas un souvenir impérissable. C’était relativement brouillon, aucune idée de si c’était fait exprès ou pas. Mais ils ont bien balancé quelques bons titres de «King of the Beach» et c’était finalement très sympa du coin du bar. En bonus, on a quand même eu droit à une cover de Sonic Youth. Allez, la soirée n’est pas perdue !

M83

Etonnamment, le concert d’M83 a peut-être été celui que j’ai le plus apprécié. Dès «Intro», j’ai été emporté par ce gros son de clavier qui prend bien aux tripes et la voix qui vient d’on-ne-sait-pas-trop-où d’Anthony Gonzalez, visiblement très ému d’être repris en choeur par un public survolté. Pendant ce (trop) court concert, la Mini s’est transformée en véritable boîte de nuit. Pas de titres calmes, beats et basse à fond: juste de l’électro-pop bien lourde pour danser sans temps morts. J’ai retrouvé ce sentiment de plaisir coupable comme je le décrivais dans la chronique de l’album «Hurry Up, We’re Dreaming»: comme les milliers d’ados que nous étions devant la scène, j’ai perdu ma voix sur les «hé hé / oh oh» de «Reunion» et «Steve McQueen». Et perdu mes jambes en sautant sur ce terrible single de «Midnight City». C’était bref mais d’une intensité dingue.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=dAd65HvzVQg[/youtube]

Retour appart en se disant qu’encore une fois, on a raté plein de trucs. Aujourd’hui, c’était Girls – Lower Dens – The Drums – The Men – Obits – Aeroplane.

Et pour ceux qui s’étonneraient du peu de concerts vus ce jour-là, sachez que la San Miguel bien fraîche passe tout doux, que le Jagermeister, c’est (vraiment) pas bon et qu’ils mettent des icebergs dans le gin tonic. Notez au passage qu’à 21h30, un collègue s’étonnait du fait qu’il fasse «déjà clair» alors que la nuit n’était pas encore tombée. Voilà pour les anecdotes… c’est ça aussi le Primavera !

Day 3

Troisième et dernier jour pour notre escapade barcelonaise. Nos jambes, nos oreilles et nos foies sont déjà bien usés, mais on en veut encore. Ca tombe bien, il en reste !

Sharon Van Etten

J’avais adoré «Tramp», j’avais bien aimé son passage à l’AB Club il y a quelques jours. Mais il y a décidément des artistes qu’il vaut mieux voir dans une petite salle sombre que sur une énorme scène en plein cagnard. Sharon Van Etten fait indéniablement partie de ceux-là. Les blancs entre les titres sont interminables. C’est lent, c’est mou et c’est dommage tant c’est bon. Même ses petites blagues ne semblent pas intéresser le public qui s’emmerde sévère. On aimerait plaider sa cause, ses tubes «Don’t do it», «Give Out» et «Serpents» sont fabuleux. Mais ça ne fonctionne pas. Pas cette fois-ci. Pas ici.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=YrH32FjqFmE[/youtube]

Veronica Falls

On le savait, l’album de Veronica Falls est tout frais, pétillant et sautillant. En live, ça donne plus ou moins la même chose, on s’en était rendu compte il y a quelques semaines à l’AB. Sur la Mini, c’était tout pareil mais en plus brut: riffs rapides, batterie percutante et ce mélange de voix caractéristique de Veronica Falls. Je retiendrai particulièrement «The Fountain» et ses choeurs extra, «Found Love in a Graveyard» et, évidemment, «Come on Over». Même si le son me paraissait parfois un peu foireux, il faut reconnaître que c’est extrêmement bien foutu.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=McI0E43Eib8[/youtube]

Atlas Sound

Retour sur la scène Pitchfork pour aller dire bonjour à ce bon vieux Bradford Cox. Et là, il faut bien avouer qu’on a l’impression qu’il s’est joliment foutu de notre gueule. Il apparaît sur scène simplement muni de sa voix, de son harmonica et de sa guitare, et c’est parti pour des loops qu’il fabrique sous nos yeux. C’est musicalement et techniquement impressionnant. Mais complètement chiant ! Impossible de se focaliser sur sa voix, pas évident de reconnaître ce qu’il joue… surtout quand son câble flanche et que le son se barre. Non, sans déc’, on s’attendait à revivre un bazar comme avec Deerhunter l’année passée. C’était juste décevant. Ou du moins, ce n’était pas ce à quoi nous nous attendions. Et dire que Girls Names était sur la Vice, à 20 mètres de là. Pfff.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=2xbBGeTPIeA[/youtube]

Beach House

Dernier passage -et pas des moindres !- à la Mini pour Beach House qui grimpe sur scène juste quand le soleil commence à se coucher. Même loin de la scène vautré sur le béton chaud, j’ai pu apprécier un set hypra bien foutu oscillant entre le nouvel album Bloom («Wild», «Myth») et Teen Dream, la valeur sûre («Zebra», «10 Mile Stereo»). Ces longues complaintes chargées d’émotion ont fait mouche. Ca sentait la weed à crever, c’était pas moi, mais rien que la musique faisait le même effet: j’étais bien. Ca valait son pesant de chorizo même si j’étais trop crevé que pour apprécier à sa juste valeur. On me souffle dans l’oreillette qu’ils sont de passage à l’AB en novembre prochain…

Chromatics

À cette heure-là, c’est exactement ce dont on avait besoin. De l’électro, synth-pop toute classieuse. J’ai laissé sur la Pitchfork le peu d’énergie qu’il me restait. On savait que «Kill for Love» est un excellent album riche comme tout. Et sur scène, ça le fait. Ils ont juste balancé leurs sons les plus dansants («Kill for Love», «Back from the Grave» ou encore «Lady») en laissant sur le côté les petites perles intimistes (je regrette l’absence de «Candy»). Mais on se consolera avec la présence d’ «Into the Black», reprise de Hey Hey, My My de Neil Young ainsi que de celle, plus inattendue, de «Running Up that Hill» de Kate Bush. C’était fameux. Et eux aussi j’aimerais vraiment les revoir.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=V-Js8Dw4BMs[/youtube]

Nos corps nous lâchant peu à peu, il a fallu revoir nos plans. On a assisté de très loin au set des Weeknd. Trop loin que pour pouvoir en dire quoi que ce soit. Et on regrette de ne pas avoir eu assez d’énergie que pour danser toute la nuit sur Justice. C’est pas trop mon style à la base, mais ça avait l’air vraiment chouette. On s’endormait. L’alcool, la fatigue et la musique faisaient leurs effets. Il ne restait plus qu’à aller s’endormir dans le métro en se disant, encore une fois, qu’on a raté plein de trucs: Hanni el Khatib – Shellac – DJ Coco – Real Estate – Girls Names – Yo La Tengo.

Le retour à la réalité est pénible. Le Primavera reste indéniablement le meilleur endroit sur Terre. On a un an pour s’en remettre. Vivement l’année prochaine !

Sharon Van Etten @ AB

En franchissant la porte de l’Ancienne Belgique à Bruxelles, on le savait qu’on passerait une bonne soirée. Parce qu’une fois encore, c’était dans le « Club » qu’on a été. Cette petite salle, avec son bar, son acoustique parfaite et ces ingés son qui connaissent plutôt bien leur boulot.

Des régionaux de l’étape, Mad About Mountains, assurait la première partie. Du folk chiant. Du Neil Young de chez Lidl, du Bon Iver de chez Aldi. De la musique de neurasthénique à tendance suicidaire. D’ailleurs, ma Maman a dit que c’était naze. Et comme c’est ma Maman chérie, elle a raison, quoi qu’il arrive. Vous voilà prévenus (oui, j’ai été à l’AB avec ma Maman, ça vous dérange ?!).

Voilà, vous venez de moquer. Que foutre ! C’est vrai que sur le coup, en terme de public, on se serait un peu cru à un concert au bénéfice du Télévie: il y avait des gens d’âge mûr, des jeunes hipsters (mais pas trop, quand même), des jeunes chics qui ne vont jamais à des concerts et des enfants. Si, si, devant moi, y’avait même une fille de moins de 10 ans qui prenait des tas de photos avec l’iPhone de son papa. Trop meugnon ! (et courage pour supprimer les photos…)

Et puis tout d’un coup, Sharon Van Etten débarque avec sa bande. Et le côté très parfait de l’album « Tramp » qu’elle venait présenter se retrouve indéniablement en live: c’est excellent. Pas de fausse note. Une batterie percutante et ultra précise. Le backing vocals de sa (jolie) amie multi-instrumentiste ressort encore plus que sur l’album. Et on jouit. Tout sourire, Sharon Van Etten est heureuse d’être là et communique régulièrement avec le public qui apprécie à crever les petites vannes de l’Américaine pendant qu’ils accordent leurs instruments (sans déc’, une guitare se désaccorde vraiment en une chanson ?). Voilà, je suis amoureux et je la trouve même hyper jolie, tiens.

Les pépites de « Tramp » fonctionnent évidemment aussi bien en live: « All I Can », « Give Out » et « Serpents » sont, pour moi, de véritables tubes. Mais c’était sans compter sur des titres plus anciens (« Don’t do it », par exemple) qui font également vachement bien leur boulot. Et là, on en a pour notre argent (même si c’était pas bien cher).

Cependant -et on s’y attendait-, comme sur l’album, certains morceaux sont relativement insipides. Et on a l’impression que ça tourne en rond, que ça n’en finit pas et que la bière d’après concert n’arrivera jamais. Surtout quand on joue les prolongations limite shoegaze. Non, Sharon, ce n’est pas dans le folk qu’on fait ça, hein !

Cela dit, je ne lui en tiendrai pas rigueur. J’ai passé une excellente soirée. Et à voir les mines réjouies tout autour de moi, je ne devais pas être le seul. See you next week, Sharon !

Serpents:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=7DgTuN0ByMw[/youtube]

Don’t do it:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=u6yJuPF2SMQ[/youtube]

La setlist (et si vous pouvez remplir les blancs, allez-y !)

All I Can

Warsaw

Save Yourself

Kevin’s

Don’t do it

Give out

Magic chords

Ask

Sais pas, c’était sa « première chanson », qu’elle a dit

Leonard

Serpents

I’m Wrong

Joke or a Lie

——————

Peace Signs

Love more

 

Cloud Nothings @ La Chocolaterie

Cloud Nothings était de passage à La Chocolaterie de Molenbeek hier soir avec leur excellent « Attack On Memory » sous le bras. C’était l’occasion de voir si l’ampleur que le groupe a pris sur album se vérifie également sur scène. Leur passage au Bota l’an dernier en ouverture de Yuck nous ayant laissé quelque peu sur notre faim.

C’était mieux. Beaucoup mieux même. C’était mieux parce que le groupe a évidemment des putains de morceaux à défendre ce qui était moins le cas il y a un an. Mieux parce qu’ils se bonifient aussi, on les sent bien à l’aise pour envoyer la sauce et faire exploser les tympans. Ils se cherchaient et ont maintenant clairement trouvé leur style. En un mot, c’est efficace.

On appréciera également leur volonté de vouloir rallonger certains morceaux et de les détricoter pour encore mieux balancer, tous ensemble, la puissance instrumentale qui s’en dégage. On regrettera quand même les 15 minutes de jam sur Wasted Days. Rallonger un morceau indéfiniment pour imposer une transe collective c’est quelque chose que sait faire parfaitement Deerhunter par exemple. Pas Cloud Nothings. Ou du moins pas encore. L’autre bémol sera le son de la batterie, pas le jeu qui était irréprochable, mais bien le son qui souffre de la comparaison avec celui, génial, que Steve Albini a su imposer sur l’album.

Quelques imperfections donc mais à l’allure à laquelle ils s’améliorent, on pourra crâner dans quelques années quand on dira qu’on les a vu dans une cave à la capacité de 100 personnes. Mention spéciale à nouveau pour l’équipe du VK qui sait y faire en matière d’organiser des concerts dans une ambiance détendue. On a passé une bonne soirée bien rock and roll.

 

La playslist (on regrettera certains très bons morceaux de l’EP Turning On):

Stay Useless

Fall In

Separation

Cut You

Wasted Days

No Sentiment

Our Plans

No Future/No Past

———————————-

Can’t Stay Awake (pas certain)

Sais pas quoi

Primus @ Trix

Pour ceux d’entre-vous chez qui Primus évoque une bière brassée à Haecht ou l’adjectif en langue latine pour évoquer le ‘premier’, il est temps de se recentrer… Primus est un groupe originaire de San Francisco qui a connu son heure de gloire dans les années nonante… La musique de Primus tourne autour du jeu de basse de son charismatique chanteur, Les Claypool.
Encore des anciens qui reviennent, pensez-vous ? Oui, mais contrairement à d’autres groupes de cette même époque, eux, ils nous reviennent avec un album sous le bras (Green Naugahyde, Novembre 2011) et proposent une tournée avec des shows de trois heures…

Nous avons donc eu la chance de pouvoir assister à ce retour au Trix à Anvers, en prélude à leur passage à l’AB 5 jours plus tard seulement! Et nous n’avons pas été déçu…

Primus a gardé toute sa verve de l’époque et le jeu de bass en slap fait toujours autant de merveilles. La première partie du set dure un peu plus d’une heure et se compose d’anciens morceaux. Le trio nous offre d’emblée des titres emblématiques comme Jerry Was A Race Car Driver, Tommy The Cat ou encore Nature Boy. Après un interlude d’une petite trentaine de minutes nous offrant sur écran géant trois épisodes de Popeye, le groupe revient pour une seconde partie de concert axée sur les titres du dernier album avec au menu le morceau dédié à Lee Van Cleef, acteur américain connu pour ses prestations dans des westerns.
Dans les rappels, on notera la reprise du morceau La Villa Strangiato de Rush qui dépasse de loin la version originale.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=RL_g4b31U_w[/youtube]

Primus Setlist Trix, Antwerp, Belgium 2012, Green Naugahyde European Tour

Veronica Falls @ AB

Pourquoi on a aimé Veronica Falls ?

On a aimé Veronica Falls car ils jouaient ce lundi à l’AB Club à Bruxelles, salle minuscule et sympathique avec bar à portée de main.

On a aimé Veronica Falls car avant que cela ne commence, la musique était sympa, variée, osée, intéressante, différente de toute les merdes qu’on nous balance à longueur de journée.

On a aimé Veronica Falls car il y avait un gros monsieur qui dansait, chantait et faisait du air guitar sur ces musiques. Il était marrant.

On a aimé Veronica Falls car ils n’ont pas fait une minute de silence avant de commencer.

On a aimé Veronica Falls car ils ont joué sans en rajouter des tonnes comme le chanteur de Wu Lyf a si bien fait il y a une semaine.

On a aimé Veronica Falls car ils ont balancé des tubes et de la bonne humeur. Ca joue juste et bien, la batterie est géniale, les voix féminines contrastent parfaitement avec celles masculines. Tout le monde chante, tout le monde se donne, c’est simple et bien foutu. Comme l’album, quoi. Ajoutez à ce tableau deux tubes indie des plus réussis (Found Love in a Graveyard et Come On Over).

Outre tous les titres de l’album, Veronica Falls nous a présenté 2-3 nouveaux morceaux plus « musicaux », avec un jeu de guitares différent et des voix percutantes. Ce qui préfigure une suite bien appétissante et différente.

Bref, Veronica Falls, on vous le conseille vivement. Et c’est d’ailleurs avec plaisir qu’on retournera les voir à Barcelone.

Et comme je n’ai pas chopé de vidéo correcte sur l’interweb, je vous propose à la place une petite session live que j’aime fort bien:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=0vah_ZTiJn4[/youtube]

Wu Lyf @ Le Botanique

Il faut bien avouer qu’on avait bien accroché avec l’album de Wu Lyf « Go Tell Fire To The Mountain ». Tant et si bien que l’album s’était retrouvé en très belle place de notre classement des meilleurs albums de 2011.

Forcément, on attendait fermement leur passage au Botanique de mercredi dernier. Nous n’étions apparemment pas les seuls… A voir le monde dans l’Orangerie, on confirme: Wu Lyf, c’est bel et bien la hype. Une hype justifiée ? Ben… vraisemblablement pas en live, en fait.

C’est le titre « L Y F » qui ouvre les festivités. Avec cet orgue caractéristique, cette batterie à la Vampire Weekend et surtout, -surtout !- cette voix rocailleuse. Ce n’est pas mauvais, loin de là, mais c’est bien loin de la claque à laquelle on s’attendait. On a l’impression d’écouter l’album, mais avec un son de moins bonne qualité. Les mecs nous balancent leurs morceaux, sans conviction, sans énergie (à part le batteur qui m’a bien impressionné).

Rien à faire, la sauce ne prend pas. Je n’ai pas retrouvé l’ambiance « majestueuse » de l’album. Sur scène, le groupe semble s’emmerder. Le public se contente d’applaudir entre les titres trop proprement joués. Ce n’est que pendant les excellents « Such A Sad Puppy Dog » et « Spitting Blood » qu’on commence un peu à rentrer dedans. Mais pas assez.

En fait, je crois que c’est le chanteur Ellery James Roberts qui me les brise menu en tournant constamment le dos au public et monopolisant l’audience (je ne me souviens pas avoir vu le guitariste et le bassiste). Et surtout, -surtout !- cette impression qu’avec sa voix, il en rajoute des tonnes. On a presque envie de lui fournir un flacon de sirop Codeine pour calmer tout ça. Et cette question: est-ce qu’il parle comme ça dans la vie de tous les jours ?

Même si j’ai vu un concert fait de titres bien ficelés (« We Bros », « Concrete Gold » ou « Dirt », tout y est passé), ce n’est pas ce que j’étais venu voir. L’album m’avait tellement scotché que j’attendais un bazar… qui n’est jamais arrivé. Le potentiel est là, mais il manque quelque chose.

Bref, Wu Lyf n’est apparemment pas un groupe « de scène ». Mais depuis mercredi, j’ai réécouté leur album. Et je reste convaincu: putain que c’est bon !

Spitting Blood :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=zx42DrlzgX8[/youtube]

[PIAS] Nites 2012

Quand on débarque le vendredi soir vers 20h30 à Tour & Taxi et qu’on trouve le parking à peu près vide, on se demande un peu si ce concept encore peu connu va en valoir le coup ou pas.

Le cadre est sympa, difficile de faire du trop moche sur ce site bien aménagé. On est vraiment dans une version miniaturisée des festivals qu’on connait bien.

On a prévu de démarrer sur Toxic Avenger mais comme on est en avance, on va jeter un coup d’oeil à Ravin George dans la «Fire Starter Room». Il n’y a quasi personne et c’est dommage parce qu’en plus d’être plutôt jolie, la demoiselle connaît son affaire. Des beats déchainés et des explosions alliant l’électro pure à des reflets de dub par ci par là. Bref, pas besoin d’être un fervent amateur d’électro pour apprécier ce concert d’ouverture qui laisse une agréable sensation derrière lui. C’est un bon début.

On se déplace vers Toxic Avenger sur le Main Stage, premier concert «live» de la soirée. Selon moi, une guitare et une batterie ne suffisent pas à changer un dj set en live: on ne distingue pas la batterie dans tout ce brouhaha même si la guitare fait un beau boulot quand on y prête attention. Notre copain Toxic s’enfile clope sur clope et nous, on attend que ça pète. C’est quand même pour ça qu’on est venu! Malheureusement on est face à une électro pas mauvaise mais pas spécialement bonne non plus, chez nous ça ne prend pas: direction le bar.

Il est déjà 22h30 et ça se ressent, le gros du public arrive, plus aucun doute, les places des PIAS Nite se sont vendues malgré leur prix. On a 30min de Modeselektor avant de foncer à la Fire Starter Room pour M83.

Les deux gars de Modeselektor ont leur style bien à eux. Le chauve ne lâche pas son superbe chapeau noir et son copain moustachu tente de redéfinir le monde de la mode avec sa salopette de l’US Air Force. Le début de concert est juste étonnant; une éléctro détendue qui surprend quand on voit leurs têtes d’ahuris. Après deux chansons calmes mais bien gérées, on passe dans un tout autre registre bien plus brouillon: on ne s’éternise pas plus longtemps, c’est le moment d’aller voir ceux qui nous ont vraiment donnés envie de venir.

Quand on quitte Modeselektor, on se dit que la Fire Starter va être vide vu le monde qu’il y avait dans la Main Play. Que tu crois Dominique! On a du mal à se frayer un chemin jusqu’à l’avant et le groupe ne nous a pas attendu.

Dès le début on est transporté. J’aime bien l’éléctro, mais quand ça vient de vrais instruments c’est encore plus chouette. Heureusement qu’on est arrivé à temps pour «We own the sky» car la voix du chanteur est épatante et la musique coule juste d’elle même. On voit qu’ils en veulent et qu’ils ont décidé d’envoyer du costaud. Au moment où «Moonchild» bat son plein, on est content d’avoir préféré la Fire Starter. Quand arrive Midnight City c’est la folie, les gens hurlent et les M83 leur donne ce qu’ils attendent, c’est l’apogée et c’est normal, on est quand même venu pour celle là aussi. Dès les premières notes ça danse et ça chante, le bassiste et le chanteur ne tiennent plus en place, et nous non plus. On a pas envie que ça s’arrête mais quand la chanson touche à sa fin, la moitié du public déserte les rangs. Croyant que c’est fini, on décide de s’offrir une boisson au houblon bien méritée après tant d’effort. A peine notre verre entamé, les M83 ont déjà repris de plus belle. C’est après cette petite pause qu’on s’est rendu compte à quel point ce groupe valait plus que leur fameuse Midnight City et si l’occasion se présente, on manquera pas de les revoir parce qu’ils assurent vraiment. (Voir critique de l’album)

Dire qu’on fatigue serait un bien grand mot mais il est déjà minuit et les 2manydj’s tardent à commencer leur show. Le mainstage est complète, et certaines personnes autour de nous commencent doucement à ressembler à Amy Winehouse. Pas grave, on nous a vanté les mérites des deux gars de Soulwax, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin.

Un gars d’une bonne trentaine d’années avance sur la scène avec un vieux poste de radio, des cris se font entendre: ça doit être l’un d’eux.. Damn ils sont plus tout jeunes!

Leur bazar est installé et les baffles commencent à cracher les premiers son électro d’une des meilleurs setlist que j’ai eu l’occasion d’écouter. Comme dit le proverbe, c’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleurs soupes, laissez moi vous dire que 2manydj’s, c’est pas de la casserole de tapette.

Toute l’histoire de la musique, de Motorhead à P.Diddy en passant par Blondie, Van Halen, Justice et Metronomy mixée par les gars de Soulwax pour nous donner une playlist de feu qui donne envie de sauter, danser et crier. L’ambiance est dingue et les deux gars assurent comme s’il s’agissait de coller des timbres sur des enveloppes. Le show visuel derrière est ahurissant: les yeux en profitent autant que les oreilles. Après une heure de concert on commence à sentir la fatigue mais on continue à tout donner parce que les 2 DJ ne nous laisse pas une seconde de répit. «C’est bon mais ça brûle» et quand la musique s’arrête à 2 heures du matin, on a un peu envie de les remercier même si chaque seconde était un régal.

On jette un oeil à Etienne de Crécy mais c’est monotone et on est fatigué donc on s’éternise pas.

Conclusion de l’histoire, les PIAS Nite c’est un concept prometteur qu’il faudra suivre de près pendant un petit temps, en espérant que l’année prochaine nous offrira au moins autant que celle-ci.